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L'esprit est comme un parapluie = il ne sert que s'il est ouvert ....Faire face à la désinformation


Des vidéos montrant l’interpellation et le plaquage au sol du livreur à scooter mort à Paris + les résultats d'une autopsie posent question

Publié par Brujitafr sur 8 Janvier 2020, 08:25am

Catégories : #ACTUALITES, #AIR DU TEMPS

Des vidéos montrant l’interpellation et le plaquage au sol du livreur à scooter mort à Paris + les résultats d'une autopsie posent question

Trois vidéos montrant comment s’est déroulée l’interpellation du livreur à scooter, mort après son arrestation musclée à Paris, ont été obtenues par Mediapart. Sur les images, on voit l’homme casqué plaqué au sol, avec ses jambes en mouvement devenir immobiles.

Des images de l’interpellation à Paris du livreur à scooter de 42 ans, mort deux jours après les faits, ont été rendues publiques par Mediapart et par la suite relayées sur les réseaux sociaux.

Le décès de Cédric Chouviat, ce père de cinq enfants devenu victime d'une asphyxie «avec fracture du larynx», a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire pour «homicide involontaire».

Sur la première séquence filmée d’une voiture, il est possible de voir le livreur essayer de filmer des policiers avec son téléphone portable. La discussion semble devenir de plus en plus agitée.

Une deuxième vidéo filmée de près, durant trois secondes, montre un plaquage ventral exercé par trois policiers, tandis que le livreur, toujours casqué, remue les jambes.

l’autopsie évoque une asphyxie

« avec fracture du larynx »

Cédric Chouviat est mort après un contrôle routier, le 3 janvier, dans la capitale. Une information judiciaire a été ouverte pour « homicide involontaire ».

Pris en charge par les agents, puis par les pompiers, ce père de cinq enfants avait ensuite été transporté en urgence à l’hôpital européen Georges-Pompidou, où il est mort deux jours plus tard.

Les résultats de l’autopsie, communiqués par le parquet de Paris mardi 7 janvier, font état d’une « manifestation asphyxique » avec une « fracture du larynx ». L’homme était encore muni de son casque de scooter au moment de son interpellation et de son plaquage au sol. Par ailleurs, un « état antérieur cardiovasculaire » a été détecté chez ce coursier de profession. Sa famille assure pourtant qu’il ne souffrait d’aucune insuffisance cardiaque connue et qu’il avait été autorisé médicalement à pratiquer le sport dix mois auparavant.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) dès le 3 janvier. Le parquet de Paris a décidé mardi d’ouvrir une information judiciaire pour « homicide involontaire », confiée à un juge d’instruction. La famille, qui avait déposé une plainte avec constitution de partie civile, souhaitait que soient retenues des « violences volontaires ayant entraîné la mort », une qualification criminelle relevant de la cour d’assises.

Pour leurs avocats, Arié Alimi, William Bourdon et Vincent Brengarth, les autorités ont tenté dès le début de l’affaire de dissimuler une « bavure policière » à travers leur communication, en niant tout lien de cause à effet entre la technique d’interpellation et le malaise cardiaque. Selon une source policière, les fonctionnaires avaient contrôlé le conducteur du scooter parce qu’il téléphonait. Celui-ci se serait montré « irrespectueux et agressif », et aurait insulté l’équipage au moment où il partait. Les agents auraient alors procédé à l’interpellation pour outrage à laquelle M. Chouviat aurait résisté, avant de faire un malaise cardiaque.

Un appel à témoin citoyen

Sur une première vidéo obtenue par les avocats à la suite d’« un appel à témoin citoyen », on voit d’abord Cédric Chouviat filmant de près les policiers, qui le repoussent. Sur la deuxième vidéo, on aperçoit de loin plusieurs policiers en train de maîtriser l’homme au sol, avec la technique dite du « plaquage ventral », qui consiste à porter son poids sur le torse de l’individu. Les jambes de Cédric Chouviat, en pantalon gris, s’agitent en vain. L’homme qui a filmé la scène assure, selon les avocats, que les policiers ont également pratiqué une clé d’étranglement. Enfin, sur une dernière séquence tournée une vingtaine de minutes plus tard, on aperçoit les policiers en train de prodiguer un massage cardiaque à la victime.

Pour Arié Alimi, la fracture du larynx est « probablement due à une strangulation » : « C’est une mort atroce et extrêmement violente. » William Bourdon, autre avocat de la famille, estime pour sa part que ce décès est le fruit d’une « culture de l’impunité et du déni qui encourage et déresponsabilise les policiers » : « Il n’y a aucun doute sur le fait que les modalités d’interpellation – la clé, le plaquage ventral, l’étouffement – étaient inappropriées et hors de proportion. »

Lors de cette conférence de presse, Christian Chouviat, le père de la victime, a longuement pris la parole pour dénoncer un « meurtre », couvert par « un tissu de mensonges » : « Est-ce qu’on a le droit de faire ça ? Le mec, il se lève à 6 heures du matin, été comme hiver. Il va travailler, et d’un coup on a décidé de lui couper le sifflet. Ce sont des assassins. Il y a trois assassins. Je veux aller au jugement, je veux qu’ils ne dorment plus, ces gens-là ! »

La famille estime que l’homme, propriétaire d’un casque avec micro intégré, ne pouvait se servir de son téléphone au moment de l’interpellation. Sa femme assure que la première version que lui ont donnée les policiers parlait d’un contrôle routier à cause d’une plaque d’immatriculation sale.

« Notre famille prône la paix »

La justice a entre les mains plusieurs éléments qui pourraient permettre de faire rapidement la lumière sur l’ensemble des faits. Deux caméras de vidéosurveillance disposées sur le carrefour couvrent cette zone. Par ailleurs, M. Chouviat a lui-même filmé toute la scène avec son smartphone, actuellement placé sous scellés.

Selon un premier récit des policiers à leur hiérarchie, dont l’Agence France-Presse (AFP) a pu prendre connaissance, ils décrivent un comportement « provocant » du livreur à leur égard, les amenant à l’interpeller pour outrage. Puis ils expliquent qu’il a trébuché, entraînant dans sa chute un des gardiens de la paix et affirment ensuite qu’une fois à terre, et après une lutte pour le menotter, ils pensent d’abord que l’homme « simule un malaise » avant de constater que son visage devient bleu.

« Notre famille prône la paix, on est dans un chagrin profond qui ne partira jamais. J’aimerais que justice soit faite pour l’honneur de mon père », a expliqué en conclusion de la conférence de presse l’une de ses filles, Sofia. Quelques minutes plus tôt, l’épouse de Cédric Chouviat, Doria, avait délivré un message d’apaisement :

« N’ayons pas la haine. Même si c’est un homicide, ça reste un homicide involontaire. Je ne pense pas que les policiers qui étaient là ont voulu le tuer volontairement. Ce sont des êtres humains, ils se sont laissé trop emporter par la colère. »

Contactée par Le Monde, la Préfecture de police s’en est tenue à sa version initiale – un communiqué publié dans la soirée « rappelle que la présomption d’innocence est une garantie démocratique qui vaut pour tous, y compris les policiers ». Dans une déclaration transmise à l’AFP, Christophe Castaner et Laurent Nunez, le ministre de l’intérieur et son secrétaire d’Etat, ont adressé leurs condoléances à la famille de la victime, estimant que les résultats de l’autopsie « soulèvent des questions légitimes ».

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