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Un article très détaillé de Dominique Guillet, fondateur de Kokopelli, où on y rencontre la confrérie de tous les empoisonneurs mondiaux. Soyez attentifs aux noms des commanditaires et « généreux » donateurs, ça confirme beaucoup de soi-disant  théories complotistes sur un empoisonnement planétaire, via la propagation de semences génétiquement  modifiées, qui ne résistent pas plus à la maladie, qu’à la sécheresse puisqu’il ne s’est jamais autant vendu de pesticides concoctés par les mêmes empoisonneurs. C’est vraiment un paradoxe qu’il faut mettre en exergue, car si leurs chimères, selon leurs promesses, sont résistantes à tout, pourquoi l’utilisation exponentielle de leurs produits toxiques en millions de tonnes?

Avertissement.

Dans ce présent article, plutôt que le terme “OGM”, j’adopte le terme “chimère” (87) amplement utilisé, depuis de très nombreuses années, par Jean-Pierre Berlan, ancien directeur de recherches à l’INRA, et par Richard Lewontin, professeur de génétique à l’Université de Harvard; et j’ai recours, également, aux néologismes qui en découlent naturellement: “chimérique” (au lieu de transgénique), “chimériste” et “chimérisation”. Tout comme j’ai osé le terme “nécro-carburant”, au printemps 2007 (88), dans ce même esprit d’authenticité sémantique,  j’utilise actuellement les termes “nécro-technologie” (au lieu de bio-technologie), “nécro-technologique”, “nécro-techs”, etc, afin de tenter de limiter, autant que faire se peut, la corruption du langage évoquée par Jean-Pierre.

«Les mots contribuent à définir la réalité. Lorsque des intérêts considérables sont en jeu, ils sont rarement neutres et objectifs. Ils créent plutôt la confusion, égarent la réflexion, empêchent de penser la réalité. Les utiliser sans les passer au feu de la critique, c’est faire preuve du même discernement que les lévriers lancés à la poursuite d’un leurre en peau de lapin. Les organismes génétiquement modifiés ou OGM illustrent cette corruption du langage : ce sont, en réalité, des clones chimériques brevetés (CCB). Un clone – à distinguer d’un individu ou d’une plante clonée – est une population d’organismes génétiquement identiques. Les « variétés » modernes de blé, d’orge, de colza, de maïs, de tomates, etc., sont constituées de plantes (ou de génotypes) identiques ou presque. Ce sont des clones». Jean-Pierre Berlan.

Fin octobre 2014, 1500 délégués de 69 pays se retrouvent à Bangkok, en Thaïlande, pour le 4 ème Congrès International du Riz, sous l’égide de l’IRRI (International Rice Research Institute). Le ton est donné par l’un des conférenciers, Mark Lynas, qui intitule son intervention en plénière, “C’est le 21ème siècle: où est mon riz transgénique?” Mark Lynas est un obsédé du réchauffement climatique anthropique qui, pour cause de refroidissement avéré, s’est recyclé dans un sujet authentiquement brûlant: la promotion des chimères génétiques. Pantin pitoyable des multinationales des nécro-technologies, Mark Lynas, très médiatisé, se présente comme un militant anti-OGM de la première heure qui s’est converti lorsqu’il a découvert la Science!! Depuis lors, Mark Lynas est parti en croisade, en de nombreux pays d’Afrique, pour y colporter la bonne nouvelle scientifique de la Transgenèse et y prosélyter ce nouveau fanatisme trans-naturel de la ChiMère au sein des Peuples Africains – dont certains vouent encore un culte primitif à la Mère – et dont l’état de Nature est tel qu’ils ont réussi à survivre pendant des dizaines de milliers d’années, au moins, sans chimères génétiques, sans pesticides et sans fertilisants de synthèse, sur un continent sujet à des cycles récurrents de sécheresses, d’inondations, de verdissements et de déverdissements. Un exploit qui constitue, d’ailleurs, un profond mystère pour la Science Occidentale.

Faisant table rase des risettes, des boulettes et des ritournelles qui prévalent, depuis moult années, dans la communication concernant les riz chimériques – en fait, depuis le lancement par Syngenta, en l’an 2000, de son “golden rice/riz doré” breveté et tant ridiculisé –  le message fort et péremptoire de ce 4 ème Congrès International des Rizi-Nécrotechs est le suivant: les riz chimériques sont de retour et nous allons vous les semer à la bolée!

Mais que les masses non illuminées par la Grâce de la Science Rédemptrice se rassurent: ce sont des riz chimériques de seconde génération, 2.0, qui vont être les flambeaux de l’émergence (vers 2030) d’une future Révolution Verte 3.0 – selon les expressions mêmes (5) des chiméristes de l’IRRI, le grand temple du charlatanisme rizicole depuis sa création en 1960, aux Philippines, par les Fondations eugénistes Rockefeller et Ford.

Contamination par les riz chimériques de première génération

En effet, pour ce qui concerne les riz chimériques de première génération, il n’est point question de retour… puisqu’ils ont toujours été présents dans certains aliments… sans jamais avoir été cultivés! Ce sont les riz miraculeux de la science chimérique qui se manifestent “ex nihilo”, dans une partie de la chaîne alimentaire, depuis plus de dix années. Ce qui fait dire à leurs ardents prosélytes: «Hors TransGenèse, point de Salut». Par exemple, de 1997 à 2013, un tiers des contaminations, par des chimères génétiques, “découvertes” dans des produits alimentaires (dans 63 pays) concernent le riz. Selon l’étude publiée récemment (1) dans l’International Journal of Food Contamination, la majorité de ces incidents de contamination sont dus au riz LLRICE de Bayer et au riz Chinois BT63. Quant à la source de contamination pour la minorité de ces incidents, elle concerne des riz Basmati en provenance de l’Inde et du Pakistan.

Selon l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), les autorisations concernant des “événements de transformation” pour les riz chimériques sont au nombre de 7 sur la planète (2): trois aux USA pour les riz de Bayer résistants à l’herbicide Liberty Link (le glufosinate), deux en Chine pour des riz BT (Bacillus thuringiensis), un en Iran (Bacillus thuringiensis plus résistance à l’antibiotique hygromycine B) et un au Japon (gènes de Cryptomeria japonica et d’Escherichia coli) induisant une tolérance aux allergies provoquées par le pollen de cèdre.

Aux USA, les riz de Bayer, résistants au glufosinate, autorisés dès 2000, n’ont jamais été cultivés commercialement – du moins officiellement. Et pourtant, en 2006, par exemple, des contaminations par ces riz ont été découvertes dans 28 pays du monde. Selon l’étude sus-citée, le dernier cas enregistré de contamination daterait de 2011. Ce qui, selon la newsletter Keycode Bayer (3), est loin d’être exact car, en avril 2013, 23 000 tonnes de riz en provenance des USA furent saisies par les Autorités Turques: les analyses effectuées par l’Université d’Istanbul découvrirent une double contamination chimérique, Bayer et Chinoise. L’ambassade US à Ankara intervint discrètement (en 2011, Wikileaks révéla que de nombreux diplomates US travaillent pour Monsanto et autres nécrotechs) et, le mois suivant, le Ministère du Commerce et des Douanes de Turquie fit une déclaration officielle invoquant des erreurs techniques qui invalidaient l’existence de cette contamination – une contamination d’autant plus épineuse qu’elle mettait en valeur (de par la présence de BT63 dans une cargaison US) la complexité des circuits commerciaux multinationaux. Les deux multinationales de l’alimentaire impliquées dans cette livraison étaient Bunge et ADM (Archer Daniels Midland). ADM est d’ailleurs en partenariat avec Bayer, depuis 2008, pour produire des nécro-carburants à base de Jatropha – dont une variété chimérique vient juste d’être créée par l’Université Rockefeller pour l’espèce Jatropha curcus. (4).

En Chine, le riz chimérique BT63, introduit par l’Université Agricole de Huazhong, reçoit un certificat de “sécurité” dès 2009 mais il n’a jamais été autorisé à la production ou à la commercialisation. Ce qui n’empêche pas le gouvernement Chinois de suspendre officiellement, en 2012, toute autorisation de culture de riz chimérique – non autorisé – après avoir développé, depuis 1986/1987, une pléthore de variétés de riz chimériques BT ou résistants à un herbicide (13). Il faut, cependant, se rendre à l’évidence: le BT63 est présent sur toute la planète. Au printemps 2014, une dizaine d’incidents le concernent, dans divers pays d’Europe, pour des contaminations de compléments alimentaires animaux. Tout le tapage médiatique entourant cette contamination n’est, d’ailleurs, pas sans étonner les promoteurs des chimères génétiques en tous genres dans la mesure où 80% des animaux d’élevage en France sont nourris avec des aliments contenant du maïs ou du soja chimériques en provenance des USA, du Brésil et de l’Argentine (variétés chimériques autorisées ou interdites, par l’Europe, toutes confondues). En effet, la Science (celle qui est au service des nécrotechs, pas celle du Professeur Séralini) a démontré l’innocuité, dans les assiettes des consommateurs, du Roundup, du maïs NK 603 de Monsanto, et autres abominations. Et elle continue de le faire, témoin le dernier projet GRACE (8) financé par l’Europe et dont les conclusions sont totalement dénoncées par Testbiotech (9). Et non seulement les conclusions mais aussi le fait qu’une partie des chercheurs “indépendants” de GRACE soient totalement inféodés à l’industrie – à l’image du Français Jean-Michel Wal de l’INRA (dont le laboratoire est financé par Nestlé) qui est membre de l’Institut Français de la Nutrition, une organisation sous contrôle de l’industrie alimentaire (10) (11). Et pourtant, cela fait deux décennies que des chercheurs scientifiques courageux dénoncent les études réalisées par cette junk-science (ou porn-science) à la solde des criminels. Et, pendant tout ce temps, les consommateurs consomment…

En renâclant parfois, quand même. En août 2014, les consommateurs de la province de Hubei en Chine sont scandalisés lorsqu’un reportage d’investigation (7) de la chaine de télévision Chinoise, CCTV, met en valeur que 60% des paquets de riz commercialisés par les supermarchés de Wuhan, la capitale de cette province, contiennent du riz chimérique BT63. Les Autorités Chinoises menacent alors de punitions très sévères toute personne coupable de cultiver ou de commercialiser ce riz chimérique. Mais selon le professeur Zhang Qifa de l’Université Agricole de Huazhong, à l’origine de ce riz, il a été confié à de très nombreuses compagnies semencières dans les années 90, à des fins d’évaluation. Le professeur Zhang Qifa était lui même le directeur d’une compagnie semencière, Kenier, poursuivie par les Autorités pour culture illégale de ce riz… Le professeur Zhang Qifa, en 2004, dans un article publié par Newsweek (6), évoque en toute candeur son espoir de voir ce riz BT soulager la vie miséreuse des paysans riziculteurs de Chine dont tant meurent d’empoisonnements provoqués par les pesticides. Il est pathétique que les langues ne se délient que pour la promotion des chimères génétiques. Et donc, depuis une bonne quinzaine d’années, le riz Chinois BT 63, tout comme les riz résistants au Liberty Link de Bayer, se sont répandus dans toutes les rizières… et dans de nombreuses filières alimentaires mondiales. Cela participe de la stratégie de contamination généralisée affichée ouvertement par les multinationales des nécro-technologies: «le jour où tout sera contaminé, vous ne pourrez plus rien faire.»

Quant à la source de la minorité des incidents de contamination chimérique par le riz, il faut se tourner vers l’Inde – très grande exportatrice de riz basmati.

Contaminations chimériques en Inde

Ce n’est pas le propos de cet article d’évoquer les centaines de milliers de paysans qui se suicident en ingérant des pesticides ou les millions de cas d’empoisonnement, par les mêmes pesticides, en Inde. A l’image de toutes les agricultures du monde, l’agriculture de l’Inde est une agriculture de tragédie mais la situation y est d’autant plus poignante que plus de 70% de la population de ce pays est rurale. Ce qui veut dire que 70% de cette population s’empoisonne deux fois, en pulvérisant les pesticides agricoles et en consommant les aliments-poisons. L’Inde, dès 1962, est la première victime, en Asie, de la révolution verte – imposée par l’Occident – dont Monkombu Swaminathan est considéré comme étant le père. Swaminathan est, de plus, directeur de l’IRRI (de 1982 à 1988) – ce qui suffit à éveiller tous les soupçons. Swaminathan est celui qui a ruiné tout le travail et les recherches du plus grand expert de riz Indien, le Professeur Richharia, et qui lui a volé une partie de sa collection de riz anciens pour la transférer à l’IRRI. Swaminathan est un psychopathe au service des intérêts de Monsanto, et autres criminels, depuis trois décennies, en Inde. Swaminathan, dès 1986, proclame dans les journaux Indiens qu’il faut préparer la classe politique à l’avènement des chimères génétiques. En 1988, la Banque Mondiale oblige l’Inde à ouvrir son secteur semencier… aux multinationales qui s’y précipitent. Cette année là, Monsanto s’y installe et attaque sur plusieurs fronts, dont le très gros front du coton. Novartis/Syngenta fait de même. Pioneer/DuPont également qui très rapidement se lance dans la conquête du marché hybride F1 de riz.

En 1999, le gouvernement Indien donne l’autorisation à Mahyco/Monsanto de cultiver 91 variétés chimériques dans 15 sites localisés dans sept états de l’Inde (20). Tenter de retracer, ainsi, en Inde, les contaminations générées, depuis une vingtaine d’années ou plus, par les recherches (non confinées) et cultures chimériques de riz, de pois-chiches, de cotons, de blés, de maïs, de gombos, de tabacs, de moutardes, etc… c’est un peu comme de tenter de découvrir une seule goutte d’eau dans l’Océan Pacifique qui ne soit pas contaminée par Fukushima (19). Et d’autant plus impossible qu’en Inde les cultures chimériques illégales abondent. Avant que les cotons chimériques soient autorisés en 2002 par le gouvernement, les paysans du Gujarat en cultivent déjà des variétés chimériques illégales. En 2005, le biologiste Pushpa Bhargava dénonce le fait que des variétés chimériques de plusieurs espèces agricoles sont cultivées partout dans le pays. En 2008, l’Université du Bengale lance l’alerte sur des variétés chimériques illégales de gombos. En novembre 2014, des aubergines chimériques illégales envahissent le nord de l’Inde en provenance du Bangladesh. Etc, ad nauseam.

Dans un article de début novembre 2014, dans The Times of India (12), la généticienne Suman Sahai évoque la contamination, depuis 2004, par le riz chimérique BT (de Mahyco/Monsanto), de l’Etat de Jharkhand, en Inde, l’un des berceaux de la biodiversité des riz Indiens. Les parcelles d’essai de ces riz chimériques sont localisées, sans aucune protection, au milieu des autres champs de riz. En novembre 2010, des paysans du Karnataka Rajya Raitha Sangha (KRRS) détruisent sur les terrains de l’Université Agricole de Doddaballapur Taluk, dans le Karnataka, une culture de riz transgénique, de DuPont, considérée comme clandestine.

Une patate chaude chimérique pour le gouvernement de Narendra Modi

En Inde, en juin 2013, le GEAC (comité d’approbation du génie génétique), lors de sa 117 ème séance, donne son aval pour la mise en culture expérimentale de 200 variétés chimériques de maïs, de coton, de riz, de blé, de ricin, etc. L’industrie nécro-technologique jubile… mais ses jubilations s’estompent au bout de quelques jours lorsque le Ministère de l’Environnement décide de retirer du site internet du GEAC, ex abrupto, les rapports d’autorisations au prétexte d’une procédure judiciaire, en cours – en Cour Suprême –  qui remet en cause les processus de régulation des chimères génétiques en Inde. L’industrie fulmine car – suite aux refus catégoriques de certains états de l’Inde (tels que Bihar, Odisha, Madhya Pradesh, Rajasthan, Karnataka, Kérala et Tamil Nadu) de tolérer des chimères génétiques sur leurs terres agricoles – ces autorisations vont leur permettre de se rabattre sur le peu d’états Indiens plus complaisants (tels que Punjab, Andhra Pradesh, Haryana et Maharashtra) pour continuer leurs “évaluations” de nombreuses variétés de riz chimériques pour Bayer (impliquant 45 “événements de transformation”) , pour Mahyco et pour BASF; de maïs chimériques pour Monsanto; de blés chimériques pour Mahyco; etc.

En février 2014, un groupe de scientifiques, sous la houlette de Swaminathan, publie une déclaration en 15 points en faveur du chimérique. En mars 2014, le GEAC, lors de sa 118 ème séance – et, en fait, de ses 3 séances subséquentes – donne de nouveau l’autorisation pour des cultures en plein champ de 47 nouvelles variétés chimériques – de riz, de moutarde, de blé, de maïs, de sorgho, de coton, d’aubergine, de pomme de terre, de pois chiche et de canne à sucre – appartenant à Mahyco/Monsanto, Pioneer, DuPont, BASF, Bayer, etc. (21) Ces essais en plein champ concernent 19 états de l’Inde dont 12 ont déjà, de par le passé, refusé d’autoriser de tels essais. Onze de ces variétés chimériques sont pour une résistance à un herbicide. Parmi ces 47 variétés, il faut noter la présence du blé chimérique MON71800 de Monsanto. Il faut également noter la présence d’une aubergine chimérique BT appartenant à la compagnie semencière Bejo Sheetal. Cette compagnie est très connue en Inde de par le recours scandaleux à des enfants pour ses activités semencières (22). Bejo Sheetal est une filiale (23) de la compagnie Hollandaise Bejo Zaden – très présente en France au travers, entre autres, d’un catalogue de semences bios de variétés potagères principalement hybrides F1 (24).

Il faut également souligner que Monsanto et Pioneer/DuPont tentent de réintroduire, présentement, en Inde, un certain nombre de variétés chimériques pour lesquelles elles ont suspendu leurs demandes d’autorisations en Europe (43). C’est le cas, par exemple, de MON89034 x NK603 et de NK603 pour Monsanto et de 1507 x NK603 pour Pioneer/DuPont. Le GEAC a ainsi autorisé, en Inde, le maïs MON 89034 x NK603, le maïs TC1507 x MON810 x NK603 et le maïs TC1507 x NK603.

En ce qui concerne les variétés de riz chimériques autorisées: celle de l’Université de Calcutta est une variété fortifiée en fer; quatre variétés appartenant à Bayer, Metahelix, Pioneer et Devgen (Monsanto) sont des riz BT (Bacillus thuringiensis); sept variétés de Mahyco/Monsanto sont des riz résistants à un herbicide. Il est à noter également que certaines de ces autorisations (conférées, séparément, à Pioneer et à DuPont) concernent la technologie chimérique SPT de Pioneer applicable au maïs (26) et ensuite au riz (25). Selon l’analyse qui en est fait par le groupe Indiagminfo, cette technologie chimérique SPT n’a pas été approuvée pour le riz aux USA et l’Inde serait donc le premier pays à produire de telles semences – qui sont supposées être expédiées après récolte vers les USA.

Toutes ces autorisations conférées par le GEAC  suscitent un tel tollé général en Inde et plus particulièrement au sein de puissantes organisations politiques et agricoles – telles que le Bharatiya Kisan Sangh et le Swadeshi Jagaran Manch, toutes deux affiliées au très nationaliste mouvement Rashtriya Swayamsevak Sangh. En effet, le premier ministre actuel, du BJP, le nationaliste Narendra Modi, s’est fait élire en promettant que le moratoire chimérique ne serait pas levé avant que des évaluations plus poussées ne soient réalisées. Le BJP, dans son manifesto électoral d’avril 2014, déclare que «les aliments chimériques ne seront pas autorisés sans une évaluation scientifique à long terme quant à leurs effets sur le sol, sur la production et quant à leur impact biologique sur les consommateurs». Pour l’instant donc, les 47 autorisations du GEAC ne sont pas avalisées officiellement car le nouveau Ministre de l’Environnement, Prakash Javadekar, a gelé le dossier. Le GEAC attend d’autant plus cette décision qu’il a encore de très nombreuses autorisations de chimères dans ses tiroirs secrets… car depuis juin 2013, le GEAC a abandonné sa politique de transparence totale et les rapports de ses différentes séances ne sont plus rendus publiques.

Et aujourd’hui, en Inde, le gouvernement de Narendra Modi a une patate chaude chimérique dans les mains. La corde du nationalisme Hindou n’est pas des plus aisées à jouer sur les violons de la propagande chimérique! Car Narendra Modi, le nationaliste (affiché du moins) est très ami avec les USA – et donc aussi avec les multinationales des nécro-technologies basées aux USA et très présentes en Inde, depuis 1988! Il est de notoriété publique que son “image sulfureuse” (c’est un euphémisme qui permet à tout un chacun de pratiquer la langue de bois pour éviter une attaque en diffamation lorsque des massacres de Musulmans en 2002 sont évoqués!) a été quelque peu maquillée par APCO, une société de lobbying professionnel (27) basée aux USA. Pour la petite histoire, en octobre 2004, APCO et Kissinger Associates (propriété de Henry Kissinger) ont formé une alliance stratégique et APCO possède, de plus, des liens très affirmés avec le groupe Bilderberg et la Commission Trilatérale (28). APCO considère que l’Inde représente un marché très prometteur de trillions de dollars.

C’est aussi ce que pensent les compagnies semencières, grandes et petites, impliquées dans les pesticides et les chimères génétiques: Mahyco/Monsanto, Pioneer/DuPont, BASF, Bayer, Sungro Seeds (Monsanto), Devgen (Monsanto), Rasi Seeds, Metahelix, Ankur Seeds… qui n’apprécient pas, à leur juste valeur, les inclinations ultra-nationalistes à rejeter la science chimérique et qui tentent d’actionner tous les leviers possibles et imaginables pour faire tomber le moratoire en Inde. Leur arrogance est parfois sans borne, témoin la stratégie d’une société créée à Bangalore (le haut lieu du chimérique et de l’informatique en Inde) par des anciens chercheurs de Monsanto, Metahelix – qui a racheté Dhaanya Seeds et qui s’est fait racheter par Tata Chemical Group – qui présente sur son site internet, (29) dans la rubrique “produits”, du riz chimérique BT… strictement interdit en Inde.

Et pour clore sur une note humoristique sur les non-risques de contaminations générées par les riz, de par leur “autogamie”, le GEAC prescrit une distance symbolique de 10 mètres pour les cultures en plein air du riz chimérique fortifié en fer de l’Université de Calcutta! Et sans doute la même distance pour le riz BT de Devgen (Monsanto) autorisé dans le Punjab à l’encontre de ses propres régulations internes qui proscrivent toutes cultures de riz chimérique dans les états réputés pour leur production de Basmati: le Punjab, l’Haryana, et l’Uttarakhand.

Lorsque les riz “autogames” s’en vont conter fleurette 

L’une des perles du 4 ème Congrès International du Riz à Bangkok fut la déclaration de Violetta Villegas – lors de son discours sur le Golden Rice (15) – selon laquelle le riz est une espèce “autogame” (du grec auto/gamos, union avec soi-même) ne posant donc aucun risque de contamination d’autres variétés traditionnelles ou conventionnelles (14). Violetta Villegas est la directrice du projet Golden Rice à l’IRRI et nous reviendrons, dans un article subséquent, sur le charlatanisme de cette organisation criminelle qui a ruiné la santé de centaines de millions de paysans en Asie depuis sa création en 1960.

Il y a très longtemps que j’ai qualifié le concept “d’autogamie” (parfois édulcoré en “autogamie préférentielle”) de bel écran de fumée qui permet aux multinationales de promouvoir des chimères génétiques en prétendant qu’elles ne peuvent pas contaminer les voisines ou les cousines. Ce fut le cas du soja que les manuels agronomiques présentèrent (et continuent de présenter) comme strictement autogame dès lors que Monsanto inonda la planète de son soja chimérique Roundup Ready.  Vers 2005, je trouvais même, sur le site internet de DuPont/Pioneer, cette reconnaissance explicite du caractère allogame du soja: «des études ont mis en valeur une augmentation des transferts de pollen de soja transgénique vers du soja non transgénique à cause d’une ruche d’abeilles mise en place pour assurer une pollinisation adéquate». Depuis les années 1930, l’allogamie du soja a été mise en exergue par des dizaines d’agronomes dont André Pouvreau de l’INRA qui déclare que, pour le soja, «la mise en place de ruches peut contribuer à l’augmentation en graines, en réduisant le nombre de gousses vides».

Et plus qu’un rideau de fumée, l’autogamie est un concept artificiel issu de cerveaux névrosés. La Vie est un flux perpétuel dont la Terre-Mère joue avec une imagination débordante – depuis quelques milliards d’années. Si le riz était strictement autogame, comment expliquer alors l’existence de 200 000 variétés, ou plus, de cette espèce dans le seul sous-continent Indien? Par l’épigénétique? Pourquoi pas, mais ce concept d’évolution épigénétique plonge la très grande majorité des néo-darwinistes dans un état proche de l’apoplexie.

En tout cas, en juillet 2011, la multinationale Bayer a accepté de payer 750 millions de dollars de dédommagements à 11 000 riziculteurs des USA (16) suite à la contamination, entre 2006 et 2009, générée par sa variété chimérique de riz résistante à son Liberty Link. L’un des avocats des agriculteurs, Don Downing, déclara au tribunal, en novembre 2009, que plus de 30% des surfaces en riz des USA furent pollinisées et contaminées par le riz de Bayer (cultivé par l’Université de Louisiane). Qui oserait encore parler d’autogamie du riz?

Pour sûr, encore, Violetta Villegas de l’IRRI, qui n’en est pas à une boulette près. Dans ce même discours sur le Golden Rice, elle insiste lourdement sur le fait que «les espèces de riz sauvages ne se croisent pas aisément avec des variétés de riz cultivés même lorsqu’elles croissent ensemble et qu’elles fleurissent simultanément, en raison d’une incompatibilité». Un discours proprement hallucinant. Le genre Oryza comprend, au moins, 22 espèces (sans parler d’une cinquantaine d’espèces sauvages dans la Tribu des Oryzeae). Nous renvoyons les lecteurs intéressés vers les articles de chercheurs compétents (17) (18) qui, tout au contraire, insistent sur les compatibilités existant entre certaines de ces 22 espèces – et donc sur les très grands risques de contaminations génétiques, par des riz cultivés chimériques, des espèces de riz sauvages dans la nature, tout autant en Asie (avec Oryza nivara et Oryza rufipogon), qu’en Afrique (avec Oryza longistaminata et Oryza barthii), qu’en Amérique Latine (avec Oryza glumaepatula) ou encore qu’en Australie (avec Oryza meridionalis).

Il semble donc très clair que le riz a fait la preuve, depuis des milliers d’années, qu’à une autogamie préférentielle conceptuelle il préfère, de loin, une allogamie bien existentielle. Et n’est-ce pas, d’ailleurs, le fondement de toute Vie sur cette planète, la fusion orgasmique? Les riz chimériques présentent ainsi un risque de contamination génétique plus que certain des espèces sauvages, dans le genre Oryza, et des variétés traditionnelles – du moins, les quelques dizaines qui ont survécu à 50 années de destruction du tissu agricole (sols, biodiversité, paysans) par la pseudo révolution verte. Et le fait qu’ils soient de première ou de seconde génération – ou le fait qu’ils soient affublés/déguisés, ou non, de pitreries sémantiques à la “golden rice” – ne changera rien à cette situation botanique: les riz préfèrent aller conter fleurette!

Le Golden Rice: un écran de fumée occultant la chimérisation pesticidaire…….

[...]

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Auteur Dominique Guillet de l’association Kokopelli

via les M.E.

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