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Il n’y aura pas de mouches OGM dans les oliveraies espagnoles. Ainsi en a décidé le gouvernement catalan, début août, estimant que les risques de voir ces insectes transgéniques s’échapper dans la nature étaient trop élevés. Imaginés par la société britannique Oxitec, connue pour avoir vendu des millions de moustiques OGM au Brésil (notre article), les mouches OGM sont censées venir à bout de la mouche de l’olivier. Ce parasite, qui pond ses larves dans les fruits – entraînant leur pourrissement, occasionne chaque année de lourdes pertes pour les producteurs. Et il a finit par s’accoutumer aux insecticides, lesquels s’avèrent de moins en moins efficaces.

L’idée d’Oxitec, c’est de lâcher des mouches génétiquement modifiées pour qu’elles s’accouplent avec leurs homologues naturelles, lesquelles donneront des descendants femelles qui mourront au stade de larves, à l’intérieur des olives dont elles se nourrissent. 5000 de ces mouches devaient être lâchées chaque semaine, sur une surface d’environ 1000 m². Le tout sous filets, histoire de mieux observer les effets produits. Mals un filet n’est pas très étanche. Et les risques de dissémination ont alerté de nombreuses organisations espagnoles et européennes, qui ont rédigé un texte commun, appelant au refus de la demande d’Oxitec [1].

Des effets sanitaires méconnus

« Les mouches pourraient échapper à la zone de test et si, comme avec de nombreuses expériences, les choses ne se déroulent pas comme prévu, il sera impossible de l’arrêter. Tout contrôle ou retrait des insectes génétiquement modifiés serait impossible, encore plus que pour les cultures transgéniques », explique le Dr Janet Cotter de l’Unité internationale scientifique de Greenpeace. On ignore les effets de l’ingestion de mouches OGM sur les petits reptiles, mammifères et oiseaux présents dans les oliveraies. Par ailleurs, la stérilité promise ne sera sans doute pas totale. La société Oxitec elle-même l’a reconnu pour le moustique brésilien. Divers facteurs pourraient contrer la stérilité attendue des mouches OGM et notamment la présence importante sur les terres agricoles de tétracycline, un antibiotique souvent utilisé dans les élevages intensifs de cochon, nombreux dans la région de Tarragone. La fertilité des mouches, comme celle des moustiques, augmente en présence de la tétracycline... Et on ne sait pas ce que donne une descendance transgénique qui arrive, active, à l’âge adulte.

Les organisations qui ont fait pression pour que les mouches OGM ne s’installent pas en Espagne craignaient aussi les effets sur l’agriculture biologique, dont les surfaces ne cessent d’augmenter [2]. « L’Espagne est le principale producteur d’huile d’olive biologique dans le monde avec une surface de 170 000 hectares , détaille Victor Gonzálvez, de la Société espagnole pour l’agriculture écologique [3]. S’il arrive que les olives bio soient en contact avec la nouvelle larve de mouche modifiée, les producteurs biologiques pourraient perdre leur certification, et la confiance des consommateurs dans les produits biologiques serait compromise. En outre, l’impact sur la santé humaine n’a pas été correctement évalué. » Quels sont les effets sanitaires de l’ingestion de fruits contenant des larves transgéniques mortes ? Il n’y a pas de données sur le sujet. Oxitec avait, fin 2014, par ailleurs annoncé des essais en plein champs dans l’état de New-York, avec des papillons transgéniques, pour venir à bout d’un parasite des choux et colza (notre article).

 

source

Notes

[1Parmi les signataires du texte appelant à refuser la demande d’Oxitec : les Amis de la terre Espagne, Greenpeace, le Criigen (comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique), la fédération nationale française de l’agriculture biologique...

[2En agriculture biologique, la technique la plus utilisée pour lutter contre la mouche de l’olive est celle du piégeage : des bouteilles en plastique remplies d’un mélange qui attire les mouches sont accrochées aux branches des arbres. Certains agriculteurs utilisant cette technique parviendraient à maintenir les dommages liés à cette mouche en dessous de 10%. D’autres ajoutent des insecticides naturels.

[3Sociedad española para la agricultura ecológica

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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