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Nous hésitons à qualifier Tsipras le Grec de méprisable, nous lui laissons le bénéfice du doute encore quelques jours. En revanche, d’ores et déjà nous prenons le risque de dire que c’est un imbécile. Bref il a rejoint la classe des hommes politiques, celle ou l’efficacité n’est pas une priorité, celle où l’on croit que l’accord des parties est positif, même s’il conduit à l’échec. Ah la fameuse priorité au dialogue chère aux politiciens. Peu importe que l’on se suicide, l’essentiel est de parler…avant.

Tsipras est un imbécile car d’emblée il s’est placé sur le terrain de l’adversaire en implorant un subside pour faire les échéances les plus urgentes et tenir quelques semaines. Les adversaires ne sont pas stupides, ce sont des rapaces, ils ont tout de suite vu que c’était maintenant, tout de suite que Tsipras était en position de faiblesse en tendant la main. Ils n’allaient pas lui donner de quoi tenir ! Donc au lieu de lui laisser du mou, il lui ont passé la corde au cou, tout de suite. L’aide d’urgence sera liée, dès le départ, au reniement des promesses électorales. Et l’imbécile de Tspiras de commencer à mentir, à louvoyer et à donner dans le double langage comme un vrai politicien de la SSDA.

 

On se met à genoux, on remet les clefs de la ville et, de retour chez ce qui n’est déjà plus un chez soi, on va à la télé oser dire « nous avons gagné une bataille ». Et d’ajouter, hommage du vice à la vertu la banale idiotie « mais pas la guerre ». Et le ministre de l’économie qui dit : « les députés de Syriza accepteront la liste de mesures, même si elles ne remplissent pas les promesses électorales », déclaration complétée par un autre sous-ministre, qui ose dire que « les lignes rouges tracées par Syriza ne sont pas violées ». Ne viole-t-on pas la ligne rouge, la seule vraie importante, en empêchant que les 10 milliards restants du fond de soutien des banques soient utilisés pour soutenir l’économie ? C’est le cœur du problème : car il faut, pour réussir, divertir les ressources consacrées aux banques et aux banquiers pour les réinjecter dans l’économie productive. Et cela les 19 Européens n’en veulent pas. Cela pourrait marcher et aller dans le sens d’une réussite de Syriza, or il faut qu’ils échouent.
 

Tsipras a commis presque toutes les fautes qu’il pouvait commettre. Au lieu de prendre l’offensive par des mesures concrètes, non conventionnelles qui mettaient à l’abri son maigre stock de munitions, il a voulu bluffer; hélas, il n’a rien dans sa manche. Et le seul atout qu’il avait, à savoir le soutien du peuple grec, va commencer à filer. Car c’est depuis le premier jour, la tactique Allemande, semer la division chez les Grecs, séparer Tsipras de sa base, le pulvériser. Les Allemands ont toujours considéré que la majorité de Tsipras n’était que de circonstance, qu’elle volerait en éclats dès l’épreuve de réalité. N’en doutons pas un seul instant, les dominants ont mandaté des instituts de sondage du genre IPSOS pour suivre quotidiennement l’évolution de l’opinion Grecque.
 


La bonne stratégie eut été de prendre l’initiative positive tout de suite, c’est à dire prendre des mesures avant de quémander. Des mesures immédiates de fermeture des banques, de contrôle des changes et de verrouillage. Il fallait d’emblée faire une opération vérité : les banques sont en faillite, il fallait les adosser à l’État puisque c’est ce qui est fait concrètement. Il fallait avoir prêtes, des mesures de préparation à la sortie ou au passage en force, des mesures populaires unilatérales, des mesures bancaires, contrôle des mouvements de capitaux, mesures contre la corruption etc. Tsipras s’est mis en position d’assister au drainage des dépôts dans les banques Grecques, drainage qui signifiait son arrêt de mort. Il a laissé Schauble encourager la fuite des capitaux hors de Grèce et pousser le système bancaire à la faillite. Tsipras a négligé ou n’a pas eu l’audace de sa stratégie, il a négligé de neutraliser le fameux « Mur de l’Argent ». Comment peut-on venir au pouvoir avec le couteau entre les dents et promettre la guerre et en même temps se laisser drainer, vider de son sang monétaire par la kleptocatie complice des banquiers et des Allemands ? Maintenant, il est ridicule. Tout comme Mitterrand l’a été lorsqu’après avoir tenté lamentablement une expérience de transition socialiste, il est allé à Canossa, a refusé de sortir de la logique européenne et mondiale et s’est mis aux ordres de Jacques Delors.

 


Aucune transition socialiste n’est possible avec l’accord de l’environnement et des soi-disant partenaires. Toute personne qui lit l’Histoire le sait. Car plus que de tout autre chose, ce que les partenaires craignent, c’est la contagion, le mauvais exemple qui réussit.

Que l’on ne vienne pas nous dire que nous tirons contre notre camp et que nous prêchons pour la paroisse des Tsipras et des Mélenchon, non car ces gens sont des incapables qui trompent les peuples. Mais pour se libérer du joug des dominants européens, il y aurait peut-être intérêt à faire un bout de chemin avec eux. C’est là que se trouvent une partie des forces du refus. Un bout de chemin limité, car ces gens sont des dirigistes, ennemis des libertés et de la liberté tout court. Ce sont des constructivistes, étatistes, mais au moins ils sont ancrés dans leurs pays respectifs pour ne pas dire nationaux.

Les forces anti-servitude Européenne-Pays du Nord sont majoritaires, mais elles sont divisées. On leur a passé le couperet qui les définit comme extrêmes. Et les extrêmes, ce n’est pas bien, c’est dangereux. Avoir des convictions, résister au système de la social-démocratie alternée, la SSDA, ce n’est pas politiquement correct. Mais comment faire quand Valls, le démocrate estampillé ose déclarer : « Quoi qu’ils fassent, nous ferons les réformes, quand même » !
 


BRUNO BERTEZ Le Dimanche 22 Février 2015
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Tag(s) : #Crise de l'Euro

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