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Selon le ministre des Finance espagnol la faible inflation appuie la reprise de la consommation, la compétitivité des entreprises et la modération des coûts de l’économie de l'Espagne - AFP

Qu’attend l’Espagne du plan européen de 300 milliards d’euros d’investissements ?

Il est bon que l’Europe ait un discours en faveur de la croissance, de l’emploi et des PME. L’Union européenne commence enfin à bouger ! L’Espagne emploiera ces fonds dans des infrastructures à portée européenne, comme les interconnexions énergétiques ou les connexions ferroviaires pour le transport de marchandises. Ce plan est bienvenu mais il ne va pas résoudre le problème de croissance de l’Union, qui vient surtout des goulets d’étranglement existants sur ce marché. L’énergie en est un, par exemple, c’est pourquoi il faut avancer vers un véritable marché intérieur dans ce secteur.

 

Seriez-vous prêts à participer au financement de ce plan ?

Oui, mais notre apport devrait être pris en compte dans la procédure pour déficit excessif. Au-delà de ce plan, le plus important, c’est que les fonds qui ont déjà été approuvés, en matière de soutien à l’emploi notamment , soient versés dès que possible.

Faut-il continuer à privilégier la consolidation des comptes publics ou parier sur la relance comme le propose la France ?

L’exemple de l’Espagne montre que la politique d’austérité fonctionne . Avec notre dette extérieure très élevée, nous devions réduire notre déficit le plus rapidement possible. Nous avons fait des efforts et avons pris des risques politiques pour cela, contrairement à d’autres pays. Aujourd’hui, l’Espagne croît grâce à sa politique budgétaire et à ses réformes structurelles. Le problème français est différent et il est logique que chaque gouvernement ait sa propre position.

 

L’Espagne va-elle atteindre les 2 % de croissance prévus en 2015, alors que la zone euro stagne et que la déflation menace ?

La stagnation européenne est compensée par d’autres facteurs, comme la politique monétaire de la BCE qui donne de la liquidité aux banques pour relancer le crédit et dévalue l’euro par rapport au dollar, ce qui bénéficie à nos exportations hors d’Europe. La baisse du prix du pétrole nous aide aussi car nous sommes très dépendants du point de vue énergétique. Quant à la faible inflation, et non la déflation, elle appuie la reprise de la consommation, la compétitivité de nos entreprises et la modération des coûts de l’économie.

 

Réformes fiscales, du marché du travail, des administrations… Ces chantiers terminés, que doit encore faire le gouvernement avant la fin de la législature dans un an ?

Nous devons poursuivre la réforme des administrations pour éviter les doublons et gagner en efficacité. Et nous avons encore des choses à faire dans les domaines de l’emploi, de l’énergie et de la santé publique.

 

Le budget 2015 prévoit des baisses d’impôts, une hausse modérée des investissements, et pas de nouvelles mesures d’austérité. Comment allez-vous ramener le déficit public à 4,2 % en 2015 ?

Nous baissons les impôts sur le revenu et les sociétés afin de tenir notre promesse électorale, après avoir dû les augmenter en début de législature. Mais ce budget reste très austère. Nos dépenses n’augmentent que de 0,4 %. Avec la reprise, l’austérité va consister à augmenter moins vite les dépenses que l’activité.

 

Certains rapports soulignent le rôle de l’austérité dans la hausse de l’exclusion sociale en Espagne…

Ce n’est pas la politique de réduction des coûts qui a mené à cette situation, mais le chômage [23,67 % de la population active, NDLR]. La meilleure politique sociale, c’est la création d’emplois. A mesure que l’économie va croître , tous les secteurs vont reprendre et créer des emplois, y compris la construction. En 2014, nous compterons 350.000 nouveaux affiliés à la Sécurité sociale. Jamais auparavant nous n’avions créé d’emplois avec une croissance annuelle de seulement 1,6 %, comme au troisième trimestre. En 2014, nous ferons probablement mieux que la hausse prévue de 0,7 % de l’emploi.

 

Des analystes craignent que le bras de fer indépendantiste catalan ne nuise à la reprise. Que propose le gouvernement ? Va-t-il renégocier le système de financement des régions ?

Cela n’affecte pas la croissance. Nous devons convaincre les indépendantistes que nous gagnons à être ensemble en Europe pour peser plus dans le monde. Négocier le système de financement régional ne résoudrait pas le problème indépendantiste et impliquerait une plus grande redistribution d’argent. Or, il n’y en a même pas assez pour couvrir nos frais !

 

Comprenez-vous la lassitude des Espagnols face à la corruption qui touche toutes les institutions, et notamment votre formation, le Parti populaire ?

Je suis le premier à le déplorer. Mais il ne faut pas dramatiser. Le trésorier de notre parti avait un compte en Suisse… En France, c’était le ministre du Budget ! Il n’y a pas plus de corruption en Espagne qu’ailleurs. D’ailleurs, cela ne nous empêche pas d’attirer les investisseurs. Le gouvernement annoncera de nouvelles mesures contre la corruption à la fin du mois.

source via Maître Confucius http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203954545760-cristobal-montoro-lespagne-apporte-la-preuve-que-la-politique-dausterite-fonctionne-1066531.php
 

 


montoro-lespagne-apporte-la-preuve-que-la-politique-dausterite-fonctionne-1066531.php?b1cMm2qABMbHpmxL.99
Tag(s) : #Crise de l'Euro

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