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Peu de réactions internationales dans les heures qui ont suivi le résultat du premier tour de l’élection présidentielle. Les premières sont venues de Berlin et de Bruxelles

Emmanuel Macron, le 23 avril. / ERIC FEFERBERG/AFP

Les principaux leaders internationaux sont restés discrets le 23 avril après le résultat du premier tour de l’élection présidentielle.

Dans la soirée, le premier à réagir officiellement au résultat sorti des urnes est le chef de la diplomatie allemande et vice-chancelier d’Angela Merkel, le social-démocrate Sigmar Gabriel, lui aussi à l’occasion d’un déplacement loin de ses bases. Dans un message vidéo sur Twitter depuis Amman, où il se trouve, l’ancien leader du SPD – remplacé en 2017 par Martin Schulz à ce poste – s’est dit « sûr » qu’Emmanuel Macron serait élu président au second tour. « Bien sûr je suis heureux (…), je suis heureux qu’Emmanuel Macron devienne le prochain président français », a-t-il déclaré.

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Le « seul candidat vraiment proeuropéen »

Sigmar Gabriel, qui a qualifié l’ancien ministre français de l’Économie de « seul candidat vraiment proeuropéen » dans l’élection française, s’est dit convaincu qu’il ferait « un excellent président ».

La chancelière allemande a officiellement réagi un peu plus tard dimanche soir, à travers son porte-parole, en souhaitant « bonne chance » à Emmanuel Macron. « C’est bien que @EmmanuelMacron a eu du succès avec sa position pour une UE forte + une économie sociale de marché. Bonne chance pour les deux prochaines semaines », a dit Steffen Seibert sur son compte Twitter.

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On devine son soulagement en effet. Échaudée à la fois par le Brexit en Grande Bretagne et par la victoire de Donald Trump aux États-Unis, Angela Merkel se disait ouvertement inquiète à l’idée que Marine Le Pen arrive en tête après le premier tour et crée ensuite un élan pour l’emporter.

L’attestent notamment les propos tenus il y a plus d’un mois par son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble : « Si Madame Le Pen devenait présidente, obtenait ensuite la majorité à l’Assemblée nationale et faisait ce qu’elle a annoncé, alors l’Union européenne et l’Union monétaire dans leur forme actuelle seraient naturellement dans une crise existentielle. Ce serait la fin. »

On se souvient qu’Angela Merkel avait reçu le leader d’En Marche à Berlin à la mi-mars, de façon « informelle et confidentielle », durant une heure. Les observateurs à l’époque, alors que François Fillon, allié « naturel » des chrétiens-démocrates, le parti d’Angela Merkel, était en pleine tourmente, mettaient en avant les convictions pro-européennes affichées par Emmanuel Macron. Ils relevaient aussi sa volonté d’entreprendre des réformes pour la France, séduisantes aux yeux de Berlin. Autant d’éléments de convergences clairs entre le gouvernement allemand et le candidat désormais grand favori pour l’élection présidentielle en France.

Les félicitations de Jean-Claude Juncker

Côté européen, Jean-Claude Juncker a lui aussi félicité Emmanuel Macron dans la soirée. Le président de la Commission européenne avait déclaré quarante-huit heures plus tôt ne pas voir la nécessité d’un « plan d’urgence » pour l’élection présidentielle française, jugeant l’UE assez forte pour survivre à une victoire de Marine Le Pen. Il avait souligné que l’échéance française était « une nouvelle opportunité pour la démocratie ».

À lire : Élection présidentielle 2017 : la carte des résultats

Autre réaction européenne, celle du président de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S & D) au Parlement européen, l’Italien Gianni Pittella.

L’eurodéputé qui s’est dit « déçu par le résultat de Benoît Hamon, (…) le seul candidat à avoir défendu un programme proeuropéen progressiste, avec des propositions innovantes », n’en a pas moins salué « un message clair que l’on ne peut ignorer. Pour le bien de la France et de l’Europe tout entière, il faut désormais unir toutes les forces démocrates au second tour pour faire barrage au Front National ».

 

Bruxelles soulagé de la première place de Macron, Trump garde le silence

 

Russie y voit un "mondialiste pro-américain"

Marine Le Pen est ainsi la prétendante à l’Elysée la plus connue en Russie, où elle a bénéficié d’un prêt de 9 millions d’euros accordé par une banque russe en 2014.

Pas un mot sur Emmanuel Macron. Pro-européen, le candidat d’En marche ! est perçu comme un obstacle au « monde multipolaire » que le Kremlin voudrait imposer. Dépeint comme un « mondialiste pro-américain » et le « chouchou des médias », le voici désormais présenté comme le successeur de François Hollande avec lequel les relations se sont dégradées, notamment sur le dossier syrien.


 
Tag(s) : #ACTUALITES, #Présidentielles 2017, #POLITIQUE

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