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Le chef du Kremlin inaugure mercredi la nouvelle grande mosquée de Moscou. Il veut faire passer un double message: aux 20 millions de musulmans de Russie, mais aussi aux Occidentaux.

Le président russe Vladimir Poutine

 

«Poutine à l’inauguration de notre nouvelle grande mosquée, c’est un beau symbole!» Comme les trois millions de simples musulmans de Moscou, Daler Khamidov est fier de «la cathédrale» érigée avec ses minarets tout en marbre et granit, près du centre, capable d’accueillir 10 000 fidèles. Un chantier de 150 millions de dollars financé en majorité par Suleiman Kerimov, oligarque russe et musulman.

Le chef du Kremlin doit assister à son inauguration mercredi. «Grace à lui, les relations avec le reste de la population russe se sont apaisées. Il y a moins de violences nationalistes qu’avant», confie Daler Khamidov, cadre commercial dans une fabrique de viande halal et originaire du Tadjikistan.

Pas assez de mosquées

En dix ans, d’importantes communautés de travailleurs des ex-républiques soviétiques musulmanes d’Asie centrale sont arrivées à Moscou. Ces immigrés seraient plus d’un million, venant s’ajouter aux deux millions de musulmans historiquement installés à Moscou, où se concentre donc une forte proportion des 20 millions de musulmans recensés en Russie. Ce sont surtout des jeunes hommes vivant seuls pour qui la religion est un point fédérateur, de rencontre et d’identité. Du coup, la capitale compte plus de musulmans pratiquants que d’orthodoxes pratiquants. Et cela crée des tensions. Car, pour l’ensemble de cette population, il y a seulement cinq mosquées à Moscou. Les vendredis et jours de fête, d’énormes regroupements de fidèles se forment autour, occupant trottoirs et chaussées. De quoi provoquer la colère des riverains.

Entre 2000 et 7000 jeunes en Syrie

«Il faudrait une cinquantaine de mosquées à Moscou et dix fois plus d’imans. Le maire a finalement compris, mais cela va très lentement», reconnaît Damir Moukhetdinov, vice-président de la Commission spirituelle des musulmans de Russie. Les autorités rappellent qu’un réseau de mosquées est le meilleur moyen d’éviter la multiplication des lieux de prière cachés, pépinières de recrutement pour les radicaux. «Car la menace islamiste n’épargne pas la Russie. Entre 2000 et 7000 jeunes ont rejoint les troupes des djihadistes en Syrie», prévient Alexeï Malashenko, du Centre Carnegie. «C’est pourquoi Poutine veut contrôler sa population musulmane à l’intérieur du pays et, en défendant l’islam, faire passer un message aux Occidentaux.» Un message d’autant plus clair que le président est à la manœuvre en Syrie, poussant Washington à accepter son plan d’alliance avec le régime de Damas contre le groupe Etat islamique.

«Poutine sait que dans les pays arabes, il faut des solutions évolutives», soutient Damir Moukhetdinov, qui, comme beaucoup, est d’autant plus opposé aux révolutions arabes que la propagande du Kremlin les présente comme des coups d’Etat fomentés par les Etats-Unis. «Vous, les Occidentaux, avez provoqué la mort de centaines de musulmans, en Egypte, en Libye… Poutine, lui, les défend!» dit aussi Daler Khamidov. Comme d’autres musulmans, il a prévu d’assister à l’inauguration de la mosquée. Pour la fête religieuse. Mais aussi pour voir Vladimir Poutine, entouré de plusieurs chefs d’Etat musulmans. (TDG)

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Tag(s) : #ACTUALITES

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