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Un mur de 4 mètres de haut : tel serait le projet du gouvernement britannique pour empêcher les migrants de Calais de gagner le Royaume-Uni...

Calais : vers un mur "à l'israélienne" pour arrêter les migrants ?

Depuis la victoire du Brexit lors du référendum du 23 juin, le nouveau gouvernement conservateur est sur la défensive en ce qui concerne l'immigration, en particulier les clandestins venus de Calais. C'est pourquoi Londres entendrait désormais construire un mur de 4 mètres de hauteur sur un kilomètre, de part et d'autre de la rocade menant au port. L'objectif de cet édifice, qui devrait être terminé d'ici la fin de l'année : protéger les transporteurs routiers des menaces de migrants illégaux cherchant à monter dans leurs camions.

Un mur à 20 millions d'euros

Le coût du mur serait financé par le fonds spécial de 17 millions de livres (20,2 millions d'euros), créé au début de l'année, pour renforcer la sûreté du port et de l'entrée du tunnel sous la Manche. Recouvert de béton lisse pour décourager les escalades, l'ouvrage devrait être décoré de plantes et de fleurs afin de réduire son impact visuel, a précisé le secrétaire d'État à l'intérieur, Roger Goodwill.

À l'évidence, Londres doute des engagements français à démanteler la partie nord de la « jungle » de Calais en surcapacité, à côté du camp humanitaire, où se concentrent les candidats au départ vers l'Angleterre. Par ailleurs, le ministre de l'intérieur, Amber Ruud,qui a visité récemment Calais, s'inquiète des pressions des élus locaux du nord de la France sur Paris en vue de renégocier les accords du Touquet, suite à la décision britannique de quitter l'Union européenne. Signé en 2003, ce traité bilatéral intervenu dans un contexte bien particulier (la fermeture du camp de Sangatte), a permis de faciliter les contrôles frontaliers dans les ports de la Manche et de la mer du Nord. Ces accords ont surtout permis aux agents français d'être déployés en Angleterre et aux agents Anglais d'opérer en France en créant un cadre juridique. Les opposants français à la « jungle » jugent que l'accord est trop favorable aux Britanniques. À les entendre, le problème est anglo-anglais, dans la mesure où les migrants, en majorité anglophones, affluent à Calais pour gagner l'Angleterre où ils possèdent des liens familiaux ou communautaires.

Une construction contestée

Le Premier ministre, Theresa May, qui avait été ministre de l'intérieur entre 2010 et 2015, est particulièrement sensible aux inquiétudes des édiles du Kent. Point d'arrivée des migrants illégaux venus de Calais, ce comté du sud-est de l'Angleterre, traditionnel bastion conservateur, est aujourd'hui menacé par la percée des populistes xénophobes de l'UKIP.

Toutefois, la construction d'un mur est contestée par l'association britannique des chauffeurs routiers, pour qui il s'agit « d'une mauvaise utilisation des fonds publics ». Ce lobby, très influent Outre-Manche, insiste sur la nécessité de rétablir d'abord la loi et l'ordre à Calais en augmentant le nombre de policiers et de vigiles. En cas de découverte sur le sol anglais d'illégaux à bord de l'un de ses véhicules, une société de transport est passible d'une amende de 4 000 livres par personne.

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Tag(s) : #ACTUALITES

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