Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


Un tribunal spécial du Gujarat a condamné 31 Hindous à la prison a vie pour avoir brûlé vifs une trentaine de personnes lors du pogrom anti-musulmans dans l’Etat en 2002. Un jugement historique en Inde, où il est rare que les responsables de violences interreligieuses soient traduits en justice.

Plus de 1000 personnes, dont une majorité de musulmans, ont été tuées lors du pogrom de 2002 au Gujarat

31 personnes ont été condamnées à la prison à vie, mercredi, par un tribunal spécial du Gujarat pour leur participation dans le massacre de 33 musulmans, lors des émeutes interreligieuses qui ont ensanglanté l’Etat en 2002. Cette décision de justice marque la première condamnation, neuf ans après les faits, lorsque le Gujarat a été le théâtre d’une des plus violentes vague d’émeutes communautaires depuis l’indépendance.

Le 28 février 2002, 33 musulmans avaient trouvé refuge dans une maison du village Sardarpura afin d’échapper aux bandes armées qui semaient la violence dans les rues. Une foule d’extrémistes hindous a mis feu au bâtiment, tuant tout le monde à l’intérieur. 31 des personnes ayant participé au massacre ont été condamnées pour tentative de meurtre, incendie volontaire et complot criminel. 42 autres soupçonnées d’être impliquées dans l’incendie ont été acquittées, faute de preuves, selon la BBC. La majorité des accusés sont des Hindous de hautes castes. Les victimes étaient pour la plupart des femmes et des enfants.

Le pogrom anti-musulman de 2002 a été déclenché par l’incendie d’un wagon de train dans lequel se trouvaient 59 pèlerins hindous dans la ville de Godhra, au Gujarat, le 27 février 2002. Lors des jours qui ont suivi, des groupes d’Hindous, encouragés et armés par des organisations hindouistes d’extrême droite sont commis meurtres, incendies et pillages en représailles, dans les localités musulmanes de l’Etat. En mars dernier, 11 musulmans ont été condamnés à mort et 20 autres à la réclusion à perpétuité vie pour leur rôle dans l’incendie de Godhra, même si l’origine de celui-ci n’a jamais été clairement établi.

Un verdict "historique"

Le verdict de vendredi a été décrit comme "historique" et "exemplaire" par les medias indiens, les personnes accusées dans des crimes perpétrés lors d’émeutes interreligieuses ayant rarement été condamnées par le passé en Inde. Personne n’a par exemple été condamné pour les émeutes anti-sikh qui ont suivi l’assassinat du Premier ministre Indira Gandhi et fait plus de 3000 morts, principalement a New Delhi, en 1984. Plusieurs membres du parti du Congrès, auquel feu Mme Gandhi appartenait, sont accusées d’avoir organisé les massacres.

"C’est un succès historique. Jamais dans l’histoire des violences communautaires autant de personnes n’ont été condamnées à fois", a déclaré un ancien policier, défenseur des victimes du pogrom de 2002 au quotidien The Indian Express en réaction au verdict, mercredi.

Ce procès est le premier parmi neuf autres liés aux émeutes du Gujarat confiés à une "équipe spéciale d’investigation" (Special Investigation Team ou SIT) nommée par la cour suprême indienne en 2008. La SIT a été mis en place après que des plaintes ont été déposées, accusant la police et les autorités du Gujarat de se montrer réticents a traduire les accusés en justice. La SIT a également joue un rôle majeur dans la protection des témoins, souvent menacés, intimidés ou achetés lors de tels procès en Inde.

Le gouvernement régional du Gujarat dirigé par Narendra Modi, étoile montant du BJP, parti nationaliste hindou et principale formation d’opposition en Inde, est accusé d’avoir encouragé ou du moins laisser le champ libre aux émeutiers hindous après l’incendie de Godhra. Il a toutefois été relaxé par la SIT, et bénéficie d’un large soutien populaire, en Inde et au Gujarat, un des Etats les plus prospères du pays.

Antoine Guinard ( Aujourd'hui l'Inde).       

source: inde.aujourdhuilemonde

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

Partager cet article