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Le directeur d'une école primaire de Villefontaine (Isère), soupçonné de viols sur des élèves de sa classe de CP et interpellé par la gendarmerie, a reconnu les faits en garde à vue.

Sa garde à vue a consterné la communauté éducative et au-delà. Le directeur d'une école primaire de Villefontaine (Isère), soupçonné de viols sur des élèves de sa classe de CP et déjà condamné pour pédopornographie en 2008, a reconnu les faits en  mardi soir.

Neuf plaintes correspondant à neuf élèves de la classe de cet enseignant ont été enregistrées à ce stade, a par ailleurs précisé le procureur de la République, Matthieu Bourrette, dans un communiqué.

Âgé de 45 ans, ce père de famille sera déféré mercredi matin devant un magistrat en vue d'une probable mise en examen. Compte tenu de la nature criminelle des faits, le parquet de Vienne doit se dessaisir au profit du procureur de Grenoble.

Le suspect avait été interpellé lundi matin à son domicile où les gendarmes isérois ont retrouvé une clé USB avec des images à caractère pédopornographique. Cet homme, qui avait pris ses fonctions à la rentrée 2014 dans cette petite école de quartier de Villefontaine, avait nié dans un premier temps les faits qui lui sont reprochés.

Il aurait pris en photo les viols sur ses élèves

Il a ensuite reconnu la détention d'images pédopornographiques, «expliquant qu'il s'agissait pour lui d'une addiction qui n'avait cessé depuis plusieurs années», avant de reconnaitre avoir imposé des fellations à plusieurs de ses élèves. Selon le parquet de Vienne, il a également photographié, puis effacé ces agressions, à l'aide de matériels vidéo prépositionnés dans la classe.

Les faits de viols auraient été commis entre décembre 2014 et mars 2015 pour au moins deux fillettes âgées de 6 ans, selon les premiers éléments de l'enquête confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Bourgoin-Jallieu. Les fellations auraient été imposées dans le cadre de ce que l'enseignant appelait «un atelier du goût», durant lequel les enfants, les yeux bandés, devaient identifier des «choses» qu'il leur faisait goûter.

VIDEO. Un directeur d’école accusé de viols, les parents sous le choc


Le quadragénaire avait été condamné en 2008 à six mois de prison avec sursis avec obligation de soins. Toutefois, aucune interdiction d'exercer un travail avec les enfants n'avait alors été prononcée par le juge des libertés et de la détention.

Mardi, l'inspection d'académie de l'Isère a dit tout ignorer de cette précédente condamnation. Les ministères de l'Éducation nationale et de la Justice ont décidé d'ouvrir une enquête administrative conjointe «afin de faire toute la lumière sur cette affaire» et «sur les circonstances dans lesquelles l'autorité judiciaire et l'Éducation nationale ont pu partager des informations relatives» à cette condamnation.
 

Un incroyable dysfonctionnement

Comment est-ce possible ? Comment un enseignant, condamné en 2008 pour recel d'images pédopornographiques, a-t-il pu continuer à travailler auprès d'enfants, jusqu'à l'issue dramatique révélée hier ? Les ministres de l'Education et de la Justice viennent d'ouvrir deux enquêtes administratives conjointes, pour élucider ce que beaucoup, y compris dans les cabinets ministériels, qualifient déjà d'invraisemblable dysfonctionnement.

Pourquoi l'école n'était-elle pas au courant ?

C'est le nœud du problème, sur lequel va se concentrer l'enquête administrative. L'enseignant a comparu pour recel d'images à caractère pédopornographique le 25 juin 2008, peu de temps avant les grandes vacances, devant le tribunal de grande instance de Bourgoin-Jallieu (Isère). Une ville éloignée de son lieu de travail, dans le département voisin du Rhône. Selon une circulaire datant de 2001, le parquet aurait dû avertir de cette condamnation l'académie de Lyon, dont il dépendait à l'époque. Mais, pour une raison encore inconnue, l'information n'est pas passée. « Il n'y avait rien dans son dossier, nous ne savions rien de tout cela », affirme Dominique Fis, la directrice académique de l'Isère, où était affecté depuis 2011 Romain F.

Avait-il encore le droit d'enseigner ?

Le juge qui a condamné l'enseignant en 2008 à six mois de prison avec sursis, avec obligation de soins, n'a pas assorti sa peine d'une « mesure complémentaire » lui interdisant d'entrer en contact avec des mineurs. « Il n'en avait pas l'obligation, c'est son appréciation », relève un avocat, spécialiste de l'Education nationale. Si elle avait été informée des faits, l'administration aurait pu de son côté engager une procédure disciplinaire ou un licenciement « si elle considérait que les faits étaient incompatibles avec l'exercice de ses fonctions », précise Valérie Piau, avocate spécialisée dans les droits des élèves. « Le rectorat aurait aussi pu proposer un reclassement dans un poste administratif, loin des élèves », note Sébastien Sihr, porte-parole du syndicat d'enseignants Snuipp.

Etait-il fiché ?

Le nom de l'enseignant ne figure pas au Fichier national des délinquants sexuels, car les condamnations pour recel d'images n'y entrent pas. Ses démêlés en revanche ont figuré dans son casier. « L'Education nationale, comme toute administration, y avait accès, c'est certain, assure un spécialiste. Simplement, elle n'a aucun moyen, structurellement, de vérifier régulièrement les casiers de tous ses agents. » Les enseignants doivent fournir, à leur entrée dans le métier, un extrait de casier judiciaire. C'est le seul moment où leur situation pénale est systématiquement vérifiée.

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Tag(s) : #ACTUALITES

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