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Au moins 100.000 personnes proches du parti antilibéral espagnol Podemos, allié du grec Syriza, ont manifesté samedi dans les rues de Madrid leur volonté de " changement" . Un rassemblement que Jean-Luc Mélenchon, sur place, a qualifié de " tremblement de terre politique européen "
 
Le mouvement semble bien parti. Après la victoire de Syriza en Grèce dont le gouvernement a courageusement tourné le dos à Bruxelles, ce sont les Espagnols qui occupent, à l’appel du jeune parti Podémos, la rue pour demander le changement, eux qui ont sévèrement pâti de la crise. Cette prise de conscience qui fait boule de neige annonce l’effondrement salutaire prochain de la Troïka.

La grande « marche pour le changement  » devant partir à la mi-journée de la place de Cibeles à Madrid pour relier la Puerta del Sol, dans le centre historique, rassemblait une foule compacte, sans doute des dizaines de milliers de personnes au départ du cortège. Cette marche intervient moins d’une semaine après la victoire dimanche du parti de gauche Syriza, dont les dirigeants ont régulièrement fait campagne aux côtés de ceux de Podemos.

Issus de deux des pays européens ayant vécu le plus durement la crise, avec encore plus d’un cinquième de leur population active au chômage, Podemos et Syriza partagent le même rejet de la « troïka » (Banque centrale et commission européennes, Fonds monétaire international). Selon eux, il faut mettre fin à l’empire de la finance internationale qui oublie l’humain et poser la question d’une restructuration de la dette.

« Ce qui s’est passé en Grèce est historique. Tout le monde sait que la suivante, c’est l’Espagne  », a assuré samedi au quotidien en ligne Publico le Français Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche en France, également allié de deux formations et qui devrait participer samedi. Le rassemblement intervient à moins d’un an des législatives en Espagne et à quatre mois d’élections régionales partielles et municipales, où des candidats de Podemos ont prévu de se présenter.

Le parti, fondé il y a tout juste un an, a créé la surprise dès mai 2014 en obtenant 1,2 million de voix, cinq députés, aux Européennes. Depuis, son ascension dans les sondages a été fulgurante, dépassant régulièrement le Parti socialiste et parfois même le Parti populaire (droite) au pouvoir, devenant théoriquement la première ou deuxième force politique.

Un « Yes, we can » espagnol

Podemos, « Nous pouvons », issu du mouvement des Indignés né à Madrid le 15 mai 2011 pour dénoncer la haute finance, l’austérité et l’establishment jugé corrompu, la « caste », a fait un pari inhabituel: manifester non pas « contre » mais « pour ». « Le 31 janvier, nous allons démontrer que tous ensemble nous allons changer l’histoire de notre pays », promet son chef, le très charismatique professeur de sciences politiques Pablo Iglesias, âgé de 36 ans.

 

« Ce n’est pas une manifestation, c’est une fête », a assuré de son côté un des dirigeants du parti, Inigo Errejon. « L’enthousiasme et la volonté débordent dans les rues  » de Madrid, lisait-on aussi sur le compte Twitter de Podemos, qui, inspiré du « Yes we can » de Barack Obama, a repris aussi ses recettes combinant l’usage intensif des réseaux sociaux, au porte-à-porte et aux réunions de quartier.

Podemos a prévu de terminer sa marche à la Puerta del Sol, une place qui, de par sa taille, était déjà pleine à 12h30. Une image, dont il espère qu’elle marquera les Espagnols.

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias./ Photo DDM

Le soutien de Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012, participait avec Podemos à la Marche du changement. Il a comparé le mouvement à « un tremblement de terre politique européen« . La victoire du parti anti-libéral Syriza en Grèce « est considérable, la mobilisation en Espagne, je ne sais pas si elle sera victorieuse, mais elle fait déjà bouger les lignes« , a-t-il poursuivi. « Après que la chaîne est rompue en Grèce, on pense qu’elle peut dorénavant rompre en Espagne et à partir de là on peut imaginer que le dispositif actuel de la Troïka (Union européenne, FMI et Banque centrale européenne) et de la gouvernance merkelienne s’effrondre« , a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

Avec AFP
Tag(s) : #ACTUALITES

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