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Après les faux sondages, la fausse percée électorale du Front National !

Le vrai résultat : Avec 17,9% des suffrages, Mme Le Pen fait significativement baisser le score de l’extrême droite de 2002.
Les résultats définitifs du scrutin du 22 avril 2012 ont été publiés le lundi 23 avril en fin de matinée.
Ils réservent, entre autres, une surprise de taille par rapport aux analyses faussées développées par tous les médias du Système hier soir.
Mme LE PEN FAIT BAISSER DE -1,30 POINT LE SCORE DE L’EXTRÊME DROITE DE 2002

Je rappelle que TF1 avait « estimé » le score de Mme Le Pen à 19,0 % à 20H00 et que Le Monde l’avait « estimé », quant à lui, à 20,0 %.
Or les résultats définitifs donnent à Mme Le Pen très exactement 6.421.808 voix, soit 17,90 % des 35.885.840 suffrages exprimés et 13,95 % des 46.037.782 électeurs inscrits.

Je rappelle qu’en 2002, M. Le Pen avait réalisé les scores suivants :
- 16,86 % au 1er tour
- 17,79 % au 2ème tour.
Je rappelle aussi qu’en 2002, il y avait un autre candidat d’extrême droite, et qui n’était pas un inconnu puisqu’il s’agissait de M. Bruno Mégret, ex-n°2 du FN qui avait créé une liste dissidente. Or M. Mégret avait obtenu 2,34 % des voix.
De telle sorte qu’en 2002, l’extrême droite avait réalisé 16,86 + 2,34 = 19,20 %
En d’autres termes, pour mesurer l’évolution de l’audience de l’extrême droite en France sur 10 ans, il faut comparer le score au 1er tour de Mme Le Pen, seule candidate d’extrême droite en 2012, qui est de 17,90 %, au score au 1er tour de l’extrême droite en 2012 (MM. Le Pen et Mégret), qui était de 19,20 %.

  • Loin d’avoir provoqué une « percée historique de l’extrême droite », Mme Le Pen l’a au contraire fait baisser de -1,30 point par rapport à il y a 10 ans.
  • Et si l’on compare les seuls scores du clan Le Pen, Mme Le Pen a simplement maintenu le score de son père du 2ème tour de 2002 (où il restait seul en lice pour l’extrême droite) : elle l’a fait passer de 17,79 % à 17,90 % des suffrages exprimés, soit une extraordinaire stabilité (+0,11 % en 10 ans).
Bruno Mégret – ex-n°2 du Front National (ici à droite) – avait été candidat à l’élection présidentielle en 2002 parallèlement à Jean-Marie Le Pen (ici à gauche). Bruno Mégret avait rassemblé 2,34 % des suffrages, donnant ainsi 19,20 % des suffrages à l’extrême droite. Ce score est systématiquement caché par tous les commentateurs des médias afin de faire croire aux Français que le résultat de Mme Le Pen le 22 avril 2012 représente une « percée historique de l’extrême droite. » Ce qui est faux.

LE MENSONGE MÉDIATIQUE SUR LA PRÉTENDUE « PERCÉE » DE L’EXTRÊME DROITE

Si les responsables politiques et les journalistes politiques faisaient leur métier avec honnêteté, ils auraient dû développer l’analyse qui précède et insister sur la vérité, à savoir :

  • - que le score de Mme Le Pen est tout simplement banal, et témoigne même d’un déclin tendanciel de l’extrême droite depuis 10 ans ;
  • - qu’il a fait l’effet d’une douche froide pour les électeurs frontistes qui rêvaient d’un score quasiment double ;
  • - et qu’il ne change strictement en rien la réalité des rapports de forces politiques.

Ce score banal de Mme Le Pen est d’autant plus essentiel à méditer que l’intéressée avait pourtant bénéficié d’une très grande sollicitude de la part du Système qu’elle fait semblant de dénoncer :

  • - elle avait bénéficié d’une médiatisation à outrance depuis un an et demi,
  • - elle avait eu droit à des passages médiatiques décisifs pendant la période de recherche des parrainages (je rappelle qu’entre le 1er et le 27 janvier 2012, selon les calculs mêmes du CSA, Mme Le Pen est passée 12 heures en cumulés sur toutes les télévisions françaises de grande écoute, alors que M. de Villepin, pourtant ancien Premier ministre, n’est passé que 2 heures (et moi-même 0 minute 0 seconde…).
  • - elle avait même eu droit au soutien de François Bayrou (! !) qui s’était inquiété pour qu’elle puisse bien obtenir les 500 parrainages que, comme d’ordinaire au FN, on fait semblant d’avoir du mal à récolter avant chaque élection présidentielle.

Mme Le Pen avait donc tous les atouts en main pour réaliser en effet cette « percée » qui n’a pas eu lieu.

 

LE RÉSULTAT DE Mme LE PEN ET SON ORCHESTRATION MÉDIATIQUE FALLACIEUSE CONFIRMENT UNE NOUVELLE FOIS QUE LE FN EST UN ÉLÉMENT DÉCISIF DE SURVIE POUR LE SYSTÈME

La tendance stable, et même légèrement décroissante, de l’extrême droite sur 10 ans que révèle le résultat de Mme Le Pen du 22 avril 2012 confirme de façon éclatante toutes nos analyses et toutes les analyses sociologiques faites depuis des années sur le FN : à savoir que ce parti se heurte – et se heurtera toujours – à un plafond infranchissable de voix. Il ne pourra jamais attirer à lui plus de 20 %, grosso modo, de l’électorat.

Comme je ne cesse de le dire depuis la création de l’UPR, le FN offre ainsi un formidable atout au Système pour lui permettre de bloquer la scène politique française, en neutralisant 15 à 20 % de l’électorat dans un ghetto politique qui fait immanquablement le jeu de l’UMPS qu’il prétend combattre.

L’atout FN est décidément l’atout-maître du Système pour assurer sa perpétuation, et cela tant que le gros des électeurs de ce parti resteront aveuglés par leur passion et imperméables au raisonnement que je viens d’exposer.

C’est la raison pour laquelle on a pu voir, hier soir, l’effroi calculé et gourmand des journalistes, qui glosaient à qui-mieux-mieux sur le résultat « historique » de Mme Le Pen. Si Mme Le Pen inquiétait tellement le Système, on n’en parlerait jamais dans les médias, j’en sais quelque chose !

C’est aussi la raison pour laquelle les membres du PS, réunis au siège de campagne de François Hollande, prenaient un air de Tartuffe pour exprimer leur « préoccupation » devant le « score inquiétant » de l’extrême droite.

À titre d’exemple, il est intéressant de lire le compte rendu de soirée publiée par le journal Le Parisien.

Dans cet article intitulé « Immense explosion de joie au siège du PS à Solférino, un peu ternie par le score du FN », le journaliste rapporte les propos d’une militante du PS : « Le FN est à 20%, c’est terrifiant, et cela gâche la joie que nous pouvons ressentir. C’est quand même la victoire de la haine ». Mais il donne aussitôt la parole à une autre qui tire la conclusion attendue : « On espère que la gauche va se rassembler, on a toutes nos chances, j’espère ne pas être déçue ».

Même la chancelière d’Allemagne, Mme Merkel, vient de se fendre d’une déclaration, par l’intermédiaire de son porte parole, pour « juger préoccupant le score de l’extrême-droite en France ».

Mais cette frayeur est pour rire. Car Mme Merkel en conclut aussitôt qu’il « est bien qu’il y ait un duel entre deux candidats démocrates certifiés, engagés pour l’Europe et l’amitié franco-allemande ».

Et son porte parole fait remarquer que Mme Merkel « continue de soutenir le président Nicolas Sarkozy, tout en précisant qu’elle travaillerait bien avec tout président français élu. »

 

CONCLUSION : TOUT CHANGER POUR QUE TOUT RESTE IDENTIQUE

On connaît cette formule célèbre du roman italien « Le guépard », que Tommaso di Lampedusa place dans la bouche du Prince Salina : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change.. »

 

C’est exactement la maxime d’action du Système : pour que tout reste conforme à l’ordre euro-atlantiste établi, il faut faire semblant que tout change :

  • - en remplaçant à intervalles réguliers un comédien de la troupe de théâtre UMP par un acteur de la troupe de théâtre PS,
  • - et en faisant mousser, à intervalles aussi réguliers, une prétendue « poussée très inquiétante de l’extrême droite » (2002, 2012) ou une prétendue « poussée surprise de l’extrême gauche » (2007), afin de bien s’assurer que les spectateurs croient encore au scénario de la pièce.


François Asselineau
Président de l'UPR


http://frontdegauche70.over-blog.fr

Tag(s) : #Présidentielles 2012

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