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Attaque au Parlement de Londres, cinq morts, de nombreux blessés
Attaque au Parlement de Londres, cinq morts, de nombreux blessés

(Aaron Tsang / Storyful)

* Attentat à la voiture-bélier et à l'arme blanche 
    * L'assaillant a été abattu après avoir poignardé un policier 
    * L'attaque survient un an après les attentats de Bruxelles 
    * Trois lycéens français sont au nombre des blessés 
 
 (Bilan actualisé, précisions, récit d'un journaliste qui a assisté à l'attaque à l'arme blanche) 
    par Toby Melville et William James 

    LONDRES, 23 mars (Reuters) - L'attentat à la voiture bélier 
et à l'arme blanche qui a frappé mercredi le centre de Londres 
près du Parlement britannique a fait cinq morts dont 
l'assaillant et était vraisemblablement lié au "terrorisme 
islamiste", ont annoncé les autorités. 
    L'assaillant, qui a vraisemblablement agi seul selon le chef 
de l'antiterrorisme britannique, Mark Rowley, a d'abord lancé 
son véhicule contre la foule, sur le pont de Westminster, avant 
de s'écraser sur des grilles qui entourent le Parlement.  
    Armé d'un couteau, il s'est introduit dans l'enceinte du 
Parlement, y a poignardé un policier avant d'être abattu par la 
police dans une cour intérieure au pied de Big Ben. 
    Trois lycéens français, originaires de Concarneau, en 
Bretagne, figurent au nombre des blessés. 

Trois élèves du lycée Saint-Joseph de Concarneau (Finistère), qui se trouvaient en voyage scolaire outre-Manche, figurent parmi les blessés de l'attaque survenue mercredi à Londres, ont annoncé le ministère des Affaires étrangères et la préfecture du Finistère.

Selon un responsable de la préfecture, il y a parmi les lycéens de Concarneau "trois blessés dont deux graves, avec des fractures lourdes mais il n'y a pas de pronostic vital engagé". Ces trois élèves, qui ont été hospitalisés, faisaient partie d'un groupe de 92 ou 93 jeunes en voyage scolaire à Londres, a déclaré à l'AFP Bernard Musset, sous-préfet de Châteaulin de permanence. source

Devant le lycée Saint-Joseph de Concarneau, dans le Finistère, le 22 mars 2017 / AFP

Devant le lycée Saint-Joseph de Concarneau, dans le Finistère, le 22 mars 2017 / AFP





       
    Cette attaque est survenue un an jour pour jour après les 
attentats de Bruxelles, qui ont fait 32 morts à l'aéroport 
Zaventem puis dans une station de métro.   
    La Première ministre britannique, Theresa May, a relevé que 
le lieu de l'attaque, qu'elle a qualifiée de "répugnante et 
ignoble", n'était pas un hasard.  
    "Le terroriste a choisi de frapper au coeur de notre 
capitale, là où les gens de toutes nationalités, de toutes  
religions, de toutes cultures se rassemblent pour célébrer les 
valeurs de liberté, de démocratie et de liberté d'expression", 
a-t-elle dit devant sa résidence du 10, Downing Street.  
    Les tentatives de renversement de ces valeurs sont vouées à 
l'échec a-t-elle ajouté.      
    L'enquête de la police s'oriente vers un attentat lié "au 
terrorisme islamiste", a précisé le chef de l'antiterrorisme. La 
police pense avoir identifié le tueur mais ne fournira pas de 
précisions à ce stade, a-t-il dit. 
     
    "LOUPS SOLITAIRES" 
    C'est l'attentat le plus meurtrier depuis ceux de juillet 
2005. Quatre islamistes britanniques avaient tué 52 personnes 
lors d'attaques suicide dans les transports londoniens. 
    En mai 2013, deux islamistes britanniques ont tué à l'arme 
blanche un soldat dans une rue du sud-est de Londres. 
    Le mode opératoire de l'attaque de Londres rappelle celui de 
l'attentat de Nice le 14 juillet dernier, qui a fait 86 morts, 
et celui de Berlin en décembre, commis également par un homme 
seul au volant d'un camion, qui a fait 12 morts.  
    Ces deux attaques ont été revendiquées par le groupe Etat 
islamique (EI). Commis par des "loups solitaires", des attentats 
de ce type sont faciles à organiser, relèvent les experts. 
    "Ce genre d'attaque ne nécessite pas de préparation 
particulière, c'est très low cost, c'est à la portée de 
n'importe qui", explique le député socialiste français Sébastien 
Pietrasanta. "Il s'agit souvent de passage à l'acte individuels. 
Ça peut être assez spontané". 
    Pour Jean-Charles Brisard, président d'un groupe de 
réflexion sur le terrorisme, l'attaque commise mercredi à 
Londres est manifestement "rudimentaire dans sa conception". 
    "On a des attentats de plus en plus imprévisibles 
aujourd'hui, avec des armes rudimentaires, armes de poing, armes 
blanches, véhicules", dit-il.   
    Les journalistes de Reuters présents à l'intérieur du 
Parlement mercredi au moment de l'attaque ont entendu des bruits 
très forts et, peu après, ont vu l'homme au couteau et le 
policier poignardé gisant au sol dans une cour à l'intérieur de 
l'enceinte du Parlement. 
    Un photographe de Reuters a vu une dizaine de personnes 
blessées sur le pont. Les photos qu'il a prises montrent des 
personnes gisant au sol, pour certaines saignant abondamment, 
ainsi que l'une sous un autobus. 
    Une femme tombée dans la Tamise en a été repêchée avec de 
graves blessures, a annoncé l'Autorité portuaire de la capitale. 
     
    INCONSCIENT 
    Plusieurs parlementaires et membres du gouvernement ont été 
pris dans la confusion. Une photographie montre le député 
conservateur et membre du gouvernement Tobias Ellwood tentant de 
ranimer un homme gisant à terre, inconscient, et qui est 
apparemment le policier poignardé par l'assaillant.     
    Le maire de Londres, Sadiq Khan, a annoncé le déploiement de 
policiers supplémentaire dans les rues de la capitale. "Les 
Londoniens ne céderont jamais au terrorisme", a-t-il promis. 
    Le Royaume-Uni reste au deuxième niveau le plus élevé pour 
ce qui est de l'alerte à la sécurité, soit "grave", ce qui 
signifie que la probabilité d'attentats est jugée forte. 
    La Chambre des Communes, qui était en séance, a interrompu 
ses travaux et les députés ont reçu ordre de rester à 
l'intérieur du bâtiment pendant plusieurs heures.  
    Theresa May, qui a présidé dans la soirée une réunion de 
crise, a indiqué que le Parlement reprendrait ses travaux jeudi. 
    Le président François Hollande s'est entretenu avec elle au 
téléphone et lui a adressé les condoléances de la France. Un 
avion de la flotte gouvernementale devait partir dans la soirée 
pour Londres avec les familles des trois lycéens blessés. 

    Le président américain, Donald Trump, la chancelière 
allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre canadien, 
Justin Trudeau, ont été parmi les premiers dirigeants étrangers 
à exprimer leur soutien au gouvernement britannique. 
    Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw 
Sikorski, qui se trouvait dans un taxi lors de l'attaque sur le 
pont dit avoir vu cinq victimes et pris une vidéo de la scène.  
    Le journaliste Quentin Letts du Daily Mail a raconté à la 
station de radio LBC qu'il avait assisté de son bureau au 
Parlement à l'attaque du policier à l'arme blanche et à la mort 
de l'agresseur. 
    "Il (l'agresseur) est arrivé en courant par les portes 
ouvertes (...) Il s'en est pris à l'un des policiers avec ce qui 
semblait être un bâton", a déclaré le journaliste. 
    "Le policier est tombé par terre (...) et après, il (...) 
est parti en courant vers l'entrée de la Chambre des communes 
utilisée par les parlementaires et a fait une vingtaine de 
mètres quand deux types armés en civil ont tiré sur lui."    
 
 (Avec Kylie Maclellan, Elizabeth Piper et la rédaction de 
Londres et Adrian Croft à Paris, Eric Faye, Gilles Trequesser et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
Tag(s) : #ACTUALITES

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