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 ALLEMAGNE: Merkel sur le départ ?

Allemagne : la poussée de l'extrême droite aux régionales ébranle Angela Merkel

 ALLEMAGNE: Merkel sur le départ ?

Le parti de la chancelière a essuyé un vote sanction dimanche lors d'élections dans trois États régionaux.

Correspondant à Berlin

Trois tonnerres d'applaudissements. Dans un hôtel d'un quartier périphérique de l'est de Berlin, les partisans de l'AfD fêtent leur victoire à grands cris: «Merkel doit partir!» hurlent-ils fièrement. Trois fois, l'Alternative für Deutschland a remporté son pari au-delà de leurs espérances.«Nous sommes là pour rester», lance-t-on dans la salle. «Profitez», recommande un organisateur en demandant aux participants un moment de silence pour suivre les commentaires à la télévision. Mais la petite centaine de militants, triés sur volet et sous protection d'un important dispositif policier, compte tenu des menaces de contre-manifestation dehors, préfère scander «AfD» à tue-tête.

Les élections régionales qui se sont déroulées dimanche dans trois Länder, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et la Saxe-Anhalt, ont tourné au cauchemar pour la CDU et sa présidente, la chancelière Angela Merkel. Dans ces trois régions, un seul thème avait dominé la campagne: la crise des réfugiés. Cette politique «catastrophique» a été sanctionnée, s'est félicitée la chef de file de l'AfD, Frauke Petry, avant de fixer le cap pour son parti: les élections fédérales de 2017. La campagne anti-immigration et anti-establishment du parti populiste a fonctionné.

Cauchemar pour la CDU

Dans leur ancien fief du Bade-Wurtemberg, les conservateurs ont été clairement distancés par les Verts, à 30,3% contre 27% selon les estimations disponibles à 22 heures. C'est un succès historique pour les écologistes et une déroute retentissante pour la CDU qui a perdu 12 points par rapport aux élections précédentes en 2011. L'AfD, avec 15,1%, réussit l'exploit de devancer le SPD humilié à 12,7%. En Rhénanie-Palatinat, les espoirs de la CDU ont aussi été douchés: avec 36,3% contre 31,8%, les sociaux-démocrates conservent cette région qui paraissait perdue il y a quelques mois. L'AfD parvient encore à se hisser à la troisième place avec 12,5%. En Saxe-Anhalt, si la CDU évite la déroute, avec 29,8% (contre 32,5% en 2011), la gauche est balayée: l'AfD s'impose comme deuxième force politique avec 24,2%, loin devant Die Linke à 16,3% et le SPD à 10,7%.

Pour Angela Merkel et sa coalition gouvernementale, c'est une catastrophe: ces élections avaient valeur de test alors que la gestion par la chancelière de la crise des migrants divise le pays. Dimanche soir, l'Allemagne était sous «le choc de l'AfD», comme le titrait Bild sur Internet. Le pays craint de voir l'AfD et son discours de droite radicale populiste s'enraciner durablement, comme le Front national en France. Prudemment, Angela Merkel n'a pas commenté les résultats dimanche soir. En tant que présidente de la CDU, elle a rendez-vous lundi matin avec ses pairs pour tirer les conclusions de ce petit séisme.

Les équilibres bouleversés

Angela Merkel va devoir résister à la colère de son propre parti. Pendant la campagne, les deux têtes de liste en Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat avaient suggéré un changement de ligne. Ils avaient été rappelés à l'ordre. Lundi, le ton pourrait monter. Dès dimanche soir, une députée, Erika Steinbach, a dénoncé la politique, «comme sous une dictature», de la chancelière. «Il n'y a pas de plan B», répète-t-on pourtant depuis des semaines à la Chancellerie. «Je n'attends pas de changement» dans la politique des réfugiés, a affirmé dimanche soir le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber. Mais entre la contestation électorale et le front du refus au niveau européen, Angela Merkel pourrait être tentée d'abandonner ses positions et de se résigner à une fermeture unilatérale des frontières en Europe.

Pour sauver son pouvoir et contraindre ses détracteurs à la mesure, la chancelière pourra toutefois s'appuyer sur les sondages, qui lui demeurent favorables pour 2017. Au SPD, la consternation régnait dimanche et le leadership de Sigmar Gabriel est en question. «Cette soirée marque une rupture», a-t-il regretté.

Dans les trois Länder, de difficiles tractations vont commencer pour former des majorités. En entrant dans les parlements régionaux, l'AfD, qui n'est considéré comme un interlocuteur par aucune formation, a bouleversé les équilibres.

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Tag(s) : #ACTUALITES

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