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En Arctique, il fait en moyenne 20°C de plus que les normales saisonnières, du jamais vu. À l’heure où la glace de mer devrait être en expansion, elle s’est contractée…

Pendant ce temps-là, il se passe quelque chose de fou en Arctique…

En Arctique, il fait en moyenne 20°C de plus que les normales saisonnières, du jamais vu. À l’heure où la glace de mer devrait être en expansion, elle s’est contractée sous l’effet d’une exceptionnelle douceur. Conséquence directe, l’étendue de la banquise n’a jamais été aussi faible depuis le début des mesures et enregistre un retard de 2 millions de km² par rapport à la moyenne 1981-2010. 

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Étendue des glaces en arctique. L’année 2016 pulvérise tous les records pour la période actuelle, l’étendue de la banquise enregistrant un retard de 2 millions de km² par rapport à la moyenne 1981-2010, et plus d’un million de km² avec le dernier record de 2012.

Se dirigerait-on vers la mort de l’hiver en Arctique ? En novembre la banquise est en pleine nuit polaire avec 24 heures d’obscurité chaque jour. Les températures devraient être en train de plonger, et la glace de mer en train de s’étendre. Au lieu de ça, les températures grimpent en flèche, et la glace continue de se rétracter. Comme nous le montre la courbe présentée ci-dessous, publiée par l’Institut météorologique danois, dans certaines zones, les températures de l’air mesurées ont atteint -5 °C, au lieu de -25°c habituellement à la même date au mois de novembre.

En rouge, l'évolution des températures quotidiennes moyennes de l'atmosphère durant l'année 2016 (les nombres « 50 », «100 », etc. indiquent les jours) au-dessus de 80° de latitude nord. La courbe verte est une moyenne de 1958 à 2002. © DMI

En rouge, l’évolution des températures quotidiennes moyennes de l’atmosphère durant l’année 2016 (les nombres « 50 », «100 », etc. indiquent les jours) au-dessus de 80° de latitude nord. La courbe verte est une moyenne de 1958 à 2002. © DMI

« De telles températures d’octobre et de novembre n’ont jamais été enregistrées en 68 ans de mesures », explique Jennifer Francis, climatologue à l’université Rutgers (États-Unis), dans un article de Climate Central. Un ensemble complexe de facteurs semble être en jeu, mais il semblerait qu’une météorologie inhabituelle et la fragilisation de la banquise explique en partie cette anomalie observée en Arctique.

Anomalie de température moyenne du 11 au 18 novembre. L'anomalie dépasse les 10 à 20°c sur tout le bassin arctique !

Anomalie de température moyenne du 11 au 18 novembre. L’anomalie dépasse les 10 à 20°c sur tout le bassin arctique !

Comme le suggère Ted Scambos, chercheur principal au National Snow et au Ice Data Center, deux grandes tempêtes enregistrées en août dernier dans la région ont aidé à briser la glace de mer, remuant ainsi les eaux plus chaudes des profondeurs. Cela implique le fait que de vastes zones de la surface de l’océan aient été exposées à la lumière du soleil pendant une période de temps plus longue que la normale. Mais alors que la glace est connue pour réfléchir la lumière du Soleil, les eaux de surface, plus sombres, l’absorbent facilement. Ainsi, l’eau déjà réchauffée par l’action d’agitation des tempêtes a pu se réchauffer encore, empêchant ainsi la formation de la glace de mer.

Aujourd’hui une partie de cette énergie absorbée est renvoyée dans l’atmosphère, et dans le même temps, une circulation atmosphérique inhabituelle a favorisé dans certains secteurs des vents de sud, expliquant ainsi les températures de surface enregistrées. Notons également qu’à l’autre pôle, en Antarctique, la glace de mer enregistre également des niveaux historiquement bas.

Tag(s) : #ACTUALITES, #NATURE - ECOLOGIE

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