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© Inconnu

L'hexagone reporte ses engagenents de réduction de consommation de pesticides pris pour 2018, à 2025. Alors qu'en 2009, le plan Ecophyto ambitionnait de réduire de moitié l'usage de pesticides en France, le résultat inverse s'est produit : l'usage des pesticides a augmenté de plus de 9% entre 2009 et 2013.

Conséquence logique, on retrouve de plus en plus de pesticides dans notre alimentation. Alors que les agences de l'eau, où siègent de nombreux représentants des agriculteurs, communiquent peu sur la question, l'agence Rhône Méditerranée Corse, a fait acte de transparence, en tirant la sonnette d'alarme fin 2014.

Des pesticides de plus en plus présents

Depuis le lancement du plan Ecophyto, 150 produits ont été détectés dans 3 000 cours d'eau du Sud Est de la France. « Non seulement le nombre (de pesticides) reste stable, mais les concentrations ne faiblissent pas non plus. Leurs taux atteignent parfois jusqu'à 200 fois la norme de l'eau potable » s'inquiétait Martin Guespereau, le directeur général de cette agence de l'eau qui dessert 14 millions d'habitants.

Plus inquiétant encore, on retrouve dans les analyses menées ces six dernières années, une trentaine de produits interdits depuis au moins dix ans, à des niveaux de teneurs qui montrent que ces produits sont toujours utilisés. C'est le cas pour un certain nombre de molécules d'herbicides (terbuthylazine, simazine et atrazine), traditionnellement utilisées dans la vigne. En plus des dégâts sur l'écosystème, ces « phytosanitaires peuvent en outre générer des proliférations de bactéries toxiques » précise ce directeur de l'agence de l'eau.

Dans le même temps, du fait des pesticides infiltrés, 38 nappes souterraines et 49 captages sont devenus impropres à la fourniture d'eau potable dans le seul bassin Rhône Méditerranée Corse. Si les stations de traitements parviennent à diluer une partie de ces molécules de pesticides - de nombreux sous-produits se retrouvent à l'état de résidus dans notre eau courante.

Selon Que Choisir, plus de 560 000 consommateurs, répartis sur plus de 700 communes, ont été exposés à des teneurs trop élevées en résidus de pesticides via leur eau courante en 2013. Et encore, l'association de consommateurs a concentré ses analyses sur la simple recherche d'atrazine, un herbicide interdit depuis 2003 !

La toxicité des pesticides sous-estimée ?

 

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© Inconnu

Certes, selon l'Anses, notre alimentation solide reste la première source d'exposition aux pesticides. Mais on aurait tort de sous-estimer les autres formes d'exposition, notamment pour les femmes enceintes ou les enfants en bas âge. Plusieurs études ont montré la vulnérabilité des femmes enceintes exposées à une eau du robinet qui contenait trop de pesticides. Ainsi en Bretagne, une étude de l'université de Rennes a démontré que l'exposition à des résidus de pesticides via l'eau courante, entraînait des effets dommageables sur les grossesses.

En réalité, alors que l'effet cumulé des molécules persistantes et la poursuite des épandages de pesticides, augmente chaque année, de plus en plus d'études remettent en cause la notion de « dose journalière admissible » utilisée par les autorités sanitaires. Ainsi, des produits comme le Round-up, dont on retrouve des traces dans nos fruits, légumes et eau courante, seraient jusqu'à 1 000 fois plus toxiques qu'annoncé, selon des chercheurs de l'université de Caen.

Ce que l'association Générations Futures, explique ainsi :

« les formulations de pesticides ne sont pas évaluées pour leur toxicité chronique (à long terme), mais seulement pour leur toxicité aiguë !(...) C'est le mélange de la substance active avec les adjuvants - ce qu'on appelle la formulation - qui pose problème car la présence des adjuvants augmente considérablement la toxicité de cette formulation. Autrement dit : ce qui est testé n'est pas ce qui est réellement employé par les agriculteurs. »

D'autres études mettent l'accent sur les interactions entre molécules, dits effets cocktails qui démultiplieraient par vingt ou trente la toxicité des pesticides. Autant d'indices qui laissent penser que notre exposition aux pesticides augmente donc de façon exponentielle. Au détriment de notre santé, si l'on en croit la longue liste de maladies susceptibles d'être favorisées par une exposition chronique aux pesticides, via l'air, l'eau ou l'alimentation solide.


Eau mon dieu
via SOTT

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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