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Le champ magnétique terrestre va-t-il nous lâcher?

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Le premier ensemble de résultats haute-résolution obtenus par la constellation de trois satellites Swarm de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) confirme que le champ magnétique qui protège notre planète s’affaiblit, un prélude possible à une inversion des pôles. Les conséquences, bien que relativement lointaines, pourraient être significatives pour nos civilisations basées sur les technologies.

L’affaiblissement du champ magnétique terrestre aura comme conséquence le changement de l’écliptique. Le nord ne sera plus le nord. Nous devrions commencer à sentir ça en 2020.

Des scientifiques ont mis au point un nouvel outil d’analyse du passé du champ magnétique terrestre. Ils confirment que cette barrière protectrice perd de son intensité depuis 200 ans. Les conséquences sur le vivant et l’électronique sont à prendre au sérieux.

Notre planète va-t-elle perdre son bouclier? L’intensité du champ magnétique terrestre, barrière qui bloque les particules radioactives en provenance du cosmos, diminue depuis environ 200 ans.

 

Si bien que de plus en plus de rayonnements particulièrement nocifs pour les êtres vivants et les appareils électroniques parviennent jusqu’à nous. Pour mieux comprendre le phénomène et son impact futur, des géophysiciens ont mis au point un nouvel outil pour étudier les fluctuations passées du champ magnétique terrestre. Leurs résultats ont été publiés fin novembre dans la revue «Journal of Geophysical Research: Solid Earth».

Le béryllium, témoin de l’évolution du champ magnétique

Les auteurs ont retracé avec précision l’histoire du champ magnétique grâce au béryllium 10 (10Be), une version alourdie du béryllium (on parle aussi d’isotope). Cet élément se forme dans l’atmosphère, lorsque des particules cosmiques radioactives percutent de l’oxygène atmosphérique, avant d’être précipité au sol avec les pluies. Son accumulation en couches successives, avec divers minéraux, aboutit à la formation d’une roche sédimentaire dont la concentration en béryllium 10 renseigne sur l’intensité du champ magnétique: plus celle-ci est faible, plus le rayonnement cosmique est important, et plus le béryllium 10 s’accumule.

Lire aussi: Les secrets de la dynamo terrestre

«Nous avons étudié des roches sédimentaires déposées au fond de l’océan Indo-Pacifique au cours du dernier million d’années», indique Nicolas Thouveny, de l’Université d’Aix-Marseille, un des auteurs de l’étude. L’isotope a été mesuré avec une grande précision temporelle: tous les mille ans sur une période de 850 000 ans. Résultat, l’évolution du béryllium 10 est bien corrélée avec les variations du champ magnétique terrestre déjà connues par des méthodes paléomagnétiques similaires.

Selon Philippe Cardin, géophysicien à l’Université de Grenoble, qui n’a pas pris part à ces travaux, «cette étude isotopique analyse les 850 000 dernières années, en gros depuis la dernière inversion magnétique. On couvre alors toute une période de manière continue. C’est très impressionnant et une grande première dans l’étude du champ magnétique terrestre».

Vers une inversion?

La dernière inversion connue du champ magnétique a eu lieu il y a environ 770 000 ans. Or les inversions sont précédées d’une baisse d’intensité. Celle constatée en ce moment annonce-t-elle une inversion dans un futur proche?

Lire aussi: Le géomagnétisme sous l’œil des satellites

Difficile de le confirmer: toutes les diminutions de champ magnétique ne sont pas forcément suivies par une inversion. Parfois, elles correspondent à ce que les spécialistes appellent une excursion magnétique, autrement dit une inversion «ratée». Comme juste avant une inversion, l’intensité du champ baisse très vite, en quelques milliers d’années, et les pôles magnétiques se déplacent… avant que tout ne rentre dans l’ordre: les pôles regagnent leur position initiale et le champ retrouve une intensité normale.

De telles excursions se produisent tous les 20 000 à 50 000 ans. La dernière remonte à 41 500 ans. Or «depuis les deux derniers siècles l’intensité du champ a baissé de 10%, commente Nicolas Thouveny. Une baisse aussi rapide peut impliquer la ‘préparation’ d’une excursion ou d’une inversion, ce qui serait alors très contraignant dès les prochains siècles».

Source et fin de l’article sur Letemps.ch

via les M.E.

Tag(s) : #ACTUALITES, #NATURE - ECOLOGIE

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