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Quelles seront les conséquences du plan d'austérité sur le quotidien des Français ? Derrière les apparences, toujours moins de pouvoir d'achat, notamment pour les plus modestes. Décryptage.

Bis repetita. Une fois encore, les Français paieront pour les marchés financiers. Ainsi en a décidé le gouvernement, par la voix de François Fillon ce midi. Un deuxième plan de rigueur en trois mois (depuis celui du 24 août), en réalité moins pensé « pour la Nation » que pour le candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, dont Le Canard Enchaîné rapportait récemment les propos : « Si nous perdons le triple A, je suis mort ».

A quelle sauce les Français seront-ils mangés ? Quelques mesures symboliques sont bien annoncées pour donner le change, comme une « taxe exceptionnelle » (sic) sur les hauts revenus, une imposition forfaitaire sur les dividendes, ou le gel du salaire des ministres et du président de la République. Mais ce tour de vis budgétaire consistant, dès 2012, à économiser 7 milliards d'euros pour compenser les mauvais chiffres de la croissance, va toujours dans le même sens : le dépeçage méthodique de l'Etat Providence. « Il n'y a pas d'autres solutions que de réduire les dépenses », a déclaré Fillon, annonçant une baisse du budget de l'Etat d'1,5 milliard d'euros cette année, puis d'un milliard d'euros chaque année à partir de 2013.

Au menu des réjouissances, une grosse entaille dans la Sécu, l'accélération de la réforme des retraites et des économies réalisées sur le dos des plus modestes. Alors que la France compte huit millions de pauvres, la limitation de la progression de l'Objectif national des dépenses maladie (Ondam), enveloppe déjà sous-évaluée en temps normal, entraînera plus de reste à charge pour les malades.

Côté pensions de retraite, le départ en retraite à 62 ans s'appliquera un an plus tôt que prévu (en 2017). Ce qui revient à « augmenter de quatre mois chaque année la durée de cotisation », fait remarquer Eric Aubin, en charge du dossier à la CGT, et ce, « sans aucune discussion avec les organisations syndicales ».

Troisième gros morceau, le gel de l'augmentation des prestations sociales à 1 % par an au motif qu'« on ne peut pas distribuer l'argent qu'on n'a pas », dixit François Fillon. Certes, cette limitation ne concernera ni le RSA, ni le minimum vieillesse, ni l'allocation adulte handicapés qui demeureront indexés sur la croissance et l'inflation. Restent les prestations familiales et les aides pour le logement (APL) qui seront, elles, bien impactées.

Autre mesure phare, la création d'une tranche de TVA à 7 %. Une mesure qui permet, d'abord, de ménager les restaurateurs à qui Nicolas Sarkozy avait fait cadeau d'une baisse de la TVA à 5,5 % en 2009. Cette TVA à 7 % permet en effet d'évacuer l'hypothèse d'un retour à un taux à 19,6 % demandé notamment par le PS qui la trouve trop chère (3 milliards par an). Une attention qui n'a pourtant pas calmé la colère du secteur : dans un communiqué, l'ensemble des syndicats patronaux a annoncé que la prime annuelle qui avait été accordée aux salariés en échange de la baisse de la TVA pourrait être supprimée.

Autre effet de la hausse de la TVA, censée ne pas toucher « les produits de première nécessité » : l'augmentation des abonnements à l'électricité, au gaz, et du prix des maisons de retraite, comme l'a fait remarquer Jean-Luc Mélenchon. Elle pourrait aussi conduire à l'augmentation des prix du transport public ou du prix des livres.