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Inondations: les Parisiens sont-ils menacés par la crue du siècle?

N'allez pas manifester au risque de vous faire emporter par la crue du siècle !

Routes coupées, trafic ferroviaire interrompu, maisons inondées: les récentes et importantes précipitations ont semé le chaos en Ile-de-France. Avec les crues de différents affluents de la Seine, faut-il craindre que Paris soit sous les eaux? Les explications de spécialistes.

Trois départements sont toujours ce mardi en alerte inondation, dont le Loiret en vigilance rouge. Dans celui-ci, le Loing, un affluent de la Seine, connaît une crue exceptionnelle. Dans le Loir-et-Cher voisin, en vigilance orange, une crue importante est attendue dès ce soir sur la Sauldre. Dans la Marne, l'Yonne ou la Seine-et-Marne, des maisons ont été inondées, des routes et des voies de chemin de fer ont été coupées par les eaux. A Paris, les voies sur berges, qui longent la Seine, ont été fermées par crainte de débordements.

"Des problématiques très localisées"

En fin d'après-midi, le niveau de la Seine à Paris à l'échelle d'Austerlitz était de 3,82 mètres, a précisé la préfecture de police. Faut-il craindre la crue du siècle, comme celle de 1910 qui avait paralysé la capitale pendant sept semaines? Pas du tout, estime Simon Carrage, spécialiste des risques inondations à I'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France, qui fait le point pour BFMTV.com.

"On parle de crue majeure à partir de 7 mètres"

En 1910, la Seine était montée jusqu'à 8,62 mètres. Pour avoir une nouvelle crue du siècle, il faudrait la conjonction de différents éléments, explique pour BFMTV.com Magali Reghezza, maître de conférences en géographie à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, spécialiste des risques et de l'environnement. Elle rappelle que dans le cas de la Seine et de ses affluents, il est impossible de prévoir la montée des eaux au-delà de soixante-douze heures.

"90% des zones inondables sont urbanisées"

Lors de cette crue centennale, des pluies régulières et abondantes pendant l'automne et l'hiver précédents avaient gorgé les sols d'eau. "Dès septembre, c'était 1,5 à 2 fois les précipitations habituelles qui étaient tombées, rappelle Simon Carrage. Là, ce n'est pas le cas. L'hiver n'a pas été particulièrement pluvieux." Il n'y a pas lieu d'être inquiet pour Paris, selon lui.

Si la crue de 1910 avait été désastreuse tant sur les points matériel, financier ou humain, un tel événement à notre époque aurait des conséquences encore plus dramatiques. L'OCDE a estimé en 2013 que la crue du siècle causerait 30 milliards d'euros de dommages et impacterait le PIB pendant cinq ans. Pour Simon Carrage, un autre aspect est à prendre en compte par rapport à 1910: l'urbanisation du lit majeur de la Seine. "Pour Paris et la petite couronne, 90% des zones inondables sont urbanisées. Ce qui pourrait provoquer une crise majeure."

Si les pouvoirs publics s'y préparent, avec cet hiver un exercice de simulation important, le spécialiste, qui rappelle que la dernière crue importante remonte à 1955, dénonce un déficit de culture du risque.

Paris a chaque année une chance sur cent de subir une telle crue.

Tag(s) : #ACTUALITES

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