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Présidentielle : faut-il réformer l’allocation chômage ?

FRANCE: réduction de l'allocation chômage en vue

 

Faut-il durcir les règles d'indemnisation du chômage ? Le débat a surgi alors que la France a l'un des systèmes les plus généreux d'Europe.

Les chômeurs seraient-ils en France trop bien traités ? Le sujet a été mis sur la table par deux des prétendants sérieux à l'Elysée, François Fillon et Emmanuel Macron. Le premier défend la dégressivité des allocations, supprimée en 2001, tandis que le second veut que les chômeurs ne puissent refuser plus d'une offre d'emploi. Un peu sur le modèle anglais.

 

5,515 millions de chômeurs en février

 

Ce débat a surgi sur fond de bilan accablant du quinquennat. En 2012, la France comptait 4,627 millions de chômeurs, dont 3,132 millions en catégorie A (sans aucune activité). Les derniers chiffres, publiés fin mars, montrent que leur nombre a grimpé en février à 5,515 millions, dont 3,464 millions en catégorie A. Soit près de 900 000 chômeurs de plus en cinq ans !

 

 

QUESTION DU JOUR. Le système français d'indemnisation du chômage est-il satisfaisant ?

 

 

 

Certes, sur les douze derniers mois, 113 000 chômeurs de catégorie A ont retrouvé du travail et le recul est de 8 % pour les moins de 25 ans. Fin 2016, la fameuse inversion de la courbe, promise par François Hollande pour... 2013, a même pris forme. Mais trop tard, de l'aveu même du chef de l'Etat.

 

Plus inquiétant, si l'économie a recommencé à créer des emplois, la France est l'un des pays qui ont le moins profité de la reprise, avec un taux de chômage de 10 %, supérieur à la moyenne de l'UE (voir infographie). Et les comptes de l'Assurance chômage, gérés par syndicats et patronat, sont plombés par un déficit de 4 Mds€ et une dette de 30 Mds€.

 

Il est vrai que notre pays a l'un des systèmes parmi les plus généreux en Europe (lire ci-contre). « Prenez le plafond d'indemnisation, il est à plus de 6 000 € par mois en France, c'est trois fois plus qu'en Allemagne, pointe Michel Gire, expert du monde du travail au cabinet de conseil GMBA Baker Tilly. De hauts revenus en profitent pour faire un break de six mois. » Autre problème, « avec la rupture conventionnelle, l'Assurance chômage finance aussi ceux qui veulent changer de vie ou créer leur entreprise. Ce n'est pas vraiment le but ».

 

>>Notre rubrique «Thèmes de campagne»

 

Pour résorber le déficit de l'Unédic, patronat et syndicats ont trouvé en mars un accord sur un plan annuel de 900 M€ d'économies qui durcit l'indemnisation des chômeurs de plus de 50 ans. « Un accord à la marge », tacle Michel Gire. Une réforme ambitieuse passerait, selon lui, par la révision à la baisse du plafond d'indemnisation et la création d'un plancher correspondant à l'unification des minima sociaux, comme le suggère Benoît Hamon. Entre les deux, il prône « un système dégressif plus incitatif » et une prise en charge initiale axée sur l'apprentissage et la formation en alternance. « Nous avons, conclut-il, un énorme retard sur l'Allemagne. »

 

 

4,2 Mds€

C’est le déficit attendu de l’Unédic, organisme paritaire qui gère l’assurance chômage, en 2016. Et la dette atteindrait 30 Mds€. Pourtant, le taux de cotisation est en France assez élevé. Il est de 6,4 %, dont 4 % à la charge de l’employeur et 2,4 % pour le salarié, contre 3 % en Allemagne.

 

 

 

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source

LES PROPOSITIONS DES CANDIDATS

 
Le candidat de la
France insoumise
promet une « Sécurité sociale intégrale »
indemnisant les chômeurs « dès le
premier jour ». L’allocation serait
versée jusqu’au retour à l’emploi ou
l’attribution par l’Etat d’une mission
d’intérêt général dans le cadre du
« droit opposable à l’emploi ». Il
veut refonder Pôle emploi et donner
le choix aux artisans, commerçants,
autoentrepreneurs, chefs
d’entreprise, etc. de s’affilier au
régime général plutôt qu’au RSI
.
Le candidat PS,
qui ne
prévoit pas de toucher au système
actuel d’indemnisation du chômage,
mise sur son revenu universel
d’existence pour augmenter le
revenu des chômeurs. Il
« s’additionnerait aux allocations »,
qui entreraient « dans la base de
calcul du revenu universel »,
expliquent ses conseillers
économiques. Il propose d’étendre
l’allocation aux travailleurs
indépendants, c’est-à-dire
d’instaurer « un droit à l’échec ».
Le candidat
d’En Marche !
veut ouvrir
l’assurance chômage
aux travailleurs indépendants
et aux salariés démissionnaires.
En contrepartie de ces nouveaux
droits, le contrôle de la recherche
d’emploi sera accru. Le chômeur
ne pourra pas refuser deux offres
d’emploi « décent », selon
des critères de salaire et
de qualification. Il veut aussi que
l’Etat reprenne la main sur
la gestion de l’Unédic.
Le candidat LR
vise le
retour au plein-emploi. Dans ce but,
il propose de réformer en
profondeur le régime de l’assurance
chômage. Ainsi, il veut stimuler la
reprise d’une activité en instaurant
la dégressivité des allocations. Il
propose aussi de rendre obligatoire
la motivation des refus d’emploi et
de sanctionner un deuxième refus
insuffisamment motivé. Il prévoit
enfin un retour à l’équilibre de
l’Unédic en 2022, à défaut l’Etat
reprendrait la main.
La candidate FN
n’envisage pas de modifier
le système actuel de l’assurance
chômage. Son programme, dont
l’une des mesures phares est
la « priorité nationale à l’emploi
des Français », indique simplement
que le produit de la « taxe
additionnelle », qu’elle veut
instaurer sur l’embauche d’un
salarié étranger, viendra financer
l’assurance chômage. Elle veut,

 

 

Allocation chômage : la France parmi les pays les plus généreux en Europe

 

Le système français d'assurance chômage est-il plus généreux que chez nos voisins européens ? Pas toujours facile de comparer. Ainsi, en Grande-Bretagne, pas tendre avec ses demandeurs d'emploi (lire ci-dessous), « l'Etat prend en charge leur loyer, ce qui change notablement leur situation », relève Gérard Cornilleau, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Mais, globalement, si l'on prend les critères principaux — conditions d'accès, durée et montant de l'allocation —, la France se situe dans la moyenne haute.

 

Quand un chômeur peut-il être indemnisé ?

En France, dès qu'un salarié a travaillé 4 mois (ou 610 heures) au cours des 28 derniers mois, il bénéficie de 4 mois d'indemnisation. « Avec ce système, la France a su tenir compte des évolutions du marché du travail », indique-t-on à l'Unédic. Façon pudique d'évoquer la multiplication des contrats courts de moins de trois mois plus nombreux chez nous qu'en Allemagne, par exemple. Ailleurs en Europe, il n'y a guère que l'Italie qui fait mieux (3 mois), la norme se situant entre 6 mois (Suède, Finlande, Pays-Bas) et 12 mois (Espagne, Allemagne).

 

 

>> A LIRE. Faut-il réformer l’allocation chômage ?

 

Quelle est la durée d'indemnisation ?

La Belgique est une exception avec une indemnisation en principe illimitée. En France, elle varie de 4 à 24 mois et même 36 mois pour les plus de 55 ans (à partir du 1er septembre), ce qui situe la France dans la fourchette haute. Ailleurs, l'indemnisation varie de 9 à 24 mois en Suisse, 6 à 12 mois au Luxembourg, et s'arrête dès 9 mois en Irlande et après 6 mois en Grande-Bretagne.

 

QUESTION DU JOUR. Le système français d'indemnisation du chômage est-il satisfaisant ?

 

 

À combien se montent les allocations ?

L'indemnisation est fonction de l'ancien salaire (sauf en Grande-Bretagne, Irlande, Finlande et Suède, où elle est forfaitaire). La part de son ancien salaire que garde le chômeur — le « taux de remplacement » — est comprise en France entre 57 % et 75 % de son salaire brut (contre 60 % à 67 % outre-Rhin et 90 % au Danemark) avec une particularité : la France a le plafond le plus élevé d'Europe. Alors que les chômeurs touchent en moyenne 1 100 € par mois, le plafond est fixé à 6 357 € net contre 3 751 E€ en Espagne, 2 620 € en Allemagne et 1 655 € en Belgique.

 

Les indemnités sont-elles dégressives ?

En France, elles sont fixes toute la durée de l'indemnisation. C'est aussi le cas en Allemagne, au Luxembourg ou en Finlande. Elles sont dégressives en Espagne (70 % puis 50 % à partir du septième mois), en Italie (75 %, puis 3 % de moins par mois à partir du quatrième mois) ou au Portugal (65 % du salaire puis 55 % après 6 mois).

Le régime anglais bien plus dur

Imaginez Brian, 32 ans, serveur dans un pub londonien depuis cinq ans. Du jour au lendemain, il est licencié. Il va alors suivre le parcours de tout chômeur britannique. Dans les deux jours, il décroche un premier rendez-vous au Jobcentre Plus, l’équivalent de Pôle emploi. Dans la salle d’attente, un ingénieur patiente. Ils toucheront tous deux la même allocation de 400 € par mois pendant six mois. Car en Angleterre, un cadre et un ouvrier touchent la même « prime ». En France, elle est fonction du dernier salaire. 

 

Retour au Jobcentre où Brian est arrivé pile à l'heure. Heureusement, car dix minutes de retard et ses allocations auraient pu être coupées ! « A la première entrevue, le chômeur s'engage à chercher du travail, explique Len Shackleton, professeur d'économie à l'université de Buckingham. Toutes les deux semaines, il doit prouver qu'il prospecte activement 35 heures par semaine ou qu'il s'est rendu à un entretien d'embauche. » Sur le site du Pôle emploi anglais, les connexions et les clics sont d'ailleurs enregistrés.

 

Pendant trois mois, Brian doit postuler à des offres correspondant à son ancien job. « Les allocations peuvent être suspendues, jusqu'à trois ans, si la personne refuse une annonce adéquate ou si elle n'assiste pas à une formation obligatoire », explique Len Shackleton.

 

A partir de la treizième semaine, on plonge dans l'ambiance du film de Ken Loach primé à Cannes « Moi, Daniel Blake », dans lequel un chômeur subit les méthodes inhumaines d'un opérateur du Jobcentre. Ce dernier peut « exercer une pression sur Brian afin qu'il accepte n'importe quel job dit approprié », confirme le professeur d'économie. En France, même après plus d'un an, Pôle emploi laisse encore le chômeur chercher dans son secteur...

 

Très strict, le régime anglais semble aussi plus efficace. Mais si, côté face, le Royaume-Uni connaît un taux de chômage de 4,7 % contre 10 % en France, côté pile, le marché de l'emploi y est synonyme d'emplois précaires. Aujourd'hui, plus d'un million de travailleurs sont employés sans garantie d'un nombre d'heures minimal et au salaire le plus bas de 7,30 EUR de l'heure, au lieu d'un smic horaire de 9,80 € de ce côté-ci de la Manche.

 

Lilas-Apollonia Fournier

 

 

Tag(s) : #ACTUALITES, #VIE QUOTIDIENNE

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