Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

MOINS de BIENS PLUS de LIENS

MOINS de BIENS PLUS de LIENS

l'esprit est comme un parapluie = ne sert que si il est ouvert ....Faire face à la désinformation


Macron Leaks : les petits arrangements du chef de cabinet de Collomb

Publié par Brujitafr sur 27 Mai 2017, 08:49am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE

Ex-chef de cabinet au Grand Lyon, Jean-Marie Girier retrouve son mentor au ministère de l’Intérieur, après un passage par l’équipe du candidat Macron. Mediacités peut prouver que pendant plusieurs semaines, il cumulait son emploi à la Métropole avec une participation active à la campagne présidentielle.

Jean-Marie Girier, collaborateur de Gérard Collomb, fût l'une des chevilles ouvrières de la campagne d'Emmanuel Macron. Crédit : MAXPPP

Jean-Marie Girier, collaborateur de Gérard Collomb, fût l'une des chevilles ouvrières de la campagne d'Emmanuel Macron. Crédit : MAXPPP

Leur séparation n’aura donc duré que quelques mois. Gérard Collomb retrouvera au ministère de l’Intérieur celui qui était son chef de cabinet à la Métropole de Lyon jusqu’à l’automne 2016, Jean-Marie Girier, indique le Journal Officiel du 20 mai 2017. Beau parcours pour ce collaborateur politique qui débarque place Beauvau après un intermède pour le moins remarqué parmi l’état-major d’En Marche!. Période pendant laquelle il a cumulé, pendant plusieurs semaines, son emploi à Lyon avec une participation active à la campagne d’Emmanuel Macron. Notre plongée dans les Macron Leaks permet en effet de démontrer que pendant au moins un mois et demi (entre septembre et mi-octobre 2016), Jean-Marie Girier était investi dans l’organisation de la campagne présidentielle tout en étant encore rémunéré à plein temps comme chef de cabinet du président de la Métropole.

Nul doute que Gérard Collomb, premier des Macronistes, a dû adouber l’investissement sans commune mesure, et pour le moins précoce, de son chef de cabinet au sein d’En Marche!. Moins d’un mois après la naissance du mouvement du futur président de la République, en mai 2016, Jean-Marie Girier se sentait effectivement autorisé à transmettre une offre de services pour coordonner la campagne dans le Rhône. Notre exploration des Macron Leaks (lire l’encadré ci-dessous “Pourquoi nous utilisons les Macron Leaks”) nous a permis de mettre la main sur un e-mail où il proposait à Stéphane Séjourné de prendre la tête d’un commando… composé à 40% de collaborateurs d’élus socialistes de l’agglomération lyonnaise, parmi lesquels Arthur Empereur, attaché parlementaire de Gérard Collomb.

Macron Leaks : les petits arrangements du chef de cabinet de Collomb

Un engagement militant qui n’a rien de répréhensible dès lors qu’il s’effectue sur leur temps libre et n’interfère pas avec leurs emplois respectifs au Grand Lyon, à la mairie de Lyon ou au Sénat. Mais, très rapidement, Jean-Marie Girier s’impliquera bien davantage qu’un simple « helper », le mot utilisé pour “militant” dans le jargon d’En Marche! Si bien qu’à l’automne, à l’heure où le mouvement d’Emmanuel Macron doit se professionnaliser, Alexis Kohler et Ismaël Emelien jettent sans hésiter leur dévolu sur ce proche de Gérard Collomb qu’ils semblent très bien  connaître. Ils annoncent son recrutement en interne le 21 septembre, en tant que chef de cabinet. Un poste à temps-plein, d’après le budget prévisionnel circulant alors au sein du secrétariat général d’En Marche!, qui consiste à prendre en main l’agenda du candidat et l’organisation de ses déplacements, soit tout un pan de sa stratégie.

Macron Leaks : les petits arrangements du chef de cabinet de Collomb
Macron Leaks : les petits arrangements du chef de cabinet de Collomb

Mais – étonnamment –, celui qui travaille encore à plein temps pour le Grand Lyon (et continue d’y être rémunéré) ne signera finalement son contrat que le 17 octobre. Date à partir de laquelle il passe officiellement à temps partiel (70%) selon les informations communiquées à Mediacités par la Métropole. Autre précaution intelligemment prise par En Marche! : le chef de cabinet du candidat à la présidentielle ne sera rémunéré, jusqu’au 31 décembre, que sur 45 heures par mois.

Plus étonnant, dans la foulée de son embauche par En Marche!, des remboursements de frais antérieurs à la formalisation de son contrat de travail sont réaffectés à la comptabilité d’octobre du mouvement. Alors que le spin-doctor de Gérard Collomb n’était officiellement que militant d’En Marche! lorsqu’il a suivi Emmanuel Macron plusieurs jours entre septembre et début octobre à Aurillac, Rennes, Strasbourg ou Poissy, « JMG » s’est fait payer nuits d’hôtels et transports.

Macron Leaks : les petits arrangements du chef de cabinet de Collomb
Macron Leaks : les petits arrangements du chef de cabinet de Collomb

Il s’est également fait rembourser des frais montant jusqu’à plusieurs centaines d’euros engagés lors de séjours à Rennes (14 septembre) ou Poissy (6 octobre).

Remboursements frais de déplacements

Remboursements frais de déplacements

Une faveur qui n’est évidemment pas donnée à tous les « helpers » d’En Marche!. Elle démontre le rôle actif que Jean-Marie Girier a joué très tôt dans la campagne, alors même qu’il était encore rémunéré à temps plein par la Métropole.

Quelles tâches effectuait-il alors pour le Grand Lyon ? Etait-il présent dans les locaux de la collectivité ou bien s’était-il converti au télétravail au gré des déplacements d’Emmanuel Macron ? Impossible de le savoir. Jean-Marie Girier n’a pas répondu à nos sollicitations. Seul certitude : son emploi (à temps partiel) chez En Marche! était tout sauf fictif.

Dans une équipe aussi innovante qu’inexpérimentée, le sens politique ainsi que les connaissances de ce spécialiste de la carte électorale se sont immédiatement révélés précieuses. D’après Les Echos, qui le qualifie de véritable « ordonnateur » de la campagne d’Emmanuel Macron, c’est lui qui aurait proposé, par exemple, d’aller « labourer les terres de gauche (Nevers, Clermont-Ferrand, Quimper, Nord) pendant la primaire du PS. » C’est également lui, ajoute Le Progrès dans son édition du 9 mai, qui aurait soufflé l’idée de créer des comités citoyens d’En Marche!, un peu partout en France, bénéficiant d’une suffisamment grande autonomie pour attirer le maximum de bénévoles possibles.

Quelques semaines avant d’être promu directeur de campagne d’Emmanuel Macron, « JMG » mettra fin de lui-même à son double-emploi. Il démissionne sans préavis le 5 décembre 2016 de la collectivité lyonnaise (fin de fonction effective le 6 décembre) pour se consacrer exclusivement à la campagne présidentielle.

Une décision qui a, alors, provoqué un soulagement du côté de plusieurs personnalités politiques lyonnaises. « Sa situation n’était plus tenable » rapportait ainsi un élu socialiste au Progrès, sous couvert de l’anonymat. Ce « double emploi » de Jean-Marie Girier confirme, en tout cas, les liens étroits qui ont existé entre En Marche! et les équipes des collectivités présidées par Gérard Collomb à l’occasion de l’élection présidentielle.

– Mise à jour du 25/05/2017 à 18h30 : par mail, l’attachée de presse de Gérard Collomb nous fait savoir que, selon elle, Jean-Marie Girier avait posé des jours de congés pour suivre le candidat Macron lors de ses déplacements en septembre et octobre 2016. Il n’en reste pas moins que, comme le démontre notre article, celui qui était encore chef de cabinet du président du Grand Lyon jouait déjà un rôle stratégique à cette période au sein de l’équipe de campagne En Marche!.

Pourquoi nous utilisons les Macron Leaks

Soyons francs : à Mediacités, nous avons hésité avant de nous plonger dans les Macron Leaks, ces milliers de documents obtenus après le piratage de boîtes mails de six cadres de la campagne d’En Marche!. Nous n’ignorions rien des velléités d’instrumentalisation de ceux qui s’en sont fait les relais sur les réseaux sociaux, adeptes des thèses conspirationnistes et des campagnes de désinformation. Nous ne sommes pas davantage naïfs sur leur calendrier et leur stratégie délibérée de perturber l’élection présidentielle, en publiant le vendredi 5 mai, avant-veille du second tour, plus de 15 giga-octets de données internes mêlant « fake news » grossières, mails personnels insignifiants et documents à la légalité invérifiable.

Après deux semaines d’un fastidieux mais nécessaire travail de vérifications, plusieurs éléments ont néanmoins retenu notre attention. Nous avons estimé qu’ils présentaient un intérêt journalistique et public parce qu’ils éclairaient en partie le fonctionnement du système Collomb. Nous faisons aujourd’hui le choix de les publier. Cette décision éditoriale ne revient, en aucune manière, à légitimer les démarches et objectifs des hackers à l’origine de ce piratage.

Outre Jean-Marie Girier, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, nous avons contacté l’équipe d’En Marche!. Celle-ci n’a pas voulu authentifier les documents issus des Macron Leaks.

La rédaction de Mediacités

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents

<