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Éducation : vers un enseignement de l'islam en Alsace-Moselle

Une expérimentation doit conduire les élèves musulmans à suivre eux aussi des cours de religion à l'école.

Les élèves musulmans d'Alsace-Moselle pourront-ils suivre un cours confessionnel, comme leurs camarades catholiques, protestants et juifs? C'est une piste sérieusement envisagée par les représentants des cultes locaux, sous l'œil encourageant de la préfecture du Bas-Rhin, désireuse de relancer, dans la foulée des attentats de janvier, «le dialogue interreligieux».

Exception sur le territoire français, le «cours de religion» à l'école publique est, dans l'est de la France, une marque du passé, issue du Concordat de 1801 - qui reconnaît et organise quatre cultes (catholique, luthérien, réformé et israélite) - et de la loi Falloux de 1850 - qui inscrit l'instruction morale et religieuse dans l'enseignement primaire. Mais, au XXIe siècle, dans quelle direction doit évoluer cet enseignement en perte de vitesse? Dans l'académie de ...

Cet article a été publié dans l'édition du Figaro du 31/10/2015 . 81% reste à lire.

Éducation : vers un enseignement de l'islam en Alsace-Moselle

Rappelons que l’enseignement religieux obligatoire est dispensé sur les heures de cours à l’école primaire, puis proposé en plus au collège et au lycée. Il est facile d’obtenir une dispense. Jusqu’au CM2, les élèves non-inscrits, suivent alors un cours de morale. Au collège et au lycée, ils sont libres. En 2010, 30% des collégiens et 14% des lycéens des trois départements suivaient ces enseignements. À Strasbourg, on compte même 72,4% de dispensés dès le primaire.

Pour Abelhaq Nabaoui, vice-président du Conseil régional du culte musulman (CRCM), cette main tendue est bienvenue :

« Le préfet nous a assuré que cette instance n’était pas là pour remplacer le CRCM mais pour l’aider à avancer. C’est une très bonne chose que la préfecture accompagne l’organisation du culte, car le CRCM n’a pas de moyens. »

L’enseignement de l’islam était déjà une priorité du CRCM avant les attentats de janvier. L’une de ses commissions réfléchissait en interne sur une formule à destination des élèves des collèges et lycées.

Pour Abedlhaq Nabaoui, l’enseignement de l’islam doit agir comme un rempart contre la radicalisation :

« Les jeunes consomment ce qu’ils trouvent sur Internet. Nous devons les vacciner contre les idées extrémistes. Nous voulons protéger nos enfants des manipulations. »

Au-delà de la déclaration d’intention, le préfet et ses partenaires s’entendront-ils sur la même chose ? Responsables et membres associatifs musulmans, fonctionnaires du Rectorat, et élus de la Région devront se mettre d’accord sur un contenu d’enseignement, la formation et le statut des enseignants qui le dispenseront, le choix des établissements pilotes.

Murat Ercan, futur président du CRCM, se veut confiant :

« Pour le lycée, c’est plutôt bien parti. Pour le collège et le primaire, il nous reste beaucoup de travail. Nous allons commencer à travailler dès cet été, en vue d’une première réunion en septembre. Nous n’aboutirons donc pas pour la rentrée. Je mise plutôt sur celle de 2016. »

Quel serait l’objet d’un enseignement sur l’islam ? Traiterait-il de fait religieux, c’est-à-dire de l’islam comme fait de société, ou s’agirait-il d’un cours de religion à proprement parler ? Pour Abelhaq Nabaoui, c’est justement tout le débat qui va devoir être tranché au sein de l’instance de la préfecture :

« Fait religieux ou religion, c’est la question la plus importante et nous ne l’avons pas encore tranchée. Je ne vois pas le problème de penser à un cours de religion, si on travaille avec l’Académie, sachant que nous avons un régime qui le facilite. »

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Tag(s) : #RELIGIONS

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