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Justin Trudeau accueilli par Donald Tusk et Jean-Claude Juncker. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Justin Trudeau accueilli par Donald Tusk et Jean-Claude Juncker. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

"Bien joué, bien joué", a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau au président du Conseil européen Donald Tusk qui l'accueillait dimanche midi au sommet UE-Canada destiné principalement à signer le traité commercial entre l'UE et le Canada.

"Les choses difficiles sont difficiles, mais on a pu réussir", a-t-il ensuite dit au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Les trois hommes se sont donné l'accolade dès la sortie de voiture du Premier ministre canadien. "Tout est bien qui finit bien", avait résumé Jean-Claude Juncker devant la presse peu auparavant. "Par rapport à ce qui avait été convenu, il n'y a pas eu de changement, il y a des interprétations conjointes entre les Européens et les Canadiens, mais la substance du traité n'a aucunement changé", a-t-il poursuivi.

Un accord intra-belge "qui a aidé"

"Je dois remercier Paul Magnette, le ministre-président de la Wallonie, car son engagement était décisif", a nuancé le président du Parlement européen, Martin Schulz. "Le gouvernement fédéral et le gouvernement wallon ont trouvé un accord intra-belge qui nous a aidés". Le président du Parlement européen a qualifié l'accord de "CETA amélioré" car il apporte des clarifications sur des questions qui se posaient "en Belgique, mais aussi ailleurs".

"J'espère qu'on a clarifié certaines choses, qu'on a souligné quelques importances dans le traité, peut-être calmé certaines inquiétudes aussi", a commenté la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, à son arrivée au Juste Lipse, à Bruxelles, où se tient le sommet. "Je pense que la crédibilité de l'UE, elle est rétablie." Cecilia Malmström a aussi plaidé pour que le libre-échange et les traités qui l'encadre soient mieux expliqués aux citoyens. "Les responsables dans les Etats membres doivent s'engager, tôt dans le processus, avec leurs citoyens pour expliquer les choses et écouter les inquiétudes, les amener à la table des négociations et s'assurer qu'il y a encore plus de transparence", a-t-elle estimé.

"C'est un très bon jour pour l'Europe", a souligné la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini, qui a rappelé que le CETA ne serait pas le seul accord signé avec le Canada ce dimanche. Les deux parties doivent en effet signer un accord politique qui approfondit leur coopération en matière de politique étrangère.

La signature de ce traité, fruit de sept années de négociations entre le Canada et l'UE, devait initialement avoir lieu jeudi mais avait été reportée, faute d'un accord entre les différentes parties belges. Après la conclusion d'un accord jeudi entre Belges, les derniers Parlements régionaux de Belgique qui refusaient l'accord l'ont finalement voté vendredi, ouvrant la voie à son adoption par les 28 Etats membres de l'UE.

Justin Trudeau en retard

L'avion emmenant le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles a eu des problèmes techniques et a dû rebrousser chemin, avant de décoller à nouveau tard samedi. Selon le quotidien Toronto Star, le vol de Justin Trudeau pour Bruxelles a d'abord eu un retard d'environ 90 minutes, puis a dû retourner à l'aéroport d'Ottawa en raison de problèmes techniques constatés sur des volets d'ailes une demi-heure après le décollage. L'avion a de nouveau décollé peu après. Mais Justin Trudeau a pris du retard. Attendu initialement pour 11h, il est finalement arrivé vers midi. La signature du traité est prévue à 13h25, avec une conférence de presse dans la foulée (vers 13h40).

Des activistes devant le bâtiment

Une petite centaine de manifestants anti-CETA se sont réunis devant l'entrée du Juste Lipse. Parmi eux, une vingtaine sont parvenus à entrer dans le premier sas de contrôle du bâtiment, mais sont à présent encadrés par les policiers. "Les wallons ont prouvé qu'il était possible de changer des choses dans un accord international, affirme Andy Vermoot, un manifestant. Je suis très content qu'on ait changé l'arbitrage et que cela doit être maintenant contrôlé par la Cour de justice européenne, ça c'est magnifique! Mais nous sommes là aussi aujourd'hui pour protéger notre agriculture".

L'objectif de la manifestation est de "perturber la signature de l'accord de libre échange avec le Canada en s'invitant autour de la table afin de porter la voix de tous les citoyens, européens et canadiens, opposés au CETA, dont l'avis est bafoué par la Commission européenne. Ce traité est unilatéral, voulu et négocié pour les multinationales. Même sous sa forme amendée, il ne comporte aucun mécanisme de sanction à l'encontre des multinationales, qui n'ont donc que des droits et aucun devoir", a indiqué Camille, porte-parole du collectif 'CETAssis pieds sous-terre' à l'origine de l'action et qui, pour sa part, évalue le nombre de participants à 150. 

"La population civile ne veut pas du CETA qui n'a jamais figuré dans aucun programme politique. L'organisation en 48 heures de sommet UE-Canada pour signer le traité amendé sans même revenir vers la société civile, montre à quel point l'UE veut en forcer à tout prix la signature et enterre la démocratie. Pour notre part, il est hors de question que le CETA serve de socle de base à la négociation d'autre traités", a-t-il conclu.

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Tag(s) : #ACTUALITES, #ECONOMIE - FINANCE

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