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Lors d'une veillée à Ahmedabad à la mémoire de l'étudiante victime d'un viol en réunion à New Delhi et décédée de ses blessures quelques jours plus tard. Les forces armées indiennes ont annulé lundi leurs festivités du Nouvel An, traduisant par ce geste symbolique la tristesse qui s'est emparée du pays depuis la mort d'une étudiante en médecine violée dans un autobus il y a deux semaines. /Photo prise le 31 décembre 2012/REUTERS/Amit Dave

Les forces armées indiennes ont annulé lundi leurs festivités du Nouvel An, traduisant par ce geste symbolique la tristesse qui s'est emparée du pays depuis la mort d'une étudiante en médecine violée dans un autobus il y a deux semaines.

Des boîtes de nuit, mais également des hommes politiques ou de simples citoyens ont décidé de ne pas accompagner le passage à la nouvelle année par des manifestations de joie en mémoire de la jeune femme de 23 ans décédée des suites de ses blessures dans un hôpital de Singapour.

Cet événement tragique a provoqué de nombreuses manifestations et ouvert un débat national sur les violences faites aux femmes, révélant de profondes lignes de fracture dans la société indienne.

Cette dernière, en rapide transformation sous l'effet d'une urbanisation accélérée, doit composer avec des traditions patriarcales encore vivaces.

Des manifestations avaient été dispersées à la veille de Noël à New Delhi mais des habitants ont commencé à se rassembler lundi pour une veillée funèbre dans la capitale et ils devraient être rejoints par d'autres dans la soirée.

"Il n'y aura pas de célébrations pour le Nouvel An. Il y aura des illuminations à 18h00 puis le club fermera ses portes", a dit Rajiv Hora, secrétaire du Delhi Golf Club dans le centre de la ville.

Le club de la presse indienne et le Parti du Congrès au pouvoir ont annulé toutes leurs festivités ainsi que le Gymnakha Club, organisation privée connue pour ces célébrations de fin d'année somptuaires.

Un porte-parole du ministère de la Défense a précisé que les armées de terre, de mer et de l'air avaient annulé toutes leurs célébrations.

L'agression commise le 16 décembre par six hommes contre une jeune femme, violée dans un autocar circulant dans New Delhi, a suscité une vague d'indignation sans précédent dans le pays ainsi que des manifestations parfois violentes.

Elle a mis en lumière un problème qui jusqu'alors demeurait en partie passé sous silence, les violences commises régulièrement contre les femmes.


SANCTIONS PLUS SÉVÈRES

En Inde, un viol est signalé aux autorités toutes les 20 minutes, un chiffre qui ne tient pas compte des cas d'agressions sexuelles passées sous silence par les victimes elles-mêmes.

"Nous sommes très préoccupés par le nombre de cas de viol dans l'ensemble de l'Inde et par l'ampleur des violences commises contre les femmes", a commenté Lise Grande, coordinatrice de l'Onu en Inde.

"Il est également alarmant de constater qu'ils concernent beaucoup trop d'enfants. Une victime sur trois de viol est un enfant", a-t-elle ajouté.

La colère publique provoquée par cette agression a pris les autorités par surprise et les a obligées à promettre de nouvelles lois plus sévères contre les agresseurs et des procédures plus rapides tant pour les condamnations que pour la protection des femmes.

Deux commissions, dirigées par des magistrats à la retraite, ont été nommées par le gouvernement pour formuler des propositions en ce sens.

"Il devrait y avoir dans cette nouvelle année une révision de toutes les lois relatives aux crimes contre les femmes. Nous avons demandé au gouvernement une réunion spéciale du Parlement pour discuter de cette question", a déclaré Sushma Swaraj, haut responsable du parti Bharatiya Janata (BJP).

Un haut responsable du Parti du Congrès a indiqué à Reuters que le gouvernement et les principales formations d'opposition étaient d'accord pour des sanctions plus sévères contre les criminels sexuels.


Aditiya Kalra, Satarupa Bhattacharjya, Arup Roychoudhury, Suchitra Mohanty et Rajesh Kumar Singh; Pierre Sérisier pour le service français SOURCE

Tag(s) : #INDE

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