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Hollande : le Pape est «un frère aux côtés du peuple français»

Le chef de l'État a été reçu une quarantaine de minutes par François.«La France, a-t-il assuré, est parmi les protecteurs des chrétiens d'Orient.»

Temps «de silence», hors caméra, dans l'église Saint-Louis des Français à Rome, en mémoire des victimes des attentats, puis entrevue d'une quarantaine de minutes avec le pape François qui a été suivie d'une réunion de travail avec le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin: ce qui s'annonçait, mercredi 17 août après-midi, comme une «visite privée» du président français au chef de l'Église catholique a été non seulement public mais très politique.

Si le Vatican, dans son communiqué officiel final, n'a donné aucun détail sur le contenu des discussions, plusieurs photos de la rencontre ont toutefois été diffusées. François Hollande, accompagné du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait, pour sa part, campé le décor, dès sa sortie de l'église française, juste avant de se rendre au Vatican où le pape François l'attendait à 17 heures dans la résidence Sainte-Marthe.

«Nous avons la responsabilité de représenter toute la France»

Avec ce message central: après tous les attentats subis par la France, notamment celui de Nice et celui visant le père Hamel, le sens du déplacement présidentiel avait pour objectif de dire au Pape la «gratitude» du pays pour ses «paroles réconfortantes» lors de ces épreuves dont l'enjeu demeure «l'unité indispensable dans le respect» et le «rassemblement qui doit se faire» au-delà des convictions de chacun. Le «message de la laïcité», a conclu François Hollande, «n'est pas un message qui peut blesser, mais un message qui peut réunir et rassembler».

Le président a ainsi commencé sa courte allocution par un hommage au pape François qui s'est tenu «comme un frère aux côtés du peuple français» mais aussi aux «responsables de l'Église de France» car leurs «paroles» ont «été très importantes en cette période puisque cela a contribué à rappeler l'unité de la France» soumise aux «attentats terroristes» et que cela a conforté «notre mission pour l'humanité».

Hommage formulé «au nom de tous les Français et au nom de tous les catholiques particulièrement éprouvés» par la mort du père Hamel,«égorgé dans son église» parce que «nous avons la responsabilité de représenter toute la France», dont ceux qui «ont la foi» ou ceux qui choisissent «l'athéisme». Et parce que «c'est toute la France qui a été frappée». Car, ajoute-t-il, «quand une église a été touchée, quand un prêtre est assassiné, c'est la République qui est profanée».

«Nous sommes parmi les protecteurs des chrétiens d'Orient»

Le «rôle de la République» est alors de «protéger tous les cultes» dans le cadre de «la laïcité qui doit assurer la liberté de croire ou de ne pas croire» et «donc la possibilité pour tous les Français, et de tous ceux qui vivent en France, d'avoir la religion de leur choix, à condition, bien sûr, d'avoir le respect des autres».

François Hollande a également affirmé vouloir s'entretenir avec le Pape de la question «des chrétiens d'Orient» en expliquant: «Nous avons cette même vocation, chacun à notre place. La France parce que nous sommes parmi les protecteurs des chrétiens d'Orient. Le Pape, parce qu'il sait combien les chrétiens d'Orient contribuent à l'équilibre de la région.» Il voulait également lui parler de «la crise du Moyen- Orient» et de la question des «réfugiés» dans «une vision du monde» qui est loin des «réponses toutes faites» ou des «peurs qui sont utilisées».

Le Pape veut valoriser les laïcs dans l'Église

Par «motu proprio», un décret d'application, le pape François a créé, mercredi 17 août 2016, un nouveau dicastère au Vatican, l'équivalent d'un ministère. Dans le souci de réaliser des économies d'échelle, cette nouvelle structure regroupe en réalité deux conseils pontificaux existants, l'un dédié aux laïcs, l'autre à la famille. Ils seront rassemblés, à compter du 1er septembre, dans le «dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie».

En nommant à la tête de cette entité l'évêque de Dallas (États-Unis), Mgr Kevin Joseph Farrell, le Pape renonce toutefois à l'idée révolutionnaire qui avait un temps circulé de placer là un ministre laïc, voire un couple marié. Mais en faisant passer la question des laïcs du statut de secrétariat d'État à celui de ministère - comme ils existent depuis des siècles pour les religieux ou les évêques -, François entend valoriser la place des laïcs dans l'Église.

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Tag(s) : #RELIGIONS, #POLITIQUE

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