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Après la flambée des années 2000, le parc d’automates bancaires stagne. Le besoin de « cash » diminue avec la hausse des paiements par carte.

Une disparition progressive du « cash » est-elle amorcée ? Après avoir massivement doté leurs agences de distributeurs automatiques de billets (DAB) depuis la fin des années 1980, les banques françaises commencent à faire marche arrière. « Le pic de la politique d’équipement en DAB a été atteint à la fin des années 2000 et nous assistons depuis à une inversion de tendance, constate Didier Cocheteau, le directeur des paiements du groupe BPCE. En effet, les retraits de billets dans les automates ne progressent plus. Le besoin de cash diminue parce que les paiements par carte bancaire progressent, notamment avec le développement du sans-contact, qui permet de payer par carte à partir du premier euro. »

 

BPCE mesure déjà ce recul auprès de ses clients commerçants, qui remettent moins de cash à leur agence, parce que leurs propres clients paient moins en liquide. Entre la mi-2014 et la mi-2015, ces entrées de fonds dans les agences du groupe ont ainsi reculé de 2,5 %. BPCE va donc proposer prochainement à ses réseaux Banque Populaire

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et Caisse d’Epargne de réduire leurs parcs lorsque le taux d’utilisation des DAB n’est pas suffisant. «  Par exemple, les agences qui dis­posent aujourd’hui de 3 à 5 DAB devraient ne conserver que deux automates. Nous pourrions ainsi en supprimer quelques dizaines », précise Didier Cocheteau.

Le seuil de rentabilité s’est dégradé

Dans les caisses du Crédit Agricole, les retraits d’espèces perdent aussi doucement du terrain. En 2014, le groupe a enregistré une baisse de 0,2 % des retraits à ses ­distributeurs automatiques. L’année passée, le Crédit Agricole Alpes-Provence a même vu le nombre de retraits décrocher de 2,7 %.

Cette baisse de la « fréquentation » des DAB se combine à des exigences réglementaires de sécurité coûteuses. Si bien que le seuil de rentabilité des automates s’est dégradé. « Celui-ci est passé d’environ 3.500 à 3.000 retraits par mois à 4.000 voire 4.500 retraits par mois ces dernières années », indique Yann Lhuissier, directeur général adjoint développement du Crédit Agricole Alpes-Provence.

Dans ce contexte, le système de commission interbancaire de retrait moins favorable n’est pas sans conséquence. Pour mémoire, ces commissions perçues par les banques lorsque les clients de leurs concurrentes retirent de l’argent à leur DAB ont été abaissées à 0,57 euro fin 2011, contre 0,72 euro auparavant. « Cette baisse de revenus a encouragé les banques à reconsidérer l’installation de DAB dans leurs nouvelles agences. Avant, le DAB était indispensable pour attirer les clients, aujourd’hui ce n’est plus forcément le cas lorsque le nouveau concept d’agence est suffisamment novateur », explique Joel Nadjar, associé chez Kurt Salmon.

Toutefois, les banques mutualistes disent vouloir maintenir « un niveau de service » partout sur le territoire. «  Dans les régions isolées, au-delà de l’implantation de DAB, nous privilégions aussi l’installation de points de retrait chez des commerçants ou la mise en place de DAB légers dans les supermarchés par exemple », explique Yann Lhuissier. Une stratégie que La Banque Postale pratique déjà à travers ses relais poste installés chez les commerçants ou ses agences postales communales qui dépannent ses clients qui veulent retirer des espèces.

Trois tendances de fond

Des distributeurs plus sécurisés

Le « skimming », qui consiste à introduire dans le distributeur de billets un équipement capable de copier les données contenues sur la piste magnétique de la carte bancaire, représente la fraude la plus répandue et cause au niveau mondial des pertes estimées à plus de 1 milliard d’euros. Pour y parer, Diebold a développé un système de lecture de la carte bancaire dans le sens de la largeur. Opérationnel en Suisse, en Afrique et en Russie, ce système devrait être déployé en 2016 en France dans les automates de plusieurs grandes banques.

Les automates s’adaptent aux nouveaux usages

Les constructeurs développent des solutions logicielles permettant de retirer de l’argent au distributeur sans avoir à sortir sa carte. Dans son application bancaire, une fois authentifié par un code, le client sélectionne la fonction de retrait et choisit un montant. Son téléphone génère alors un code-barres 2D (QR Code), qui, une fois scanné par le lecteur dédié de l’automate, déclenche la distribution de billets. Un concept similaire permet d’envoyer de l’argent à un proche. Wincor Nixdorf teste la première solution dans 3 banques françaises pour un déploiement en 2016.

Quand l’automate se transforme en minibanque

Les constructeurs de distributeurs se positionnent comme partenaires des banques pour les accompagner dans leur transformation digitale. Diebold a ainsi développé, pour la banque islamique Al Rajhi Bank, un automate multitâche permettant tout à la fois d’ouvrir un compte, d’éditer une nouvelle carte bancaire ou même un chéquier, ou, encore, de dialoguer avec un conseiller spécialisé par vidéoconférence. Déployé dans des zones rurales reculées en Arabie saoudite, ce kiosque ­intéresserait aussi des banques mutualistes en France.
Véronique Chocron
Sharon Wajsbrot

source via Maître Confucius

 

 


 

Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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