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François Hollande hué et insulté au Salon de l’Agriculture

Des éleveurs ont sifflé François Hollande et scandé «Démission». Le chef de l’Etat, accompagné du ministre du l’Agriculture Stéphane Le Foll, n’a pas interrompu pour autant sa visite.

FRANCE : Plus de 40.000 exploitations agricoles en situation d’extrême urgence

© JOEL SAGET/AFP Une heure après le début de la visite de François Hollande, des éleveurs, revêtus pour certains de t-shirts noirs, ont hué le président en scandant «Démission».

François Hollande, de retour d’une longue tournée dans le Pacifique et en Amérique latine, a inauguré tôt ce samedi matin le salon de l’agriculture, Porte de Versailles. Accueilli par une haie de drapeau de la FNSEA, il s’est d’abord entretenu avec Xavier Belun, président de la FNSEA à 6H47. «Si je suis là aujourd’hui c’est pour montrer qu il y a une solidarité nationale», et «on va tout faire» pour aider l’agriculture, car «en défendant l’agriculture je défends toute la nation», a déclaré le président. «Vous arrivez dans un contexte difficile. Un contexte de crise profonde. Elle dure», et «il y a beaucoup de désespérance, beaucoup de colère», lui a confié le chef de la FNSEA, entouré de membres du syndicat drapeaux à la main.

Mais le calme aura été de courte durée: une heure après le début de sa visite, des éleveurs, revêtus pour certains de t-shirts noirs, ont hué le président en lui demandant de «démissionner et de se casser», selon notre journaliste sur place. «C’est l’état d’urgence pour l’élevage!», lance l’un d’eux. «Bon à rien», «on n’est pas des migrants», «connard», «fumier» et autres insultes ont fusé tandis que le président progressait au milieu d’une haie hostile d’éleveurs. «Il s’en fout complètement de nous», clame un autre. «Ca fait un an qu’on mène des actions en France, personne ne nous écoute», renchérit un troisième.

Plus de 40.000 exploitations en situation d’extrême urgence

Le président, accompagné du ministre du l’Agriculture Stéphane Le Foll, n’a pas interrompu pour autant sa visite. Il a rappelé les mesures gouvernementales pour aider les éleveurs en difficulté et redemandé aux groupes de distribution, dont les négociations tarifaires annuelles avec leurs fournisseurs s’achèvent dans deux jours, de «faire un effort de solidarité». Le président s’est ensuite rendu au hall 2 du pôle végétal. Là, l’ambiance était plus calme, toujours selon notre journaliste.

Avec l’effondrement généralisé des cours agricoles qui frappe en particulier les éleveurs, plus de 40.000 exploitations sont en situation d’extrême urgence, selon Stéphane Le Foll. Plus de 60.000 (sur 490.000) ont réclamé de l’aide alors qu’un éleveur de porcs, en Bretagne, perd jusqu’à 6.000 euros par semaine.

Malgré le désespoir ambiant, les professionnels n’ont pas boycotté ce salon, foire-exposition de l’excellence des terroirs français et d’un modèle qui s’interroge sur son avenir. «On y va même si le coeur n’y est pas. C’est souvent la seule semaine de vacances des agriculteurs, mais ils sont à fleur de peau» confie Florent Dornier, Secrétaire général de Jeunes agriculteurs (JA). «C’est peut-être un des salons les plus compliqués depuis 20 ou 30 ans». «Les politiques, il va falloir qu’ils fassent très attention à ce qu’ils nous disent. Il y a un risque de douche froide», a-t-il prévenu.

Entre taureaux de compétition et bêtes à concours, se glisseront Manuel Valls lundi matin, et dans l’opposition Marine Le Pen (mardi), Nicolas Sarkozy et François Fillon (mercredi), Alain Juppé (jeudi) et Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Agriculture qui a prévu un triplé minuté – lundi, mardi, mercredi. A tous, la FNSEA a adressé un questionnaire en 13 points sur les problématiques agricoles. «Ceux qui n’auront pas répondu feront mieux de ne pas s’arrêter à notre stand» prévient Xavier Beulin. «Le cul des vaches, le petit verre qui va bien et le sourire sur photo… aujourd’hui on est sur autre chose» avertit-il carrément.

Avec AFP

Source : MSN Actualité

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Tag(s) : #ACTUALITES

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