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La crise des réfugiés est une arme aux mains des Etats-Unis pour déstabiliser l'UE

Un pion négligeable dans un gigantesque jeu d'échecs, l'UE est actuellement à la merci d'une menace très puissante : une déstabilisation causée par l'immigration de masse.

Avec les guerres qui font rage à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA), le monde s'est habitué, s'est désensibilisé à la litanie des tragédies humaines : la mort, la mutilation, l'exode humain généré par des armées de terroristes... Dans le sang et les flammes, on a vu des pays tomber aux mains de milices barbares, le fruit de ce qu'on nous dit être l'incapacité des régimes à réformer leurs institutions.

À la lumière de cette tragédie actuellement en cours, j'aimerais évoquer un produit dérivé de la guerre : la migration de masse que les semblables de Daesh et ses compagnons d'armes ont travaillé très dur à mettre en évidence, afin que leurs mécènes et leurs financiers puissent brandir une nouvelle arme de déstabilisation de masse, contraignant les gouvernement à accepter leur offres.

Comprenez bien que je fais référence à la migration per se... Je ne parle pas de la validité, des droits ou de la situation critique de la légitimité des réfugiés de guerre. Mon intérêt ici est de se focaliser uniquement sur le phénomène créé par la guerre, sur cette grande tragédie humaine, militarisée par certains pouvoirs pour servir des ambitions impérialistes sans scrupules.

L'immigration de masse, il faut le dire, a depuis longtemps été exploitée par des entités perfides comme part d'un nouveau genre militaire : la guerre asymétrique.

Un essai important de Kelly Greenhill, publié dans Strategic Insights, a défini une telle technique comme des «migrations générées par la force», en notant que «ces mouvement de population transfrontaliers sont créés de manière délibérée ou sont manipulés afin d'induire des concessions politiques, militaires et/ou économiques d'un Etat ou des Etats qui sont ciblés».

Développant sa théorie, elle continue en disant : «La migration générée par la force est souvent ancrée dans des migrations de masse conçues de manière stratégique pour des raisons de dépossession, d'exportation ou militaires. Il est probable que, au moins en partie à cause de sa nature et du fait qu'elle soit souvent camouflée, sa prévalence [de cette migration générée par la force] ait été généralement méconnue et que sa signification ait été sous-estimée. En effet, c'est un phénomène qui est resté dissimulé à de nombreux observateurs».

Cet aperçu du concept présenté par Kelly Greenhill jette en effet un éclairage bien différent sur la crise des réfugiées que connaît l'Europe.

Bien sûr, la nature secrète d'une telle manipulation n'enlève rien à la réalité intrinsèque que les réfugiés de guerre connaissent lorsqu'ils cherchent un refuge ou un asile loin des canons et des carnages. Des profiteurs de guerre et des manipulateurs se cachent dans l'ombre de chaque véritable tragédie humaine.

Vous vous dites que c'est absurde ? Que c'est impossible ? Penchons-nous sur la Turquie et la mise en garde que son président a lancée à l'Allemagne contre une invasion de réfugiés au cas où Berlin manquerait de «jouer» le rôle d'un allié obéissant au Moyen-Orient. Est-ce que quelqu'un a remarqué la rapidité avec laquelle la position de la chancelière allemande a changé, passant du point de vue qu'il n'y aurait pas d'intervention directe en Syrie à celui de rejeter la prudence militaire et d'agir n'importe comment aussi longtemps qu'il le faudrait ?

Murat Yetkin, chroniqueur pour Hurriyet, a mis le doigt sur ce retournement politique en décembre 2015, lorsqu'il a noté que le moment pour une volte-face de la chancelière Merkel sur la question de la Syrie avait été idéalement choisi. Il écrit : «L'augmentation de la coopération militaire au sein des pays de l'OTAN contre Daesh et l'accumulation des forces de l'OTAN près de la frontière de la Turquie avec la Syrie ont eu lieu en parallèle avec le récent accord entre Ankara et Bruxelles sur les réfugiés syriens et la réactivation de l'offre d'adhésion de l'UE à la Turquie».

Simple coïncidence ? Je ne le pense pas. Je crois que le mot adéquat est plutôt «contrainte».

Face à un déluge de réfugiés, l'UE s'est tout simplement pliée aux ordres de certains pouvoirs. Mais de quels pouvoirs s'agit-il et qui ordonne ?

Voici une théorie : les Etats-Unis d'Amérique, l'Etat néo-conservateur par excellence, ultra-libéral qui a revêtu les habits de la démocratie.

Pendant que Washington continue de faire pression pour la fragmentation du Moyen Orient pour mieux s'affirmer en superpuissance supranationale (ou, c'est ce qu'elle croit), est-ce qu'il serait tiré par les cheveux d'imaginer que les Etats-Unis contraindraient leurs «alliés et partenaires» à une soumission politique et militaire ? Avons-nous oublié la façon systématique et rigoureuse avec laquelle les Etats-Unis ont espionné les fonctionnaires de l'UE au nom du contrôle ?

Andrew Korybko a récemment fait une observation inspirée en évoquant la partie d'échecs de Recep Tayyip Erdogan dans Sputnik, il y a quelques semaines. «Les minutes récemment publiées de la réunion de novembre entre Erdogan et l'UE prouvent que l'homme fort de la Turquie manipule le flux migratoire vers l'Europe à des fins stratégiques», a souligné Andrew Korybko.

«Nous pouvons ouvrir les portes vers la Grèce et la Bulgarie à tout moment et nous pouvons mettre les réfugiés dans des bus», a notamment déclaré le président Erdogan aux fonctionnaires de l'UE à l'occasion de leur rencontre de novembre.

Qui joue qui à présent ?

C'est bien tordu : alors que les Etats-Unis peuvent pour l'instant jouer les chefs d'orchestres, il faut se rappeler que l'argent peut toutefois perturber cet équilibre et dans ce cas, l'Arabie saoudite pourrait bientôt s'imposer comme l'acteur principal [dans la région]...... et ensuite ?

Donc, pendant que les Occidentaux sont occupés à présenter en diables tous les étrangers, peut-être que la menace réelle ne se trouve pas dans les réfugiés per se, mais dans des jeux secrets de déstabilisation que de soi-disant nations amies montent contre leurs gouvernements.

Quelqu'un a parlé d'une révolution de couleur ?

Catherine Shakdam
RT

via Sott

Tag(s) : #ACTUALITES

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