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Des migrants devant le centre d'accueil et d'orientation (CAO) de Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, le 29 octobre 2016.

Des migrants devant le centre d'accueil et d'orientation (CAO) de Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, le 29 octobre 2016.

IMMIGRATION - "Il n'y aura pas de réinstallation sur la lande. Elle est évacuée. Elle sera sécurisée. Plus personne ne pourra la rejoindre", assure François Hollande dans La Voix du Nord ce mardi 1er novembre. La veille, les pelleteuses ont détruit les derniers abris du camp de migrants de Calais, qui était devenu le plus grand bidonville de France. Un an et demi après sa naissance, la "Jungle" a donc bien été démantelée.

 

La situation des quelque 6000 migrants de Calais, répartis dans 451 centres d'accueil et d'orientation (CAO) du 24 au 26 octobre, n'en est pas pour autant réglée. Plusieurs de ces centres d'accueil ont en effet constaté ces derniers jours que des migrants les avaient fuis pour retenter leur chance sur la route qui mène jusqu'à l'Angleterre.

L'Express indique ainsi qu'une trentaine de jeunes ont déjà déserté les centres d'accueil de Charente-Maritime et Meurthe-et-Moselle, où ils avaient été accueillis faute de places dans le Centre d'accueil provisoire (CAP) de Calais. Ils étaient 62 à avoir rejoint ces deux centres d'accueil et d'orientation pour les mineurs isolés (CAOMI) dans les premiers jours du démantèlement à Calais, avant qu'une dizaine d'autres jeunes ne les rejoignent.

 

Échappés en quelques jours

À Fouras, près de Rochefort, une dizaine de migrants a disparu du centre où 22 jeunes avaient été accueillis la semaine du démantèlement, indique Sud Ouest. "Échappés le temps d'un week-end, de jour et de nuit, petit à petit", écrit le quotidien, qui précise que les gendarmes de la commune sont actuellement à leur recherche. "Certains sont en permanence au téléphone avec des gens qui sont en Angleterre", raconte Dadou Kehl, le président de la Ligue de l'enseignement, qui gère le centre d'hébergement.

 

En Meurthe-et-Moselle, à Sion, 19 des 40 jeunes accueillis ont quitté leur centre en l'espace de trois jours, indique aussi L'Est républicain. "19 migrants mineurs ont souhaité partir, car ils gardent espoir de gagner l'Angleterre via Calais, où, nous disent-ils, ils ont de la famille et où la langue leur est plus familière", a commenté le président du conseil général Mathieu Klein. Sur les 21 mineurs restants, 14 auraient déjà émis le souhait de suivre les pas de ces migrants évaporés.

"Il faut bien rappeler que ces jeunes sont libres de leurs mouvements, rappelle Mathieu Klein. Nous avons juste obligation, en tant que collectivité départementale, d'une procédure de mise à l'abri pour tous les mineurs non accompagnés". Dadou Kehl dit lui aussi ne pas être en mesure d'empêcher ces mineurs de partir: "Notre association dirige un centre de vacances, pas un centre de rétention".

Peut-être plusieurs milliers de récalcitrants

Pendant l'opération de démantèlement de la "Jungle", déjà, nombreux sont les migrants qui témoignaient de leur détermination à rester à Calais pour rejoindre l'Angleterre coûte que coûte.

Le débat sur le nombre de migrants récalcitrants agitait d'ailleurs politiques et associations au moment où des dizaines de cars de migrants étaient envoyés aux quatre coins de la France. Le ministère de l'Intérieur avait notamment qualifié de "rumeur" "totalement infondée" le chiffre, avancé par "L'Auberge des migrants", de 2000 personnes "ne voulant pas" quitter Calais pour poursuivre leur rêve d'Angleterre. Les autorités ont finalement annoncé que tous les migrants de Calais avaient été pris en charge avant la destruction complète du camp.

Mais les associations soulignent un autre problème: celui des migrants qui auraient pu quitter la "Jungle" avant le démantèlement pour s'assurer de pouvoir continuer d'essayer de rejoindre l'Angleterre. Le 27 octobre, plusieurs associations, dont le Secours catholique et Médecins du monde, affirmaient aussi qu'entre 2000 et 3000 migrants avaient fui le camp de Calais avant même le démantèlement et pendant l'opération, pour s'installer ailleurs dans le Calaisis ou à Paris.

Un "dispositif" pas adapté à tous les migrants?

"Le dispositif de l'État correspond à une partie des besoins des migrants, mais pas à ceux qui veulent passer en Angleterre, ceux qui ont été déboutés du droit d'asile et ceux dont les empreintes ont été prises dans un autre pays", les forçant en théorie à y retourner, a expliqué François Guennoc, vice-président de l'Auberge des migrants.

Ils sont encore près de 1500 mineurs à être hébergés dans le CAP de Calais, proche de la limite de ses capacités d'accueil. Pour l'écrasante majorité d'entre eux, passer de l'autre côté de la Manche reste une idée fixe. Entre 200 et 300 mineurs isolés ont déjà été transférés en Grande-Bretagne. "Plusieurs centaines d'autres enfants et jeunes gens seront acheminés au Royaume-Uni dans les jours et semaines à venir", a confirmé un porte-parole du gouvernement britannique.

Pendant ce temps, dans le nord-est de Paris où quelque 2000 personnes dorment depuis plusieurs jours, et en présence de cordons de CRS, une opération de "contrôle administratif" était en cours lundi sur le campement de migrants. Il s'agit de vérifier le droit au séjour des occupants et l'état sanitaire du campement, avant l'évacuation des lieux prévue cette semaine.

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Tag(s) : #ACTUALITES

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