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Le "New York Times" félicite les médias français de ne pas avoir relayé bruyamment les MacronLeaks. Un plaidoyer pour résister aux intox.

MEDIA :...les medias US doivent prendre modèle sur les medias français dit le New York Times = censure pour tous

Coignard - Les leçons des MacronLeaks

Une fois n'est pas coutume ! Un journaliste américain, et non des moindres puisqu'il est titulaire du prix Pulitzer et rédacteur en chef au New York Times, considère que les médias français doivent servir de modèle outre-Atlantique. Dans un éditorial intitulé « A French Lesson for the American Media », David Leonhardt félicite ses confrères français de ne pas avoir fait une affaire d'État des MacronLeaks, ces gigaoctets de courriels et autres données piratés dans les serveurs du mouvement En marche !. Dès le vendredi 5 mai au soir, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données » et « atteinte au secret des correspondances ».

« Les courriels piratés de la campagne d'Emmanuel Macron se révèlent spectaculairement ordinaires. Ils contiennent des briefings, des échanges à caractère personnel et des discussions sur la météo, rien qui puisse faire scandale. Cela vous rappelle quelque chose ? Ah oui ! L'année dernière, des agents russes ont volé des milliers de courriels des serveurs de la campagne de Clinton et les ont publiés via WikiLeaks. Le caractère dominant de ces e-mails était leur banalité [...] : des gens qui se plaignaient de leur patron et qui leur donnaient des conseils. »

David Leonhardt insiste sur la dimension embarrassante d'une telle publication pour ceux qui ont été pillés : qui est sûr de n'éprouver aucune gêne devant la mise sur la place publique de tout ce qu'il a écrit à des dizaines de destinataires pendant des mois et qu'aucune ligne ne contient la moindre mesquinerie, par exemple ?

La stratégie de la provocation

L'affaire des e-mails d'Hillary Clinton a occupé les gros titres pendant des semaines, là où celle d'Emmanuel Macron a fait pschitt. Est-ce par vertu afin de ne pas se laisser manipuler par de pseudo-révélations indignes d'intérêt ou parce que la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale a rappelé aux médias qu'ils avaient l'obligation de respecter la période de silence s'ouvrant dès la première minute du samedi qui précède le scrutin ?

En tout cas, ces nouvelles méthodes d'intoxication donnent à réfléchir sur les bonnes pratiques journalistiques. Il ne s'agit pas, en effet, de divulgations de documents confidentiels par un lanceur d'alerte dans le but de dénoncer un scandale, mais de données fournies par une puissance étrangère hostile dans le but évident de nuire à un candidat. « Il est sûr que, dans notre monde digital, des informations privées sur des personnalités seront de nouveau divulguées. Les médias ne peuvent les ignorer, même s'il s'agit d'une option tentante, écrit David Leonhardt. Mais entre le silence ou le sensationnalisme, il existe un moyen terme. »

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Tag(s) : #ACTUALITES, #MEDIAS

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