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MOINS de BIENS PLUS de LIENS

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l'esprit est comme un parapluie = ne sert que si il est ouvert ....Faire face à la désinformation


Tensions guerrières : Risques réels de conflit nucléaire ou tentative d'intimidation ?

Publié par Brujitafr sur 16 Avril 2017, 08:04am

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE

Il faut avouer que les récentes actualités de la scène, ou plutôt du théâtre géopolitique sont assez inquiétantes, et laissent entrevoir une possible escalade de l'habituelle narrative belliqueuse des États-Unis. Ces évènements agressifs et en violation avec le droit international, sous couvert d'une lutte se voulant combattre l'état islamique selon Washington et son nouveau président Trump, ne sont en fait selon moi qu'une tentative visant à atteindre plusieurs objectifs.

Nous avons en premier lieu un Trump qui, en totale contradiction avec ses premiers discours, tient à légitimer son autorité de chef de guerre d'une puissance hégémonique, et qui pour cela n'hésite pas à utiliser ses « nouveaux jouets » les plus puissants, à l'image de la démesure architecturale de ses énormes buildings. Chose amusante alors que j'écris ces lignes, je constate un avis similaire de la part du site strategika 51 :

Trump, comme un enfant au pied du sapin de Noël, donne l’impression d’essayer ses nouveaux jouets. Ce n’est pas très mature et vu les dégâts possibles desdits nouveaux jouets, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Vient ensuite sur les décideurs la pression de celui que je nomme le « gouvernement de l'ombre », constitué du lobby militaro-industriel et énergétique, et bien sûr des plus grandes banques qui trouvent leurs intérêts auprès de ceux cités précédemment. Bien évidemment, ce gouvernement invisible n'entend pas se laisser déposséder de cette manne financière gigantesque. De deux choses l'une : Soit Trump - à l'instar des autres président - a dès le départ bien caché son jeu et nous révèle aujourd'hui sa vraie personnalité, soit les moyens de pression utilisés l'ont fait fléchir, comme bien d'autres avant lui.

N'oublions pas non plus les enjeux géo-stratégiques qui existent incluant la Syrie, l'Iran, le Liban, l'Irak ainsi que la Turquie, et du fait de l'importance de la barrière syrienne entre l'Iran et Israël, ce dernier redoutant la capacité nucléaire grandissante de l'Iran. A ce titre, il est utile de mentionner une citation éloquente faite en 2002 sous l'ère interventionniste du président Bush, issue d'un article de Daniel Martin « mais pourquoi veulent-ils éliminer Bachar Al-assad, alors qu’il faudrait le soutenir ? » :

D’abord nous devons en finir avec les régimes terroristes, à commencer par les trois grands : Iran, Irak et Syrie. Puis nous nous occuperons de l’Arabie saoudite …Nous ne voulons de stabilité ni en Irak, ni en Syrie, ni au Liban, ni en Iran ou en Arabie saoudite. Nous voulons que les choses changent. La question n’est pas de savoir s’il faut déstabiliser mais comment le faire.

The War against the Terror Masters (Guerre contre les maîtres de la terreur), Sept 2002, de Michael Ledeen, membre du groupe des néo conservateurs de Georges Bush.

Comme vous le constatez, le message est sans la moindre équivoque quant aux intentions de Washington. Évidemment, le fait que ces derniers aient été évincés par la Russie du théâtre sanglant dont ils sont les instigateurs n'a fait que susciter des intentions vindicatives. Les États-Unis devaient à tout prix trouver un moyen de remettre le pied à l'étrier Syrien et tenter de se débarrasser à nouveau du représentant démocratique du pays (élu à deux reprises par les urnes), Bachar Al-Assad.

Un air de déjà vu

Contre toute attente et en opposition avec le bon sens, on apprend le 6 avril qu'une attaque chimique aurait eue lieu à Khan Cheikhoun, en Syrie. Bachar et son régime sont immédiatement accusés, sans la moindre preuve ni même un début d'enquête, ce qui semble n'être qu'un bis-repetitae du massacre chimique d'août 2013 (attaque de la Ghouta), également imputée au président syrien à la base, et qu'un rapport indépendant du MIT a démenti, contredisant les affirmations occidentales. On peut également évoquer le cas des prétendues armes de destruction massive en Irak, et qui n'ont, comme vous le savez, jamais été trouvées...

Il n'aura fallu que quelques heures pour que, en guise de représailles, les États-Unis frappent une base de l'armée de l'air syrienne au sud de Homs à l'aide de 59 missiles de croisière Tomahawk. A ce propos, seulement 23 missiles de croisière sur les 59 auraient atteints la cible, les autres semblent avoir été interceptés soit par les systèmes de défense S400 russes, soit par leurs homologues S300 syriens, ou encore simplement détournés par les fameux systèmes de brouillage électroniques russes...

On trouve d'ailleurs un article dubitatif du Saker qui émet une théorie intéressante qui indiquerait que cette attaque américaine était largement symbolique, et que les Russes auraient reçu un avertissement de la maison blanche qu'ils auraient, évidemment, transmis aux Syriens, suite à quoi la base aurait été prévenue et évacuée. Cela pourrait être conforté par le constat que seuls quelques vieux avions immobilisés des forces syriennes auraient été atteints par les frappes, ces dernières laissant les pistes d'atterrissage intactes ! Au niveau tactique, c'est vrai que l'on a connu plus efficace.

 

Le Saker émet ici l'hypothèse selon laquelle la Russie aurait été avertie (ou aurait eue vent) de l'attaque américaine imminente, et en aurait fait part aux dirigeants syriens, de sorte que ces derniers y soient préparés. Ce qui ressemble en de nombreux points à une tactique déjà éprouvée en Irak le 16 janvier 1991, ou les États-Unis déclenchaient une vaste guerre aérienne contre l'Irak :

Les irakiens usèrent alors d’une ruse de guerre très ancienne en ayant recours à des leurres peu chers que les forces de la coalition dirigée par Washington s’empressèrent de bombarder avec des missiles et des munitions valant quasiment leurs poids en or.

Face à tant de similitudes et à un si piètre résultat, on peut se demander si toutes ces gesticulations ne sont pas le fruit d'une énorme mascarade organisée, ou encore si les échanges des services de renseignements américains n'ont plus aucun secret pour les services Russes.

Se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent

Il aura fallu peu de temps pour que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France présentent un projet de résolution, demandant la coopération de Damas sur l'attaque chimique de Khan Cheikhoun dans une enquête internationale, qui comme on le sait désormais, sont loin d'être impartiales. Sans surprise, et pour la huitième fois, la Russie y a apposé son véto.

Même le Président bolivien, Evo Morales, a eu un discours clairvoyant sur ces actes :

Je crois et je sens – et j’espère que je ne me trompe pas – que les armes chimiques en Syrie ne sont qu’une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les États-Unis se moquent bien du droit international. Ils l’ignorent lorsque cela les arrange. Les problèmes internationaux entre États doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements. C’est une menace contre la paix et la sécurité internationales.

Derrière une démonstration de force, la volonté d'effacer des preuves

Le 13 avril, nouveau signe d'escalade militaire, on apprend que l'armée américaine a utilisé pour la première fois l'arme la plus puissante dont elle dispose – à l'exception de la bombe atomique – contre une cible de Daesh en Afghanistan. Cette nouvelle attaque faisait-elle parti du plan, ou bien Trump a-t-il voulu procéder à une nouvelle démonstration de force après son lamentable échec du remake de la Ghouta constaté quelques jours avant ? Poutine n'ayant aucune base militaire en Afghanistan susceptible de contrecarrer les plans de l'OTAN, la victoire était évidente, à l'image d'un gros balaise qui moleste un handicapé.

 

Cette « super-bombe », plus connue sous le doux nom de « Mother Of All Bombs » (ou MOAB pour Massive Ordonnance Air Blast), est une bombe guidée thermobarique de 10,3 tonnes, et de près de 8 mètres de long, larguée par avion (ici un C-130). C'est la plus puissante bombe non-nucléaire jamais utilisée par les forces armées des États-Unis. Pour information, et en vue d'équilibrer le rapport de forces, en septembre 2007, la Russie a testé le « père de toutes les bombes », bombe présentée comme quatre fois plus puissante !

Ce qui me conforte dans l'idée d'une démonstration de force de la part des États-Unis, c'est la pertinence douteuse du choix de cette bombe, comme il est écrit dans un article de 20 minutes :

Le général John Nicholson, qui commande les forces américaines en Afghanistan, a estimé que cette bombe était « la bonne munition » pour venir à bout des bunkers et des tunnels que les djihadistes utilisent de plus en plus (...)

Je me permet d’émettre un doute sur ce choix, car il faut savoir que les États-Unis possèdent d'autres bombes nommées « Bunker buster », qui sont des armes à énergie cinétique à charge pénétrante spécialement conçues pour détruire des bunkers et autres tunnels sous-terrains. Ce qui n'est pas le cas de la MOAB, puisque c'est une bombe à effet de souffle qui détonne juste avant de heurter le sol, et donc totalement inadaptée à cette mission anti-bunkers. C'est donc bien une démonstration de force qui a eue lieu, au mépris de l'efficacité.

Histoire d'en rajouter une couche, Edward Snowden révèle que cette mission visait en fait à détruire des traces, avançant que cette frappe visait les tunnels des terroristes dont la construction avait été financée par la CIA dans les années 1980 !

Une volonté de faire plier Kim Jong-un

Mais les tensions ne s'arrêtent pas là, puisque la situation s'envenime également entre Washington et Pyongyang, et selon la chaîne NBC,les États-Unis seraient prêts à lancer une frappe préventive contre la Corée du Nord s'il devient certain que le régime de Kim Jong-un s'apprête à procéder à un nouvel essai nucléaire. La Corée du nord pourrait en effet profiter, selon de nombreux observateurs, du 105ème anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, premier dirigeant du pays, pour marquer l'occasion par un nouveau tir de missile balistique ou même son sixième test nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale. Paradoxalement et dans le même temps, les États-Unis viennent d'effectuer un test de largage d'une bombe nucléaire B61-12...

Donald Trump a d'ailleurs dépêché le porte-avions Carl Vinson vers la péninsule coréenne, escorté par trois navires lance-missiles, et a évoqué une « armada » comprenant également des sous-marins nucléaires, auxquels vient s'ajouter aujourd'hui à la demande de Washington, un destroyer lance-missiles en mer de Chine méridionale. Donald Trump semble donc une nouvelle fois vouloir faire étalage de la force de dissuasion qu'il possède, mais au delà de cette exhibition dont nous sommes coutumiers, le nouveau chef des armées a-t-il l'intention d'aller jusqu'au bout ? Ou bien le gouvernement de l'ombre dont il est la marionnette le fera-t-il à sa place ?

Au vu de ces tensions grandissantes entre la Corée du nord et les États-Unis, le président chinois Xi Jinping a tenté de calmer les ardeurs Otanesques en appelant à une solution pacifique à la crise autour du programme nucléaire nord-coréen. Dans le même temps, les submersibles nucléaires chinois viennent de recevoir le mandat de l’État. En d'autres termes, assurer une seconde frappe de riposte nucléaire en cas d'attaque nucléaire adverse visant les centres vitaux chinois. Autre élément inquiétant selon les dires d'un média iranien, le Japon finaliserait actuellement un plan d'évacuation de 60 000 citoyens de Corée du Sud sur fond de montée des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Évidemment, la réponse du dirigeant Coréen Kim Jong-un ne s'est pas faite attendre, et dans un langage coloré auquel il nous a habitués, celui-ci dit être prêt à la guerre, ainsi qu'à répliquer à toute attaque nucléaire. Concernant ce personnage pour le moins controversé, si beaucoup d'entre-vous ont bien compris les multiples tentatives de manipulation visant à diaboliser Vladimir Poutine, et donc la Russie, je suis pour ma part étonné de constater que cette même lucidité n'ait pas été appliquée à la situation Nord Coréenne, et sur ce point, la propagande médiatique continue de plus belle.

Il faut savoir en effet que la Corée du nord possède de nombreuses raisons historiques et légitimes de détester l'Amérique, et que la désinformation visant à diaboliser ce pays n'est basé que sur une grande tromperie.

Un risque réel de conflit nucléaire ?

Dans une analyse publiée sur Sputnik news évaluant les possibilités dans le cas ou les USA frappaient la Corée du Nord, on peut y lire un passage à mon sens très pertinent :

Les Américains bluffent cette fois manifestement en utilisant l'image d'un « Trump imprévisible » pour faire pression sur la Corée du Nord et la forcer à suspendre son travail sur les missiles intercontinentaux, ou du moins à renoncer aux essais de tels missiles.

Selon cette analyse minimaliste mais néanmoins réaliste, on peut en déduire que toute attaque américaine sur des infrastructures nord-coréennes se solderait par une riposte militaire de la part de ces derniers, aussi bien directement envers les USA, que vers la Corée du sud, ou se situent des bases stratégiques de l'OTAN. De tels actes entrainant des réactions adaptées de la Chine comme de la Russie, ce scénario est à fortiori inenvisageable par Washington. L'option la moins risquée consisterait de la part des États-Unis à faire échouer l'essai balistique en détruisant en plein vol le missile après son décollage. Ce qui aurait également pour effet de montrer une supériorité américaine tout en humiliant Kim Jong-un et ses forces militaires.Peut-être est-ce pour cette raison que Kim Jong-un aurait récemment ordonné la déportation de près de 600 000 habitants de Pyongyang vers la banlieue, selon un quotidien sud-coréen.

D'un autre coté, toute inaction ou retrait des forces américaines seraient perçues comme un acte symbolique de faiblesse, ce que Trump et l'OTAN ne peuvent se permettre. Parallèlement, Donald Trump exerce une pression commerciale sur la Chine, menaçant depuis 2016 d'un traité commercial avec Taïwan très pénalisant pour les échanges sino-américains, invitant ainsi le président chinois Xi Jinping à faire à son tour pression sur la Corée du nord. La situation est donc plus complexe qu'il n'y parait, et Trump s'est embourbé dans une situation ou le moindre faux pas pourrait s'avérer risqué, et ou le moindre rétro-pédalage signerait son échec. Cette situation n'est pas équivalente à celle de la crise des missiles de Cuba de 1962, mais comme nous l'avons vu, des risquent existent pourtant bel et bien.

Une autre possibilité consisterait en un acte sous fausse bannière (false-flag) dont ils ont le secret, réalisé sur le sol d'un autre pays (ou sur son propre sol), donnant ainsi aux États-Unis un prétexte au départ prompt de ses forces navales des côtes coréennes. L'honneur serait ainsi sauf pour l'Oncle Sam, qui aurait ainsi mieux à faire. Quoiqu'il en soit - et même si je peux me tromper, il apparaît peu probable qu'un conflit nucléaire voit le jour. Un tel conflit ne permettrait aucun vainqueur et serait dévastateur en termes de pertes humaines et matérielles, et quand bien même de nombreux milliardaires possèdent un bunker sous-terrain conçu pour ce scénario, je doute que pour eux, vivre des années sans voir la lumière du jour en mangeant de la nourriture déshydratée soit la panacée.

Reste qu'il est raisonnablement impossible d'être affirmatif au vu de la situation actuelle, et il suffit d'une mauvaise appréciation stratégique d'une part ou de l'autre pour que la situation dégénère très rapidement en hiver nucléaire, risque que tout dirigeant ne connaît que trop bien, Trump y compris. Mais c'est aussi en distillant continuellement cette peur que les États-Unis ont bâti leur empire, et continueront à manipuler les esprits et façonner le monde à leur bon vouloir...

« De tous les dangers, le plus grand et le plus réel, c'est la peur. » (Émile de Girardin)

Le Veilleur



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