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Dans la nuit du 21 au 22 novembre 1981, après avoir immobilisé les sentinelles, des hommes armés s’étaient introduits dans le quartier Clauzel, qui abritait alors le Centre mobilisateur n°83 de Foix, pour y dérober une centaine de pistolets-mitrailleurs et 4 mitrailleuses ainsi qu’un camion militaire. Comme l’on peut s’en douter, l’affaire fit grand bruit à l’époque.

La piste terroriste fut alors avancée (séparatistes basques de l’ETA, nostalgiques de l’OAS, extrême-gauche)… En réalité, le vol avait été réalisé par des malfrats. L’un d’eux avait eu le projet de dévaliser le Centre mobilisateur de Foix car il connaissait bien les lieux pour y avoir effectué son service militaire. Seulement, s’il fut audacieux, ce coup fut surtout une mauvaise idée : leur culasse ayant été retirée avant d’être stockées dans l’armurerie, les armes volées étaient inutisables. Et devant l’agitation provoquée par l’affaire, ces dernières ne pouvaient que trouver difficilement preneur dans le « milieu ». Aussi, à court de liquidités, les voleurs tentèrent un hold-up à Toulouse : c’est ce qui provoqua leur perte.

Pourquoi évoquer cette histoire, près de 34 ans après les faits? Parce qu’une affaire similaire vient de se produire le weekend dernier sur le site militaire de Miramas (Bouches-du-Rhône), qui abrite la Zone de regroupement et d’attente (ZRA) qui, armée par le 503e Régiment du Train (RT), est le point de sortie (et d’entrée) des unités de l’armée de Terre « projetées » sur un théâtre extérieur, ainsi que l’Établissement principal des munitions « Provence ».

Ainsi, probablement dans la nuit du 5 au 6 juillet, et alors que les sites militaires font l’objet d’une surveillance accrue dans la cadre du plan Cuirasse, des individus ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’enceinte puis dans le dépôt de munitions pour mettre la main sur 150 à 200 détonateurs, une dizaine de pains de plastic et une cinquantaine de grenades. Le butin pourrait être encore plus important étant donné que l’inventaire est encore en cours.

Selon Europe1, le site de Miramas compte des « dizaines de bâtiments, isolés les uns des autres par mesure de sécurité » et s’étend sur « 250 hectares, entourés par deux rangées de grillage, sans caméras de vidéosurveillance ». La nuit, poursuit la radio, « ne reste que quelques gardiens et les militaires qui dorment sur place ».

« Je n’ai eu que très peu d’informations mais c’est très inquiétant. Tous les services de l’Etat sont focalisés sur le dossier », a commenté Frédéric Vigouroux, le maire de Miramas, sur les ondes de France Bleu.

Étant donné le contexte actuel, l’hypothèse d’un vol d’explosifs en vue de commettre des actes terroristes vient immédiatement à l’esprit. Mais il peut s’agir, comme pour l’affaire de Foix, d’un coup du grand banditisme.

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Tag(s) : #ACTUALITES

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