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MOINS de BIENS PLUS de LIENS

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L'esprit est comme un parapluie = il ne sert que s'il est ouvert ....Faire face à la désinformation


RETOUR AUX FONDAMENTAUX STRATEGIQUES EN SYRIE : L’ARMEE TURCO-DJIHADISTE AU COMBAT CONTRE L’ARMEE ARABE SYRIENNE (ERDOGAN CHEVAL DE TROIE DE L’OTAN EN SYRIE II)

Publié par Brujitafr sur 26 Mars 2018, 05:42am

Catégories : #ACTUALITES, #USA, #CONFLICTS DANS LE MONDE

RETOUR AUX FONDAMENTAUX STRATEGIQUES EN SYRIE : L’ARMEE TURCO-DJIHADISTE AU COMBAT CONTRE L’ARMEE ARABE SYRIENNE (ERDOGAN CHEVAL DE TROIE DE L’OTAN EN SYRIE II)
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2018 03 23/
 
« En Syrie, la Turquie sert de cheval de Troie à l'OTAN. D’ailleurs,
depuis la normalisation de ses liens avec la Russie, Ankara  n'a cessé
de s'orienter en ce sens : à mesure qu'elle progresse, l'OTAN avance
aussi (…) Le rapprochement apparent de la Turquie de la Russie et par
la force des choses, de l'axe de la Résistance a facilité la tâche des
Américains à l’un des pires moments de l’histoire de leurs ingérences
au Moyen-Orient, c’est-à-dire à un moment où ils allaient perdre la
Syrie. Par le truchement des Turcs, un tiers du sol syrien est sous le
contrôle des Américains … »
- Agence Fars (Iran, 22 mars 2018).
 
Mes analyses prévisionnelles sont souvent justifiées par l’évolution
de l’actualité. Mais ici mon analyse d’hier l’est immédiatement.
Depuis hier soir, les positions de l’Armée arabe syrienne à Alep
visées par les Turcos-djihadistes …
 
À peine dix jours après la conquête d'Afrin, où les hordes takfiristes
continuent à piller les maisons et les biens des Kurdes en fuite, le
président Erdogan promet de diriger ses troupes et mercenaires vers
Manbij puis Idlib.  Ce vendredi pour la première fois depuis le début
de l'offensive turque, les terroristes djihadistes à la solde d'Ankara
ont tiré sur les positions de l'Armée arabe syrienne et de leurs
alliés dans la grande banlieue d'Alep.
 
* Voir mon analyse d’hier sur
 
 
I – AU NORD D’ALEP :
L’ARMEE TURCO-DJIHADISTES AU COMBAT CONTRE L’ARMEE ARABE SYRIENNE
 
« L’Artillerie de l’armée turque a pilonné, ce 23 mars, les positions
de l’Armée arabe syrienne dans le district de Tell Jabin au nord de la
province syrienne d’Alep », rapporte la télévision libanaise
‘al-Mayadeen’. Épaulée par les groupes armés terroristes djihadistes,
avec à leur tête l'ASL essentiellement djihadiste, l’armée turque
s’est infiltrée dans trois villages de la région et avance vers les
frontières administratives des deux cités de Nubl et d’al-Zahra.
 
Avec la progression des troupes d’Ankara dans la région d'Alep, les
combats meurtriers qui opposaient, au départ, les militaires turcs et
les groupes armés kurdes, se sont transformés en des affrontements
entre l’Armée arabe syrienne et ses alliés qui tentent de bloquer
l'offensive de la Turquie en Syrie. Depuis le 20 janvier 2018, les
militaires turcs mènent une opération militaire à Afrin, dans le nord
de la Syrie, qui vise, prétend Ankara, « à lutter contre les groupes
kurdes » liés aux  « terroristes » actifs sur ses frontières. Ankara
mène sa soi-disant « offensive anti-terroriste » avec … l’ASL dont es
forces sont essentiellement terroristes, et dont une part est issue du
‘Jabbaat al-Nosra’, c’est-à-dire ‘al-Qaida en Syrie’ ! Les Kurdes
ayant quitté la ville après sa chute, Ankara refuse toujours d'en
remettre le contrôle à l'État syrien.
 
L'armée d'Erdogan étend maintenant son offensive à Alep alors que
cette province est assez loin d’Afrin. La Turquie n'a pas écarté non
plus une invasion de Sinjar, située au nord-ouest de l'Irak près de la
frontière syrienne. Des informations en provenance de Sinjar ont fait
par ailleurs état « des mouvements d'exode qui ont commencé dans la
ville après les menaces formulées par la Turquie ».
 
ERDOGAN ET TRUMP SOULIGNENT CE 22 MARS « L'IMPORTANCE DES COOPERATIONS
STRATEGIQUES ENTRE ANKARA ET WASHINGTON »
 
Simultanément « à l'aventurisme militaire turc sur le sol syrien »
(dixit les médias d’Etat iranien), le président turc Recep Tayyib
Erdogan s'est entretenu, ce jeudi 22 mars, au téléphone avec son
homologue américain, Donald Trump. La conversation des deux hommes
était axée sur des questions régionales et bilatérales. La Turquie et
les États-Unis sont membres de l’OTAN. Les deux hommes ont évoqué,
lors de cet entretien, « l'importance des coopérations stratégiques
entre Ankara et Washington ».
 
LA NOUVELLE BATAILLE POUR SINJAR
 
Parallèlement, le PKK, via sa  branche irakienne le ‘Parti des
travailleurs du Kurdistan irakien’, a annoncé vouloir « se retirer de
la ville de Sinjar ». Les membres du Parti, traités par la Turquie de
"terroristes", prétendaient « protéger les populations yézidies de
Sinjar contre Daech », ce qui est loin d'être vrai : cette population,
lâchée en pâture aux terroristes de Daech, a été décimée avant d'être
libérée par les forces armées irakiennes et les forces des ‘Unités de
mobilisation populaire’ irakiennes , les ‘Hachd al-Chaabi’.
 
La Turquie a affirmé « qu'elle ne permettrait pas que Sinjar se
transforme en une seconde Qandil » (région montagneuse située entre
l'Iran, l'Irak et la Turquie où sont retranchés les membres du PKK) :
« Si Bagdad ne nettoie pas Sinjar de la présence du PKK, c'est la
Turquie qui le fera à sa place », a menacé Erdogan.
 
Pour de nombreux analystes, dont moi-même, le PKK, tout comme sa
branche syrienne les YPG, sont un prétexte dont se sert la Turquie
pour justifier sa conquête néo-ottomane. Laquelle ne se réduirait pas
à la Syrie et viserait à s'étendre jusqu' l'Irak. Les troupes turques
sont toujours positionnées dans le nord de Mossoul, des mois après sa
libération des griffes de Daech.
 
VERS UN RETOUR AUX FONDAMENTAUX GEOSTRATEGIQUES EN SYRIE : UNE
COALITION IRANO-RUSSE POUR CONTRER L’AXE AMERICANO-TURC
 
Selon l’agence de presse ‘Sputnik’ (qui semble revenir de ses
errements philo-turcs dictés par ses analystes « émotifs »), « en
réaction aux dernières évolutions en Syrie, le général Safavi, haut
conseiller du Leader de la Révolution islamique d’Iran, a proposé
devant une assemblée d’experts la création d’une coalition composée de
l’Iran, de la Russie, du Pakistan, de l’Irak et de la Syrie pour
pouvoir faire face à celle constituée par la Turquie, les États-Unis
et Israël ».
 
Ce qui est la réalité de la confrontation en Syrie, telle qu’elle est
clivée depuis la fin 2011, loin des rêves de « tournant géopolitique
turc » des « géopolitologues de l’émotion » (qui est tout sauf de la
Géopolitique !) …
 
Ce responsable militaire iranien rappelle que « les Russes ont signé
un traité en matière de défense avec la Syrie en vertu duquel Damas
met à la disposition de ces derniers, en vertu d’un bail de 49 ans, la
base maritime de Tartous et la base aérienne de Hmeimim ».
 
Selon un autre expert iranien des questions du Moyen-Orient, Seyyed
Hadi Afqahi, qui a été dans le passé un des diplomates de la
République islamique d’Iran au Liban, « la mise en place de la
coalition précitée est une chose tout à fait réalisable et serait
extrêmement bénéfique ».
 
Selon Afqahi, « la proposition du conseiller du Leader est très
intéressante en ce qu’elle cherche à établir un équilibre des forces
dans la région. Si le Pakistan (qui s’éloigne rapidement de Washington
et se tourne vers l’OCS) (1) « décidait de devenir l’allié de l’Iran,
cela porterait un grand coup à Washington. C’est ainsi qu’un grand
nombre d’équations politiques et stratégiques dans notre région se
résoudraient en faveur de la Russie et de ses alliés (…) Cela
constituerait également un véritable frein à l’intrusion américaine
dans les affaires des pays du Moyen-Orient. Cette coalition
permettrait non seulement des coopérations en matière militaire mais
aussi en matière économique. Les pays qui la composent pourraient
ainsi prendre le contrôle des détroits et des eaux libres de la région
».
 
Avec l’aide de Moscou, l’Iran et le Pakistan « pourraient pleinement
prendre en main la lutte contre les terroristes soutenus par les
États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite ». Dans un tel scénario, « les
États-Unis se verraient incapables d’imposer leurs décisions malsaines
aux pays de la région, à l’instar du transfert de l’ambassade
américaine dans la sainte ville de Qods ».
 
II –
LA GEOPOLITIQUE NEO-OTTOMANE AU CŒUR DE L’ACTION D’ERDOGAN AU LEVANT …
 
Parallèlement à ses agissements militaires au nord de l’Irak, la
Turquie poursuit donc son offensive à Afrin et au-delà vers Alep. La
Turquie a lancé, ce 20 janvier, une offensive terrestre et aérienne
contre le nord de la Syrie, baptisée « Rameau d’olivier », et ce, sous
prétexte de combattre les kurdes des Unités de protection du peuple
(YPG), branche militaire du Parti de l’Union démocratique (PYD-PKK).
 
PROJETS D’EXPANSION NEO-OTTOMANE EN IRAK :
LA TURQUIE PROJETTE DE CONSTRUIRE UNE BASE MILITAIRE AU NORD DE L’IRAK
 
« La Turquie projette de construire une base militaire dans le nord de
l’Irak », dit ‘Sky News’. « La sécurité de la Turquie implique que
nous prenons sous contrôle certaines régions septentrionales en Irak
et en Syrie », a récemment déclaré le président turc Recep Tayyip
Erdogan.
 
Selon ‘Sky News’ citant certains médias turcs, « Ankara chercherait à
construire une base militaire temporaire dans la région montagneuse de
Hakurk au nord irakien. Cette zone frontalière avec la Turquie
abriterait des bases militaires appartenant au Parti des Travailleurs
du Kurdistan (PKK) qu’Ankara qualifie de terroriste », selon la
chaîne. « Compte tenu des agissements précédents de la Turquie sur le
sol irakien, les dirigeants et le peuple irakiens redoutent que le
déploiement temporaire des militaires turcs dans le nord de l’Irak ne
se transforme en une présence permanente ».
 
En même temps que la Turquie cherche à concrétiser son projet
militaire à Hakurk, l’armée turque ne cesse d'attaquer les régions
frontalières avec l’Irak. Dans ce cadre, l'aviation turque a récemment
bombardé plusieurs villages irakiens à population kurde. 4 civils ont
perdu la vie dans ces attaques. La Turquie continue à maintenir ses
troupes dans la base militaire de Bachiqa à 25 km de Mossoul. Ankara
prétend que l'objectif de ce déploiement militaire consiste « à lutter
contre Daech », et ce, bien que Daech soit désormais quasi inexistant
en Irak.
 
En réaction aux récents actes de la Turquie dans le nord de son pays,
le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari a
notifié au vice-ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Yildiz, «
que toute action militaire de la Turquie sur le territoire irakien
était inadmissible pour Bagdad ».
 
PROJETS D’EXPANSION NEO-OTTOMANE EN SYRIE
 
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce 18 mars que les
forces turques avaient pris le contrôle du centre-ville d’Afrin et que
les drapeaux de la Turquie et ceux de la soi-disant Armée syrienne
libre (ASL), dont les bannières djihadistes salafistes, flottaient
déjà à Afrin. Un défi pour Damas, mais aussi Téhéran et Moscou.
 
Mais à Afrin, les Kurdes vont passer à la guérilla !
Un responsable kurde syrien a déclaré que « la guerre contre les Turcs
était entrée dans une nouvelle étape ».
 
ANKARA REORGANISE L’ASL ET LA DOTE DE FORCES SUPPLEMENTAIRES
 
Le journal ‘Star’ a rapporté que « l’Armée syrienne libre a été
réorganisée dans le but de continuer les opérations turques à Afrin et
de les étendre à d’autres villes de la Syrie, et qu’elle dispose
désormais de 25.000 soldats ». La milice, à composante djihadiste
majoritaire, de l’Armée syrienne libre, qui lutte contre le
gouvernement central syrien, a été soutenue dès sa formation en 2011
par les pays occidentaux, par certains pays arabes et enfin et surtout
par la Turquie. Malgré ces soutiens tous azimuts, les effectifs de
l’ASL diminuaient régulièrement à mesure que l’armée syrienne accédait
à de grandes victoires sur le terrain, passant ainsi de 40.000 à
20.000 environ.
 
Or, le journal ‘Star’ vient d’écrire que « du sang neuf va être
injecté dans les éléments armés de l’ASL, qui atteindront ainsi le
nombre de 25.000 », en justifiant ce changement de la sorte : « La
région d’Afrin est beaucoup plus étendue que ce que peuvent couvrir
les forces de l’opération Bouclier de l’Euphrate et il sera nécessaire
de déployer la police locale pour résoudre les problèmes de sécurité
qui se poseront sans aucun doute à Afrin. » « Le fait que l’Armée
syrienne libre ait assisté les forces turques dans les opérations
Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier montre la nécessité de
transformer cette milice en une force régulière », ajoute le journal.
Celui-ci prétend par ailleurs que « Selon des informations provenant
de sources locales, il y a 80 unités de l’Armée syrienne libre dans
les régions perdues par le gouvernement syrien, dont 40 sont
concentrées en un seul endroit. »
 
En février, Kemal Kiliçdaroglu, président du Parti républicain du
peuple (kémaliste), a qualifié avec raison l’Armée syrienne libre de «
force terroriste ». Loin du prétexte kurde, c’est bien Damas et ses
alliés qui sont visés. Pour le plus grand profit des USA et de l’OTAN
 
NOTES :
 
(1) Cfr. sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
L’APPEL DE L’EURASIE EN MARCHE :
L’ADMINISTRATION TRUMP EST-ELLE EN TRAIN DE PERDRE LE PAKISTAN AU
PROFIT DE PEKIN (ET DE MOSCOU) ?
 
Et : L’APPEL DE L’EURASIE EN MARCHE (II) :
LE PAKISTAN SE TOURNE VERS L’ORGANISATION DE COOPERATION DE SHANGHAI
 
(Sources : al-Mayadeen – SANA- Fars - Star – Sky News - EODE Think-Tank)
 
Photo :
Armée turco-djihadiste (ASL) à Afrin. Ou comment utiliser al-Qaida
pour combattre les « terroristes » duPYD-PKK … Le « grand Jeu syrien »
n’est complexe que pour celui qui l’analyse au prisme trafiqué des
analyses occidentales !
 
Cartes :
L’offensive turque juste avant la prise d’Afrin – La situation en
janvier 2018 – La précédente offensive turque.
 
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
 
* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire –
Géopolitismes - Néoeurasisme – Néopanafricanisme
(Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
________________
 
* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
* EODE :
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