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La pression monte d’un cran sur la dette française

Publié par Brujitafr sur 2 Février 2017, 11:12am

Catégories : #ACTUALITES, #ECONOMIE - FINANCE

La pression monte d’un cran sur la dette française

La dette française semble particulièrement exposée aux anticipations de remontée de l'inflation et à la hausse du risque politique. Le spread entre le rendement de l’OAT et du Bund allemand à 10 ans a atteint un niveau de 60 pb hier, au haut depuis janvier 2014. Depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche qui a ravivé les craintes d’un vote populiste en France, il s’est écarté de plus de 30 pb. En hausse de près de 80 pb depuis fin octobre et de 20 pb en une semaine, le rendement 10 ans est même repassé au-dessus du seuil de 1%. Si les investisseurs non résidents ont intégré une prime de risque politique avant le résultat de l’élection présidentielle début mai, d’autres facteurs jouent en défaveur de la dette française.

Prime de risque jusqu'à la présidentielle

«La constitution d’un stock de vendeurs s’est surtout faite par l’intermédiaire du marché des futures à 10 ans sur l’OAT, avec une explosion des positions ouvertes sur ces contrats qui sont devenues très fortement nettes vendeuses. Le marché des OAT bénéficie d’une liquidité relativement importante qui le rend plus vulnérable que les autres marchés européens, dont certains sont pourtant aussi confrontés à un risque politique élevé», explique Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis. Malgré le risque de percée en mars du parti d'extrême droite aux Pays-Bas, l'écart entre taux français et néerlandais est passé de 19 à 44 pb en trois mois. La France a aussi fait moins bien que l’Espagne sur la période, avec un spread entre les deux pays qui s’est resserré de 25 pb, pour revenir à 54 pb, son plus niveau bas depuis avril 2010.

Les obligations françaises ont aussi été pénalisées par le fort volume d’émissions d’OAT à long terme réalisé par l’Agence France Trésor (AFT). Avec un démarrage très fort du marché primaire français sur la partie comprise entre 5 et 25 ans dès la première semaine de l’année, poursuivi par l’émission de la première «OAT verte» la semaine dernière, l’AFT a vendu 24 milliards d’euros d’OAT de maturités supérieures à 10 ans en janvier. «Si la France est redevenue attractive en termes de rendement absolu, la prime de risque réclamée par les investisseurs sur sa dette devrait perdurer jusqu’à la fin des élections», estime Cyril Regnat. Consciente de ce risque, l’AFT a d’ailleurs réduit la taille et la maturité des titres qui seront adjugés jeudi à un montant cible de 7 milliards d’euros à 10 et 15 ans.

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