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MOINS de BIENS PLUS de LIENS

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l'esprit est comme un parapluie = ne sert que si il est ouvert ....Faire face à la désinformation


À Bruxelles, plongez dans la discrète mais intense bataille que les lobbies livrent à l’intérêt général…

Publié par Brujitafr sur 28 Janvier 2017, 09:04am

Catégories : #ACTUALITES, #EUROPE

Nous connaissons tous, les « bienfaits » de l’Europe sur nos vies, depuis qu’un teigneux à talonnettes, nous a intégré d’office dans cet « oignon multicouches » que nous avions refusé en 2005. Ceux qui la défendent n’ont évidemment pas les mêmes préoccupations et n’hésitent pas à faire du chantage à l’emploi pour arriver à leur fin.

À Bruxelles, plongez dans la discrète mais intense bataille que les lobbies livrent à l’intérêt général…

Plus de 10 000 organisations sont enregistrées à Bruxelles sur le registre officiel des lobbys de l’Union européenne, dont environ un millier sont françaises. Parmi elles, quelques ONG, mais surtout des grandes entreprises, des associations industrielles et des cabinets de consultants. Comment ces lobbyistes défendant les intérêts des milieux d’affaires œuvrent-ils pour faire entendre leurs positions auprès des décideurs européens ? Tous les acteurs de cette scène combattent-ils à armes égales ? Plongée au cœur du quartier européen de Bruxelles.

 

« Un jour, un collègue de mon cabinet me contacte. Une entreprise cliente va être obligée de transférer des lignes de production à l’extérieur de l’Union européenne. A cause du règlement Reach sur les substances chimiques [1] : un produit utilisé comme solvant dans un processus de fabrication ne sera plus autorisé dans l’Union. Cela signifie 150 emplois et 50 millions d’euros d’investissements qui vont partir ailleurs. Je lui réponds : “ Il faut en parler avec la Commission et l’agence Reach”. Des périodes transitoires sont possibles. ».

C’est ainsi qu’Hervé Jouanjean résume son nouveau travail depuis son bureau bruxellois. Avant ? Il était directeur général du Budget de la Commission européenne, après être passé par la direction générale au Commerce. C’est-à-dire les instances mêmes auprès desquelles il exerce désormais son activité de lobbying. À peine libéré par son ancien employeur, en 2014, le tout nouveau retraité devient consultant pour l’antenne bruxelloise d’un grand cabinet d’avocats français. La Commission, principal organe de pouvoir au sein de l’Union européenne (UE), Hervé Jouanjean la connaît donc très bien. Ce phénomène des « portes tournantes » – autrement dit des allées et venues entre Commission et secteur privé – est régulièrement dénoncé par les ONG bruxelloises.

Au-delà des cas emblématiques des anciens commissaires européens comme Manuel Barroso passé chez Goldman Sachs ou Connie Hedegaard chez Volkswagen [2], le phénomène concerne tous les échelons hiérarchiques de la Commission, et expliquerait en grande partie sa réceptivité aux arguments des lobbys. Des accusations que Hervé Jouanjean réfute, expliquant respecter à la lettre les règles déontologiques en vigueur. « J’ai quelques contacts qui me permettent d’être pris au téléphone, mais je les dérange peu. Ils savent que je suis sérieux sinon ils ne perdraient pas leur temps avec moi. Il faut d’abord des dossiers solides, c’est ce que j’explique aux clients quand je dis que la Commission travaille pour eux et non contre eux », explique le consultant.

Mille acteurs français impliqués dans le lobbying à Bruxelles

« Pour cette entreprise, j’ai proposé de rencontrer la Commission, de mettre le problème sur la table et d’examiner si, véritablement, il est aussi compliqué que cela d’obtenir une dérogation transitoire. Le dossier était solide : l’entreprise mettait de bonne foi en place un projet alternatif pour respecter Reach. Mais cela prend des années. Nous sommes donc entrés en contact avec la Commission et avec l’agence Reach, qui nous ont expliqué qu’elles étaient là pour aider et non pour tuer des emplois. »

…/…

Total, Engie, EDF : plus de 2 millions d’euros par an en lobbying

Le pétrolier Total, par exemple, a dépensé plus de 2,5 millions d’euros de frais de lobbying auprès des institutions européennes en 2015. L’entreprise pétrolière emploie six lobbyistes permanents, tous accrédités auprès du Parlement européen. Total agit aussi directement auprès de la Commission : elle a décroché sept rendez-vous avec ses représentants en 2015. Dont l’une directement avec le commissaire à l’Énergie et au Climat, Miguel Arias Cañete [4]. De quoi faire valoir les positions de Total au plus haut niveau. Il s’agissait alors d’évoquer avec lui les possibilités d’investissement en Iran dans la perspective de la fin des sanctions économiques contre la République islamique, après l’accord obtenu sur son programme nucléaire.

Les trois entreprises françaises qui dépensent le plus pour défendre leurs intérêts auprès de la Commission sont toutes issues du secteur de l’énergie. EDF et Engie ont respectivement 14 et 13 lobbyistes « maison » enregistrés à Bruxelles, et déboursent chacune plus de 2,25 millions d’euros de frais de lobbying auprès des institutions européennes [5]. C’est finalement peu au regard des financements européens reçus par ces deux entreprises : 113 millions d’euros pour Engie l’an passé, plus de 3,5 millions pour EDF.

Pour influer au mieux, multiplier les canaux

Et encore, s’il n’y avait que les lobbyistes des grandes multinationales, ou des cabinets conseillant telle ou telle entreprise de taille intermédiaire… « Une grande firme adhère à une kyrielle de fédérations. Ainsi, le plus souvent, une même position est portée par huit ou neuf canaux », explique le sociologue Sylvain Laurens, auteur du livre Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles [6], et qui a étudié pendant plusieurs années le milieu du lobbying bruxellois.

Exemple ? Le secteur automobile français. Michelin, Renault, Peugeot ont leurs propres représentants à Bruxelles et sont directement inscrits au registre européen des lobbies. De même que le Comité des constructeurs automobile français, que l’Association européenne des constructeurs automobiles ou que le Conseil national des professionnels de l’automobile, autant de fédérations auxquelles les industriels de l’automobile sont adhérents. « Comme lobbyiste, vous êtes meilleur si vous défendez les intérêts du secteur, et pas seulement de votre entreprise », assure Antoine Féral, ancien lobbyiste pour un groupe automobile français. Il travaille depuis vingt ans à Bruxelles. Il a étudié au Collège d’Europe, la formation privilégiée des fonctionnaires et des lobbyistes européens, avant de travailler deux ans pour la Commission, puis comme assistant parlementaire, avant d’être recruté par le secteur privé.

« Approcher l’échelon de base, car c’est là que se rédigent les textes »

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« Ce sont les anti-OGM, les anti-pesticides qui fixent l’agenda »

C’est l’argument central des lobbyistes présents à Bruxelles : leur activité s’inscrit dans le débat démocratique. Les ONG n’ont-elles pas également la possibilité de faire entendre leurs voix ? « Le lobbying, c’est le contre-pouvoir de la société civile au sens large. C’est à dire celui des ONG, des milieux professionnels, des consommateurs, des syndicats qui essaient de peser sur les processus de décision communautaires pour faire valoir leur point de vue. Le lobbying fait partie intégrante du processus décisionnel à Bruxelles », estime par exemple Daniel Guéguen, lobbyiste auprès de l’Union européenne depuis quarante ans.

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L’industrie chimique : dix fois plus puissante que Greenpeace

Impression subjective d’un lobbyiste ou réalité des discrets rapports de force à l’œuvre, à chaque échelon de l’administration communautaire ? Les organisations non gouvernementales ont réussi à forcer un véritable débat politique sur des sujets que la Commission et le secteur privé auraient préféré gérer discrètement, en se cantonnant au plan technique. À l’exemple du débat public sur le traité transatlantique de libre-échange (le Tafta), ou de celui sur les dangers des perturbateurs endocriniens, avec la multiplication des alertes de scientifiques sur le sujet [7]. Cela suffit-il à conclure que les ONG seraient de taille à affronter les lobbyistes défendant de puissants intérêts privés ?

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« J’aime la confrontation idéologique et technique »

À la décharge des lobbyistes, la grande majorité de leur activité ne relève pas du scandale politico-financier, même si cela existe. En 2012, une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude révèle qu’en échange de 60 millions d’euros, le commissaire à la Santé de l’époque, le Maltais John Dalli, était prêt à adoucir la directive sur le tabac [9]. Le scandale a pris le nom de « Dalligate ». Le lobbying mené par les industriels consiste également à adresser des amendements clés en mains aux députés, libres à eux ensuite de les copier-coller ou non dans les projets de loi.

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Un seul rendez-vous en deux ans pour la CFDT

Emmanuel Maurel fait partie des quelques acteurs du pouvoir européen davantage acquis à la cause des ONG environnementales ou des travailleurs qu’à celle des banques ou de l’industrie chimique. Si tant est que le lobbying ne poserait aucun problème démocratique, cela ne signifie pas nécessairement que l’ensemble des points de vue soient entendus. Les travailleurs, justement : qui, à part quelques élus de gauche au Parlement, fait valoir leurs intérêts ?

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« Les lobbyistes font croire que ce qui se passe à Bruxelles n’est pas politique »

« Le problème, c’est que l’accès aux institutions européennes n’est pas donné à tout le monde, concède le lobbyiste Stéphane Desselas, fondateur d’un cabinet qui compte des entreprises de l’économie sociale parmi ses clients. Le coût pour être représenté à Bruxelles constitue très certainement une barrière. Pour y remédier, j’avance l’idée d’un lobbyiste “commis d’office”, financé par les pouvoirs publics pour représenter ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un lobbyiste classique.

Lire l’article complet de Rachel Knaebel sur Bastamag

via les M.E.

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zelectron 28/01/2017 12:03

une petite décimation pour apprendre aux lobbies à vivre ? et si ils ne comprennent pas une deuxième . . .

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