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Quatre-vingt-quatre : C’est le nombre de plantes OGM qui attendent le feu vert de Bruxelles pour être commercialisées, dont 21 avec en prime une autorisation pour être cultivées en plein champ. Le dernier dossier déposé, c’était il y a quinze jours celui du géant allemand de la chimie BASF pour sa patate transgénique. Chaque fois, les arguments pour emporter l’autorisation sont les mêmes : les OGM permettent de produire plus, et de manière plus écolo parce qu’ils consomment moins de pesticides. Dès leur création Monsanto et consorts nous ont promis-juré qu’ils allaient faire disparaître la faim dans le monde.
Un collectif d’une vingtaine d’ONG, piloté par Vandana Shiva et son mouvement paysan indien Navdanya, s’est lancé dans une grande enquête pour voir ce qu’il en était réellement vingt ans après les premières plantations. Son rapport de 58 pages (www.navdanyainternational.it) démontre par a + b que non seulement le transgénique n’a en rien diminué la faim dans le monde, mais qu’en plus c’est une bonne affaire pour les fabricants de pesticides puisque, contre toute attente, il fait augmenter leurs ventes.
Un gros mensonge transgénique
Un meilleur rendement ? Prenez le coton Bt de Monsanto. En Inde, où il est cultivé à grande échelle, il plafonne à 1 000 kg l’hectare, trois fois moins que ce qui avait été promis. Même constat pour le colza, dont Monsanto a bidouillé les gênes pour qu’il souffre sans broncher d’être arrosé par son herbicide vedette, le Roundup. En Australie, l’enquête de Navdanya montre que le canola, le colza transgénique de Monsanto, affiche avec deux applications de glyphosate (principe actif du Roundup) un rendement plus faible que le colza traditionnel : 89 kg à l’hectare de moins !
Deuxième entourloupe : la réduction des pesticides. En Argentine, les planteurs de soja transgénique utilisent deux fois plus d’herbicides que les agriculteurs restés au soja non transgénique. Mieux, les cultures d’OGM sont maintenant envahies par des insectes super résistants. En Chine, les populations de punaises ravageuses sont 12 fois plus importantes. Aux Etats-Unis, on compte désormais 10 espèces d’insectes résistants dans les champs de soja, coton et maïs. C’est ce que l’on appelle un constat transgênant…


Le Canard Enchaîné du 16 novembre 2011
Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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