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Législatives en Allemagne: L'entrée de l'AfD (le parti d’extrême-droite outre-Rhin) au Bundestag marque-t-elle la fin d'un tabou ?

Publié par Brujitafr sur 26 Septembre 2017, 05:24am

Catégories : #ACTUALITES, #EUROPE

POLITIQUE Fort de ses résultats aux élections législatives allemandes, l'AfD, le parti d’extrême-droite outre-Rhin, va faire son entrée au Parlement...

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Législatives en Allemagne: L'entrée de l'AfD (le parti d’extrême-droite outre-Rhin) au Bundestag marque-t-elle la fin d'un tabou ?

Discours révisionniste, anti-immigration, anti-islam et anti-europe : les thèmes de campagne brandis par l’Alliance pour l’Allemagne (AfD), le parti d’extrême droite allemand, lui ont permis ce dimanche de faire son entrée au Bundestag, le Parlement outre-Rhin. Doté de 12,6 % des suffrages, le parti populiste a raflé 94 sièges à la Chambre des députés. Certes, pas de quoi incarner la principale opposition à Angela Merkel, réélue chancelière pour la quatrième fois mais contrainte de former une coalition pour gouverner. Mais pour l’AfD, jeune parti créé en 2013, c’est une grande victoire, l’occasion de s’imposer comme une force politique légitimée par le pouvoir. Le parti a ainsi fait basculer dans son camp des électeurs qui auparavant votaient pour des partis modérés, voire à l’extrême gauche. Toutefois, jamais depuis le nazisme et le traumatisme de l’après-guerre et du IIIe Reich, un parti d’extrême droite n’avait franchi les portes du Parlement. Dès l’annonce des résultats, nombre d’Allemands ont déploré l’entrée de cette formation populiste au Bundestag. Faut-il y voir la fin d’un tabou en Allemagne ? Comment l’extrême droite populiste s’est-elle fait une place dans le paysage politique allemand ? Quel pouvoir aura-t-elle ?

D’anti-Europe à anti-islam

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Aujourd’hui doté de 94 sièges au Bundestag, l’Alternative für Deutschland est un parti très jeune, qui au départ a misé sur l’euroscepticisme avant de faire de l’immigration et l’islam son cheval de bataille. « L’AfD a connu une première phase à sa création en 2013, où le parti s’est inscrit dans un mouvement anti-européen, anti-euro et en opposition au soutien économique de l’Europe – dont l’Allemagne – à la Grèce », rappelle Patrick Moreau, chercheur au CNRS spécialiste de l’extrême droite allemande et auteur de L’autre Allemagne, Le réveil de l’extrême droite* (éd. Vendémiaire).

« Le tournant majeur pour l’AfD, et qui lui a permis de séduire une part significative d’électeurs, a été la crise des migrants en 2015, avec un afflux migratoire massif vers l’Allemagne vivement reproché à Angela Merkel. Dès lors, l’AfD a réarticulé la totalité de son discours autour de l’immigration. C’est un discours en trois axes, expose le chercheur. Le premier concerne le risque terroriste et pointe la problématique sécuritaire. Le second met l’accent sur la politique migratoire allemande, que l’AfD présente comme incontrôlée ». En clair, pour le parti, la nouvelle ligne adoptée consiste à dire qu’il y a de plus en plus de migrants sur le territoire allemand, dont on ne sait rien, pas même leur nombre total, mais qui pèsent économiquement sur le pays.

« Le dernier point, à la fois différent tout en étant le plus important pour comprendre le rayonnement grandissant de l’AfD, est le positionnement anti-islam, qui trouve un grand écho auprès d’une partie de la société allemande. L’AfD présente l’islam comme une religion politique, par nature antithétique des principes défendus par la Constitution allemande. Une posture qui permet au parti de se poser- même s’il n’en est rien en réalité- en mouvement hyperdémocratique ». Un repositionnement qui a fait mouche et qui a fait oublier le revers électoral essuyé par l’AfD lors des précédentes élections législatives de 2013.

Des lignes de fracture

Mais en marge du relatif succès électoral de ce dimanche, qui lui ouvre les portes du Bundestag, l’AfD est en proie à des conflits internes. « Le parti se retrouve pris dans une césure fondamentale pour la première fois de sa jeune histoire, explique Patrick Moreau. Avec d’un côté les cadres de l’AfD qui se situent à droite de la CDU-CSU et de l’autre, à l’instar de son leader Alexander Gauland, ceux qui incarnent la ligne la plus extrême et radicale du parti ».

Résultat : ce lundi, Frauke Petry, figure de proue de la formation populiste, a créé la surprise en annonçant qu’elle refusait de siéger avec l’AfD à la chambre des députés. Dans son viseur, Alexander Gauland, auteur de multiples sorties fracassantes, qui a déclaré dimanche à l’annonce des résultats son intention de mener « la chasse » à Angela Merkel. Il y a quelques jours, il créait la polémique en vantant « les performances des soldats » de l’armée de Hitler. Plus tôt, il dénonçait « l’islamisation grandissante de l’Allemagne ».

Au-delà de ses conflits internes, l’AfD cristallise aussi les lignes de fractures au sein de la société allemande. Certes, les chiffres montrent qu’une majorité d’électeurs allemands n’adhèrent absolument pas aux idées défendues par l’AfD. Mais « dans le même temps, le parti est très bien perçu par une frange grandissante d’électeurs », observe Patrick Moreau. Ainsi, un million d’anciens électeurs de la CDU-CSU ont accordé leur suffrage au parti de l’extrême droite allemande, « tout comme 400.000 électeurs qui auparavant votaient communiste, ajoute le chercheur. Une partie des gens y voient un moyen de pointer les choses qui ne vont pas dans le pays, à commencer par la question de l’immigration, qui est centrale ». Mais dans un pays marqué par son passé nazi et qui a été l’un des derniers en Europe à résister à la montée de l’extrême droite et du populisme, les résultats de l’AfD ont du mal à passer. Dès l’annonce des résultats dimanche, des centaines d’opposants se sont spontanément rassemblés dans plusieurs villes allemandes.

Une opposition sans véritable pouvoir

Malgré la grogne populaire, le Bundestag va devoir composer avec une nouvelle famille politique désormais. « L’AfD va bénéficier de droits, de financements, d’une parole : c’est une nouvelle machine politique qui va s’installer au Bundestag, souligne Patrick Moreau. Une machine toutefois affaiblie par ses conflits internes », analyse-t-il. D’autant que, même si l’AfD fait son entrée au Parlement, « son score de 12,6 % au scrutin ne lui donne pas non plus le poids politique nécessaire pour se poser en véritable parti d’opposition : clairement, les députés AfD n’auront aucune possibilité législative. Ils se sont tellement radicalisés durant la campagne des législatives que toute alliance avec les conservateurs est désormais plus que compromise », poursuit le chercheur.

Désormais, l’AfD va devoir composer avec ses différentes ailes défendant des lignes différentes. « Cette fraction, avec le départ de Petry, va être difficile à gérer, prédit Patrick Moreau. D’autant que maintenant qu’il est au Parlement, le parti va aussi devoir prendre position sur des problématiques de société qui dépassent le seul cadre de la question migratoire, comme les retraites par exemple ». Pour l’heure, nul ne sait comment, sorti de son fonds de commerce migratoire, l’AfD se positionnera sur ces grandes questions.

L’autre Allemagne, Le réveil de l’extrême droite*, éditions Vendémiaire, en librairie depuis le 21 septembre.

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