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La fortune de Vladimir Poutine a toujours été une source de spéculations. Il n'est donc pas surprenant que, lorsque le scandale des Panama Papers a éclaté dimanche, tout le monde s'est tourné vers le président russe, pourtant jamais mentionné dans plus de 11,5 millions de données secrètes, le fondateur de l'organisation menant l'enquête l'atteste.

Qu'est-ce que les Panama Papers ne vous ont pas dit sur la fortune de Poutine ?

A la question directe de savoir si le nom de Vladimir Poutine figure dans les 11,5 millions de données secrètes des Panama Papers, le fondateur de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Drew Sullivan, à l'origine de l'enquête a formulé une réponse extrêmement précise:

"Non, M. Poutine ne figure pas dans notre base de données et je doute que son nom ne soit mentionné dans n'importe quelle base de données", a coupé net Drew Sullivan dans une interview au média russe RBK.

Pourtant, ce dernier chiffre fourni par l'enquête, évaluant la richesse de Vladimir Poutine à pas moins de deux milliards de dollars, ne devrait étonner personne. Eh bien, si on oublie les titres des médias et les photos qui font les Unes, ce n’est pas la fortune personnelle de Vladimir Poutine mais celles "des amis du président russe".

La somme de deux milliards de dollars prétendument détenue par le violoncelliste russe de renommée internationale Sergueï Roldouguine n'est sûrement pas aussi excitante que les 40 milliards de dollars que Vladimir Poutine cacherait, d'après les rumeurs, dans ses sociétés offshores, ses super yachts extrêmement coûteux, ses palais et ses montres suisses. Après tout, le président russe est souvent considéré dans l'imaginaire public comme l'un des hommes les plus riches du monde.

Vladimir Poutine lui-même a confirmé en 2008 qu'il était bien l'homme le plus riche du monde mais ce n'est pas ce que vous auriez pu penser.

"Je suis l'homme le plus riche non seulement en Europe mais dans le monde entier, je collectionne les émotions, je suis riche car le peuple russe m'a confié par deux fois la direction d'une grande nation comme la Russie, je crois que c'est ma plus grande richesse", avait confié M. Poutine à Bloomberg.

Plus sérieusement, les informations sur les revenus de Vladimir Poutine sont publiques. Selon des documents publiés par le Kremlin en avril 2015, les revenus annuels de Vladimir Poutine en 2014 s'étaient élevés à 7.654.042 roubles (environ 150.000 dollars). Le président russe possède également un appartement de 77 mètres carrés, une parcelle de terrain, un garage et quatre voitures.

Pour comparer, le président américain Barack Obama gagne 400.000 dollars par an, alors que le salaire de la chancelière allemande Angela Merkel s'élève à environ 230.000 dollars.

Pourtant, le fait que l'enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project soit foncièrement polarisée "contre" la Russie n’a rien de vraiment étonnant quand on regarde ses sponsors en bas de sa page Internet: la fondation Open Society du milliardaire George Soros, foncièrement hostile à la Russie et interdite dans ce pays, et l’USAID, elle aussi proscrite sur le territoire russe.

Drew Sullivan a d'ailleurs confirmé les sources de financement du projet, précisant qu'il ne les cachait pas et que l'argent était dépensé notamment pour améliorer la qualité du travail et la maitrise de leurs employés dans le monde entier.

Pierre Jovanovic, journaliste depuis trente ans et spécialiste de la crise financière a expliqué sa vision de l'affaire des Panama Papers à Sputnik:

"Ce que je peux vous dire c’est que j’ai vu exactement comment les Etats-Unis ont commencé leur guerre contre les banques du Vatican…, il y a eu plusieurs opérations de la CIA qui ont été consacrées à l’Union de banques suisses et également à HSBC et à d’autres banques…", a-t-il fait remarqué.

"Et ce qu’on a vu avec l’opération de Panama, franchement, c’est signé. C’est ce que j’ai écrit dans la revue de presse lundi matin – ça leur permet de faire d’une pierre deux coups puisqu’ils s’attaquent au Panama, première chose, et deuxième chose, quelle est la photo du dirigeant politique que vous voyez partout avec le scandale de Panama? C’est Vladimir Poutine.", affirme Pierre Jovanovic.

Commentant l'implication de Georges Soros et le rôle de l'organisation d'investigation qui a mené l'enquête, le journaliste reste sceptique: "Georges Soros effectivement sert de paravent. On ne sait pas si c’est lui tout seul qui a décidé d’organiser tout ça mais je pense qu’en fait il travaille on va dire dans une certaine idéologie, il est aidé en cela par cette organisation tout à fait extraordinaire des journalistes d’enquête, d’investigation qui se trouve bien entendu à Washington. Ça fait trente ans que je suis journaliste, je n’ai jamais entendu parler de cette organisation qui est arrivée d’un seul coup l’année dernière bien entendu pour dénoncer le secret bancaire".

Les données, qui proviennent du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, ont été obtenues par le journal allemand Süddeutsche Zeitung grâce à une source anonyme. Elles mentionnent le président ukrainien Piotr Porochenko, l'ancien président de soudanais Ahmed el Mirghani, le président des Emirats arabes unis et émir d'Abu Dhabi Khalifa bin Zayed bin Sultan Al Nahyan, le père du premier ministre britannique David Cameron, la première famille d'Azerbaïdjan, la famille du président chinois Xi Jinping. Le président russe, lui, n’est mentionné que par le biais de ses "amis intimes".

Pourtant, l'authenticité des documents n'est pas prouvée. De surcroît, la société Mossack Fonseca a déclaré qu'elle refusait de certifier l'authenticité des données, qualifiant les actes des journalistes de "crime".

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Tag(s) : #ACTUALITES

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