Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Petit lexique sur le conflit syrien à l’usage des médias mainstream

Voici un remarquable lexique qui permet de mieux décrypter l'information telle qu'elle nous est présentée sur le conflit syrien. Cela résume parfaitement l'hypocrisie qui a atteint son paroxysme ces derniers mois avec des terroristes que les médias font passer pour des libérateurs tandis que "Al Assad le boucher assiège son peuple." Un remake de la propagande de la Libye kadhafienne version hardcore. Edifiant!

Fawkes

-------

Dans le conflit syrien comme dans les autres, la guerre est aussi une guerre des mots. Et le sens qu’on leur donne influe sur la perception que nous avons des événements. Si Sputnik et les médias mainstream emploient les mêmes mots, nous n’en avons pas forcément la même interprétation. Décryptage.

Aviation russe : elle est accusée régulièrement et le plus souvent sans preuve de bombarder des civils… ce qu'elle a certainement fait, comme toute aviation dans un conflit. Ses résultats sur le terrain en six mois d'opération ont en tout cas montré qu'en visant vraiment les terroristes, on arrivait à les faire reculer.

Bavure : Quand la coalition internationale bombarde les troupes de l'armée régulière syrienne, c'est une bavure. Quand cette même coalition bombarde un hôpital, c'est un coup de la propagande russe. Quand la Russie ou l'aviation syrienne bombarde des groupes de terroristes, c'est un crime et une atteinte aux efforts de paix.

Coalition : Bien déterminée à instaurer le chaos en Syrie, la coalition se compose de l'armée américaine, qui utilise selon ses besoins des troupes et des moyens appartenant à d'autres nations, comme l'Australie et le Danemark, qui ont bombardé les forces syriennes à Deir Ezzor ce week-end. Elle comprend aussi des puissances régionales, comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar, qui ont armé et financé des groupes « rebelles » ou « djihadistes » comme Daech ou le Front Al-Nosra (ebaptisé Front Fateh al-Cham…). Mais ce n'est pas tout, il y a aussi la Turquie (voir ce mot).

Kurdes : au sol, les Kurdes représentent la principale force d'opposition aux terroristes de Daech — hormis l'armée régulière et ses alliés, bien sûr —. Soutenus par le Pentagone, ils ont remporté des victoires significatives contre les islamistes, dont certains groupes soutenus par la CIA. Mais c'est quand la Turquie — alliée des USA — est rentrée en Syrie que leur sort s'est vraiment compliqué et qu'il semblent désormais abandonnés à leur sort.

Bref, actuellement ce sont les dindons de la farce. Opposition modérée : étymologiquement, il s'agit des manifestants laïcs du printemps arabe de 2011. Militairement absents du conflit, ils ont été remplacés sur le terrain par l'Armée Syrienne Libre, qui réunit les rebelles islamistes alliés à la coalition. (Voir aussi « rebelles ».)

OSDH : L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme est la seule source à tenir les comptes du nombre de victimes du conflit. Elle est tenue par Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, un sunnite laïc, membre de l'opposition, qui vit en Grande-Bretagne et qui n'a pas mis les pieds en Syrie depuis l'an 2000. Comme personne ne sait vraiment qui opère sur le terrain sous son autorité, la crédibilité de l'organisation repose sur la confiance que l'on peut faire à Rahman, que beaucoup soupçonnent d'être financé par le Qatar. Depuis 2014, l'Onu a cessé de décompte des victimes. L'OSDH a donc le monopole du comptage des morts du conflit syrien, avec un penchant, donc, pour les… rebelles.

Rebelle : (du latin « rebellis », révolté) terme générique désignant l'ensemble des troupes opposées au président Bachar El Assad. Bien plus médiatiquement sexy que le terroriste, il ne s'en distingue concrètement en rien.

Régime : terme péjoratif utilisé pour qualifier le gouvernement légal de la Syrie. S'il est difficile de citer ce pays comme exemple de démocratie, force est de constater que le régime de Bachar El Assad est élu et légal. Quant à l'opposition, qu'elle soit qualifiée de modérée ou non, jusqu'à preuve du contraire, elle ne représente qu'elle-même et bien souvent les intérêts de ses sponsors étrangers.

Siège : opération militaire inacceptable quand ce sont des troupes syriennes qui encerclent une ville tenue par des rebelles. Effort de libération légitime quand c'est l'inverse. À noter qu'au petit jeu de qui assiège qui, la confusion est savamment entretenue. Ainsi, on parle régulièrement du siège d'Alep par les troupes d'Assad, alors que ce sont les djihadistes qui assiègent la ville depuis des années et n'en ont pris que quelques quartiers à l'est de la ville, que l'armée syrienne essaie de prendre ou de libérer, selon son point de vue.

Terroriste : Utilisé pour désigner les combattants de Daech et du Front al Nosra. Ces derniers ne sont plus considérés comme des rebelles depuis quelques mois. Ils ne distinguent en tout cas des « rebelles » ni par l'idéologie (islamistes fondamentalistes pour la plupart d'entre eux) ni par les méthodes (massacres de civils, tortures, etc.).

Trêve : Pause dans le conflit utilisée par les terroristes pour se regrouper et se réapprovisionner en armes et en munition. Pour les civils, l'occasion de souffler un peu dans ce terrible conflit. Évoquons à ce sujet la Rupture de la trêve : agacement des forces gouvernementales qui survient après plus de 300 violations de la trêve en une semaine par la partie adverse.

Turquie : pilier du flan sud de l'OTAN, allié turbulent des USA, la Turquie est présente dans la coalition anti État Islamique. Pourtant, elle a longtemps servi de principal point d'entrée des combattants de Daech et de principal point de sortie du pétrole exploité par le groupe terroriste. Ankara a pénétré fin août en Syrie pour lutter contre Daech, mais en profite surtout pour attaquer les Kurdes, son principal ennemi dans la région (voir ce mot)

Source: Sputniknews

Tag(s) : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE

Partager cet article