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La «jungle» de Calais prend fin dans les flammes
La «jungle» de Calais prend fin dans les flammes
De multiples incendies se sont déclarés mercredi dans la «jungle» de Calais, dans le nord de la France, au troisième jour de l'opération d'évacuation de migrants, après une nuit marquée par des incendies volontaires ayant mobilisé pompiers et forces de l'ordre, a constaté l'AFP.
 
Alors que les évacuations se poursuivaient dans le calme dans la matinée, les départs de feux se sont multipliés à la mi-journée, dégageant d'épais panaches de fumée noire s'étendant à l'ensemble de ce vaste bidonville.
 
Dans l'artère principale du camp, une camionnette d'une association commençait à brûler tandis que le bruit de craquements dus aux feux retentissait un peu partout. Des pompiers étaient sur les lieux mais en nombre insuffisant pour lutter immédiatement contre tous ces foyers.
 
Plusieurs migrants sortaient précipitamment de leurs abris avec leurs affaires alors que les feux se rapprochaient. D'autres mettaient à l'abri des groupes électrogènes.
 
Certains mettaient aussi à l'abri des bonbonnes de gaz. Un véhicule de bénévole tractant une remorque remplie de bonbonnes a quitté le bidonville. Durant la nuit, des feux similaires avaient débouché sur l'explosion de bonbonnes, blessant légèrement un migrant aux tympans.
 
«Sortez, vous devez sortir. Vous avez des bouteilles de gaz dans votre caravane, sortez-les», intimaient des membres d'associations britanniques à un groupe de migrants placide.
 
«ça va durer comme ça jusqu'à la nuit», soupirait Ahmed, un Soudanais, observant les flammes avec fatalisme. «C'est mal et c'est bien, parce qu'ici ce n'est vraiment pas un endroit pour vivre», jugeait cet adolescent.(...)
 

Les incendies sont une « tradition, notamment pour certaines communautés qui mettent le feu à leur habitation au moment de la quitter », ce qui « prouve aussi que les migrants s'en vont », a fait valoir Fabienne Buccio. Le même phénomène avait été constaté en mars lors du démantèlement de la zone sud.

Certains migrants ne veulent cependant pas renoncer à leur rêve d'Angleterre et les associations redoutent de voir de nouveaux campements sauvages fleurir dans la région.

« On veut toujours passer en Angleterre, on reste ici », explique Mohamed, un Soudanais de 30 ans. Et si la police vient ? « Je me battrai », jure-t-il.

Véronique, bénévole, tente de convaincre les réfractaires qu'il faut partir : « No more bus tomorrow ! Tomorrow, police ». Mais c'est difficile d'être entendu, explique-t-elle. « Tant que leurs abris ne sont pas détruits, ils ne se rendent pas compte ».

Quelques dizaines de femmes, originaires de la corne de l'Afrique selon une membre des services de l'immigration, accompagnées d'enfants et d'adolescents, ont défilé mercredi matin dans le camp en criant « Where is Human Rights? » (« Où sont les droits de l'homme ? ») et en brandissant une phrase sur des feuilles de papier : « We want UK » (« Nous voulons le Royaume-Uni »).

 
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Tag(s) : #ACTUALITES

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