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L’Europe autorise la production et la mise sur le marché du miel de synthèse.
L’Europe autorise la production et la mise sur le marché du miel de synthèse.

Les consommateurs étaient déjà habitués à trouver dans leurs assiettes un grand nombre d’exhausteurs de goûts et d’arômes artificiels. Ils pourront désormais se régaler avec le miel de synthèse bientôt disponible dans les linéaires de leurs supermarchés.

Fruit de longues années de recherche et d’une collaboration active entre les laboratoires des industriels de la pétrochimie et de l’agroalimentaire, le miel de synthèse sera bientôt produit en masse pour être commercialisé dans le courant de cette nouvelle année 2016.

Ainsi en ont décidé les sages du Comité d’Ethique et Développement de la Commission Parlementaire Européenne (CEDCPE)

« Cette décision était inéluctable », nous confie Renato Scarpio, doyen de la commission.

«Il n’a échappé à personne que la production de miel tend à s’effondrer du fait de la régression constante des colonies d’abeilles. Des groupuscules écologistes extrémistes ont tenté de faire porter cette responsabilité aux pesticides néonicotinoïdes distribués par nos amis industriels alors que la cause repose uniquement sur une mauvaise gestion des apiculteurs. Peu importe, la demande en miel devenant largement supérieure à l’offre, les prix dans ces conditions ne peuvent que s’envoler. Il est de notre devoir de protéger le consommateur en lui proposant une nourriture saine, bon marché et de qualité.»

Effectivement, toutes les études scientifiques confirment, à plus ou moins long terme, l’extinction de l’ensemble des colonies d’abeilles de notre planète.

Visionnaires, innovantes et surtout soucieuses de la préservation du capital génétique du vivant et de nos ressources alimentaires, les firmes industrielles réunies au sein du puissant Consortium Européen Des Industries Pétrochimiques et Alimentaires (CEDIPA) ont donc mis toutes leurs compétences au service des consommateurs et de l’environnement.

Dylan Argibo, responsable en communication du CEDIPA, nous en dit plus sur les différentes étapes de fabrication du miel de synthèse :

« La pétrochimie organo-alimentaire est semblable à un jeu de construction. Les pesticides ou les aliments peuvent-être modélisés sur la base d’une structure élémentaire atomique ou moléculaire qui pourra ensuite être reconstituée en laboratoire. Nous nous substituons simplement à la nature, rien de plus. Le miel comprend, comme constituant fondamental, du glucose et du fructose. Eléments basiques constitués de chaînes carbonées élémentaires comprenant des atomes d’hydrogène, d’oxygène et de carbone ».

Dans une démarche pédagogique particulièrement efficace, Dylan Argibo s’empare – devant nos yeux – de sucre en poudre, le dépose dans un becher contenant très peu d’eau puis place le récipient sur une source de chaleur. Après quelques instants, le sucre se transforme en caramel.

« Vous voyez, à partir de glucose (ndlr : sucre) et d’une source exothermique, nous avons réalisé du caramel. C’est exactement la même chose pour le miel. Du sucre, de l’hydrogène, de l’oxygène, du carbone, du nitrate et quelques atomes dont nous avons le secret » nous confie t-il en esquissant un sourire.

Effectivement, les firmes industrielles ayant déposé le brevet du cycle de fabrication du miel de synthèse, il nous est impossible – tout comme pour la fameuse bouteille rouge de cola américain – de prendre connaissance des ingrédients et du cycle de fabrication de ce nouveau composé alimentaire.

Il est certain que la production de miel artificiel risque de susciter le doute chez les consommateurs et d’exacerber le mécontentement des apiculteurs.

Aux consommateurs, les industriels répondent que le miel synthétique vient d’obtenir le très rare et élogieux label Européen « Bio Europe » dont les apiculteurs ne peuvent se targuer.

En effet, la fabrication du miel de synthèse étant contrôlée par un process industriel très rigoureux, les industriels peuvent garantir qu’aucun pesticide de synthèse n’entrera dans sa composition, contrairement au miel dit naturel. Que du glucose et du fructose, rien de plus.

Les apiculteurs peuvent-ils en dire autant ? Aucun moyen de contrôler l’état sanitaire du pollen récolté par les abeilles et le taux de pesticides ainsi présent dans le miel.

« La société évolue » nous déclare solennellement Dylan Argibo. « Produire du miel par les abeilles relève d’une utopie et d’une époque révolue. Qui aujourd’hui penserait à cultiver la canne à sucre dans son jardin pour sucrer son café ? »

Quoi qu’il en soit, la molécule de miel vient de faire l’objet d’un dépôt de brevet par le CEDIPA auprès de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).

Les apiculteurs qui voudraient persister à en produire naturellement devront dans tous les cas s’acquitter d’une redevance établie sur la base de 4,25 € le kilogramme.

Voilà qui risque de laisser un goût amer aux tenants du miel dit « naturel ».

L’Europe autorise la production et la mise sur le marché du miel de synthèse.
Tag(s) : #SANTE, #NATURE - ECOLOGIE

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