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Une étude de la Coface sur les défaillances d'entreprises en France révèle une flambée des faillites chez les ETI, ces entreprises de taille intermédiaire que le gouvernement rêve de voir grossir.

Le coût financier et humain de ces faillites explose.

45 entreprises de taille intermédiaire ont fait faillites en France en 2012. Soit une ETI sur 100.
45 entreprises de taille intermédiaire ont fait faillites en France en 2012. Soit une ETI sur 100.
REUTERS/Jose Manuel Ribeiro

 

 

Alors que le gouvernement s'apprête à revoir à la baisse sa prévision de croissance , les experts de la Coface publient un rapport très inquiétant sur l'état de santé des entreprises françaises. Certes, les défaillances d'entreprises n'enregistrent qu'une faible hausse en 2012 (+1,1%), mais les dégâts financiers et humains qui leur sont associés ont considérablement augmenté.

Dégâts humains d'abord alors que les destructions d'emplois liées aux défaillances d'entreprises ont bondi de 8,5% l'an passé : 200 000 emplois ont disparu, un niveau très proche du pic enregistré au plus fort de la récession en 2009. Dégâts financiers ensuite : les dettes fournisseurs qui ne sont plus remboursées en cas de faillite ont progressé de 11% en 2012, ce qui représente quasiment 0,22% du PIB. Un niveau record.

 

1% des ETI ont fait faillite en 2012

A l'origine de ces mauvais chiffres, la situation particulièrement délicate des ETI, ces entreprises de taille intermédiaire qui emploient entre 250 et 4999 salariés. "Ces entreprises qui font tant défaut à l'économie française mais qui sont à l'inverse au coeur du modèle allemand, sont dans une situation alarmante", s'inquiète l'économiste Khalid Ait-Yahia, l'un des auteurs de l'étude. Quarante-cinq ont dû mettre la clé sous la porte l'an passé (soit quasiment autant que lors de la récession de 2009), ce qui représente un "taux de casse" de 1%! Pour chaque faillite d'ETI, c'est quasiment 27 millions d'euros de dettes fournisseurs qui partent en fumée. "La nouveauté de la crise actuelle, c'est que de plus en plus de grosses ETI sont poussées à la faillite", déplore Khalid Ait-Yahia. De fait, le chiffre d'affaires médian des entreprises en faillite s'est hissé à 71 millions d'euros en 2012 contre 50 millions en 2011.

 

Les raisons de la fragilité

Les raisons de leur fragilité sont connues : pas assez tournées à export, trop industrielles, trop spécialisées sur la moyenne gamme ou l'effet prix est ravageur, pas assez grosses pour avoir un vrai pouvoir de négociation avec les grands donneurs d'ordre. Leur rentabilité est aujourd'hui laminée par la déflation qui sévit dans la plupart des branches industrielles. Leur taux de marge atteint ainsi tout juste 28%, le plus bas niveau d'Europe.

"Elles sont aujourd'hui prises dans un cercle vicieux dans lequel tous les points de fragilité détectés s'auto-alimentent", explique Fréderic Wissocq, responsable de branche à la direction de l'arbitrage. C'est parce qu'elles dégagent une rentabilité insuffisante que la préservation de la trésorerie l'emporte toujours sur l'investissement, limitant ainsi la montée en gamme donc les gains de parts de marché et donc la profitabilité....ainsi de suite. "La durée et la violence de la crise ont révélé leurs fragilités intrinsèques", conclut Fréderic Wissocq. Si elles ne représentent qu'un quart des exportations, elles emploient un quart des salariés en France. Alors à quand un plan ORSEC spécial ETI ?

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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